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Retraites, syndicats

La précarisation de l'emploi menace les retraites,


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Le financement des retraites demeure toujours non résolu dit le Conseild’orientation des retraites

La précarisation de l'emploi et les exonérations de cotisations sociales pénalisent les recettes des régimes de retraite, déplorent les syndicats, alors que le Conseil d'orientation des retraites (COR) pointe des besoins de financement persistants à l'horizon 2020. Le COR, réuni mercredi 25 janvier en réunion plénière, doit rendre «avant l'été»son second grand rapport sur l'avenir des retraites, trois ans après la réforme Fillon, qui a notamment allongé la durée des cotisations.Dans un document de travail, le COR estime que «l'économie française devrait faire face à un besoin de financement supplémentaire de l'ordre de 18 milliards d'EUR en 2020 et de 112 milliards d'EUR en 2050», selon un scénario, aux hypothèses pourtant optimistes (avec notamment un chômage à 4,5% en 2020). «Malgré le caractère draconien pour les salariés de la réforme Fillon, on est très loin du rééquilibrage à moyen et à long terme du régime des retraites», estime Jean-Christophe Le Duigou (CGT).La CFTC fait preuve de la même sévérité: «On a encore perdu trois ans», estime Jean-Louis Deroussen, responsable confédéral des retraites du syndicat chrétien : «La réforme Fillon a été conclue dans la précipitation et on n'a pas abordé l'ensemble des problèmes à l'époque, dont celui du financement», ajoute-t-il.Dans ce contexte, les syndicats déplorent l'introduction des nouveaux contrats de travail conçus par le gouvernement, le Contrat nouvelle embauche (CNE) et le Contrat première embauche (CPE). «Quand on crée des emplois fragiles, avec des exonérations de charge, c'est automatiquement moins de ressources pour le régime des retraites», souligne M. Le Duigou, pour qui «le rapport du COR montre qu'il faut une politique de vrais emplois, assurant des recettes pour le système de protection sociale».Selon M. Deroussen, «ce ne sont pas des contrats de plus en plus précaires, comme le CPE et le CNE, qui apportent des solutions d'avenir»Avec la possibilité de rompre les contrats sans explication pendant deux ans, il y aura beaucoup de ruptures de contrats. S'il faut en 2050 avoir 46 ans de cotisations, on les aura à 80 ans, ça pose de graves problèmes», poursuit-il. Danièle Karniewicz (CFE-CGC), présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), souligne que «tous ces nouveaux contrats donnent droit à des exonérations de charges patronales». «On fait une fleur aux employeurs, mais on n'alimente pas la protection sociale. Ca fragilise davantage les salariés et ça affaiblit les ressources. En plus, on ne nous a jamais prouvé que ces exonérations créaient de l'emploi», ajoute-t-elle.Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des Conjonctures économiques (OFCE), observe que «la précarité du travail réduit spontanément la générosité des régimes de retraite». «La solution qui consiste à augmenter la durée de cotisation est rationnelle et logique dans la mesure où on vit plus longtemps, mais elle ne fonctionne qu'à condition que l'essentiel des emplois de l'économie soient des emplois stables, et que les gens puissent trouver du travail après 55 ans ou 60 ans», ajoute-t-il.Mme Karniewicz, de son côté s'inquiète, qu'on soit «en train de dessiner une société à l'anglo-saxonne, où on voit des papys à 70 ans qui recherchent des petits boulots»Il faut consacrer de nouvelles recettes au régime des retraites, élargir l'assiette des cotisations à autre chose que les salaires», estime-t-elle.



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