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Démographie médicale

Le ministre de la santé mise sur l'incitation pour mettre fin aux «déserts médicaux»


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- Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a présenté mercredi 25 janvier son plan de démographie médicale, surtout basé sur des mesures incitatives

Des incitations financières pour convaincre les médecins libéraux de s'installer dans les «déserts médicaux» français. Telle est la proposition principale du plan de démographie médicale du ministre de la santé, Xavier Bertrand . Il n'y a aucune fatalité à avoir des déserts médicaux», a affirmé le ministre devant la presse, relevant un «double paradoxe»en France, «où le nombre de médecins n'a jamais été aussi élevé, mais où les disparités entre régions sont trop importantes pour garantir à tous nos concitoyens des soins de qualité».Les 203.000 médecins (libéraux et hospitaliers) en France sont très inégalement répartis: la densité médicale, de 426 médecins pour 100.000 habitants en Ile-de-France chute en Picardie à 256 médecins pour la même population. A ces disparités s'ajoutent des craintes pour l'avenir: les départs massifs à la retraite devraient faire diminuer le nombre de médecins de près de 10% d'ici 2025. Le ministre a exclu tout recours à des mesures coercitives pour corriger les déséquilibres territoriaux, expliquant. «La coercition découragerait les vocations, je crois au contraire à l'incitation».Le plan prévoit ainsi une majoration de la rémunération d'au moins 20% des généralistes exerçant dans des cabinets de groupe dans les zones déficitaires. Le ministre souhaite une revalorisation des consultations de 20 à 24 euros, à la charge de l'assurance-maladie et qui devra être négociée entre partenaires conventionnels. Une majoration de 20% des honoraires est également prévue pour les remplacements, difficiles à pourvoir, des médecins exerçant seuls.Face à la baisse annoncée du nombre de médecins, un problème qui touche l'ensemble du territoire, le plan prévoit en outre que le numerus clausus (quotas d'admission en 2e année de médecine, ndlr), qui a été relevé à 7.000 étudiants pour 2006, sera maintenu au moins à ce niveau jusqu'en 2010. Le plan prévoit aussi une meilleure aide à l'installation pour les jeunes médecins et aligne le congé maternité des libérales sur celles des salariées.Et pour convaincre les médecins de différer leur départ en retraite, le plafond de revenus cumulés emploi-retraite est augmenté d'un tiers pour les médecins libéraux.«Il y a du bon et du moins bon dans ce plan«, a estimé Irène Kahn-Bensaude, de l'Ordre des Médecins, qui salue la mise en place d'un stage de médecine générale en deuxième cycle des études médicales, pour valoriser cette filière particulièrement exposée à un risque de pénurie. «Mais l'aide financière pour les remplacements ne permettra pas de trouver des remplaçants», a-t-elle déploré, ajoutant: «nous souhaitions que les épreuves classantes nationales (ex-internat) deviennent interrégionales»(pour fixer les étudiants dans la région où ils étudient).Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Michel Chassang, a estimé, lui, que le plan allait «dans le bon sens»Maintenant, on a toute une panoplie de mesures incitatives, il va falloir les ordonner, les faire connaître, et surtout les rendre applicables», a-t-il néanmoins souligné.Le Syndicat des médecins libéraux (SML) a lui aussi accueilli favorablement des mesures «attractives»en faveur des zones sous-médicalisées mais a estimé qu'«il reste à en consolider le financement».Le plan présenté mercredi n'est «qu'une première étape», a précisé M. Bertrand, qui entend présenter ultérieurement d'autres mesures, «en juin»pour les médecins hospitaliers, et «en septembre»pour les paramédicaux.



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