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Grande Bretagne – emploi - retraite

Plus d'un million de Britanniques travaillent à l’âge de la retraite


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Plus d'un million de Britanniques ayant dépassé l'âge de percevoir la retraite d'Etat travaillent, souvent pour arrondir leurs fins de mois, et cettetendance devrait s'alourdir à l'avenir.

Selon des chiffres de l'Office des statistiques nationales (ONS), sur les 28,7 millions de personnes au travail fin novembre, 1,1 million, dont deux tiers de femmes, avaient dépassé cet âge, 60 ans pour les femmes et 65 pour les hommes. Leur nombre a augmenté de 10% sur l'année, un record. La Grande-Bretagne était en 2004 le 9ème des 30 pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour les personnes âgées de 50 à 64 ans encore au travail, derrière les pays nordiques, la Nouvelle-Zélande, la Suisse, le Japon et les Etats-Unis.Selon l'ONS, le nombre de personnes de plus de 65 ans «économiquement actives»devrait passer de 582.000 en 2005 à 775.000 en 2020, un écho favorable à l'appel lancé par l'OCDE en octobre à abolir la notion d'âge de retraite obligatoire, pour protéger les finances publiques des pays confrontés au vieillissement de leur population. Il n'y a pas d'âge légal pour la retraite en Grande-Bretagne, alors que le taux de chômage y est seulement de 5% (bien qu'en augmentation depuis un an), contre 8,3% en zone euro. Certains travaillent surtout par plaisir, comme Sydney Prior, 91 ans, vendeur dans une chaîne de bricolage du sud-ouest de Londres, ou Mary Essex, 82 ans, fonctionnaire retraitée qui, à la gare de Waterloo, aide gratuitement sa fille Janet, 57 ans, à vendre à la criée le journal du soir, «histoire de sortir et de garder mon cerveau en alerte ».Mais, s'ils n'ont pas épargné ou ne bénéficient pas d'une retraite d'entreprise, beaucoup veulent surtout améliorer leur ordinaire, au-delà des 82,05 livres hebdomadaires (120 euros) de la pension d'Etat.»Chacun pense à la retraite en termes de voyages, de loisirs... En réalité, la pension d'Etat est à peine suffisante pour se nourrir», remarque Sam Mercer, directrice du Employers Forum on Age (EFA), un groupe de pression regroupant 180 entreprises comme Barclays, HSBC, Marks and Spencer ou Sainsbury, qui emploient trois millions de personnes.L'EFA souligne l'intérêt des salariés âgés: «moins de coûts de recrutement, de formation, une plus grande disponibilité alors que les heures d'ouverture tendent à s'allonger, un personnel qui reflète mieux la clientèle», et au bout du compte «une meilleure réputation pour l'entreprise», explique Mme Mercer. Pour faire un bon livreur, «il vaut mieux un marathonien de 60 ans qu'un trentenaire enrobé et qui fume», remarque-t-elle.Comme tous les autres pays européens, la Grande-Bretagne va adopter (en octobre) une loi sur les discriminations au travail. Elle y inclura un âge de retraite «par défaut»à 65 ans, en-dessous duquel il ne sera pas possible d'obliger un salarié à prendre sa retraite.»Le gouvernement voudrait bien qu'il n'y ait pas de limite d'âge, mais cela rend les employeurs nerveux», regrette Sam Mercer. L'EFA espère que le niveau d'âge sera relevé au moment de la révision de la loi en 2011.De son côté, la confédération syndicale, le Trade Union Congress (TUC), reconnaît avoir «en quelque sorte une attitude neutre»devant cette «question compliquée», indique l'une de ses responsables, Lucy Anderson. Alors que le gouvernement veut augmenter progressivement l'âge de la pension d'Etat, le TUC craint «qu'on n'oblige les gens à travailler davantage». A la fois, «ce n'est pas bien d'être mis en retraite quand on ne le souhaite pas», remarque-t-elle.«Au fond, il vaudrait peut-être mieux dire qu'il n'y a pas d'âge de retraite particulier, et que, de manière générale, les gens devraient être bien traités quel que soit leur âge», conclut-elle.



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