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Allemagne - euthanasie

Une aide-soignante jugée pour le meurtre de 9 personnes âgées


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Michaela G, une ancienne aide-soignante allemande âgée de 27 ans, est jugée depuis jeudi 19 janvier à Bonn pour avoir fait mourir neuf femmes âgées entre 2003 et 2005 dans un hospice de la région, accusation qu'elle conteste .

«Je n'ai tué aucune des ces femmes. Elles sont toutes mortes de mort naturelle», a soutenu Michaela G, une ancienne aide-soignante allemande âgée de 27 ans accusée du meurtre de neuf femmes résidentes d’un hospice pour personnes âgées de Wachtberg, près de Bonn (Allemagne). L'accusée, qui était depuis 1999 aide-soignante dans cet hospice, avait avoué fait mourir neuf femmes âgées entre 2003 et 2005 au début de l'enquête. Puis elle s'était rétractée, en expliquant qu'elle avait seulement cherché à se mettre en avant.Le parquet lui reproche quatre assassinats, quatre meurtres et un meurtre sur demande, sur des femmes âgées de 79 à 93 ans, alitées ou dépendantes. Selon l'accusation, les victimes, toutes mortes pendant les heures de service de l'accusée, ont été étouffées par un coussin, un mouchoir ou un gant de toilette mouillé. L'aide-soignante, qui connaissait bien les pensionnaires et dont elle s'occupait depuis longtemps, les aurait tuées dans certains cas parce qu'elles l'auraient énervée, dans d'autres parce qu'elles lui auraient inspiré de la pitié. «C'était dur de vivre ça, de voir ces vieilles personnes souffrir. Mais je n'ai rien fait de mal, à aucune des pensionnaires» , s'est défendue la jeune femme. 37 témoins, dont des médecins, des experts en médecine légale et en psychiatrie, doivent être entendus au cours de ce procès, dont le procès est attendu mi-février.La Deutsche Hospiz Stiftung, qui gère des hospices pour personnes très âgées, a déploré les conditions prévalant dans les hôpitaux et hospices qui rendent «terriblement simples» de tels actes en série. «Dans ces l ieux où la mort est quotidienne, les certificats de décès sont émis beaucoup trop rapidement et sans esprit critique, en invoquant des causes qui ne veulent rien dire comme la défaillance cardiaque», a estimé le président de la Fondation, Eugen Brysch, réclamant une obligation légale de contrôle post-mortem par des fonctionnaires publics.Plusieurs cas d'euthanasie ont défrayé la chronique ces dernières années en Allemagne. Un infirmier de Sonthofen (sud) avait été interpellé en juillet 2004, soupçonné d'avoir tué au moins 29 patients.Le débat public sur les soins palliatifs et la légalisation de l'euthanasie active a repris de plus belle, après l'ouverture récente d'un bureau d'aide au suicide à Hanovre (nord). Alors que la classe politique reste majoritairement hostile à toute introduction de telles mesures en raison des souvenirs du nazisme, les trois quarts des Allemands (74%), selon un sondage paru à l'automne, sont favorables à une légalisation de l'euthanasie «active» par administration d'un médicament provoquant la mort.



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