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Vieillir en institution : témoignages de professionnels, regards de philosophes

Contribuer à nourir l'autonomie des professionnels


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Le groupe de maisons de retraite Medidep, qui a intégré le leader Suren, a ouvert ses établissements aux regards de deux philosophes : Catherine Déliot etAlice Casagrande.Au sortir de leurs longues études, ces deux jeunes femmes décident de se frotter à la réalité. Leur mission : « aider les professionnels les plus exposés à retrouver un sens à leur métier » en hôpital psychiatrique, en maison de retraite, en prison. Leur idée est de confronter les concepts, l’éthique, aux réalités de terrain, à leur mise en œuvre quotidienne dans les pratiques.Leurs interventionsRepérées par le Dr Marian, PDG du groupe Orpéa, elles travaillent à leurs premières « chartes éthiques » au sein des maisons de retraite d'abord, puis des cliniques psychiatriques du groupe.Elles entreprennent ensuite une nouvelle démarche au sein du groupe Medidep : l'audit éthique, fondé sur l'écoute et l'observation, pour identifier des axes d'amélioration des établissements et ainsi améliorer le respect de l'éthique chez les professionnels, dans leurs pratiques quotidiennes. En parallèle de ces missions chez les soignants, Catherine Déliot et Alice Casagrande espèrent intervenir au sein du monde carcéral, ou de la police. Elles poursuivront dans ces univers une réflexion permettant de donner aux professionnels une occasion de formaliser leurs valeurs pour leur donner un plus grand poids au quotidien.Premier Etape : l'audit, l'observationLe rôle, la personnalité du directeur y est particulièrement étudié.Un chapitre lui est concerné, dans leur ouvrage "vieillir en institution". Il doit :- oser dire, oser poser les règles,- accepter de les revoir, de les adapter,- donner du sens aux prestations de service en fin de vie,- accepter ne pas forcément être « aimé » de ses équipes,- créer un « esprit » d’équipe dans un monde qui côtoie la fin de vie et la mort.(Que chacun prenne sa part des moments difficiles...)Deuxième étape : pas de recettes mais insérer les valeurs dans le fonctionnement quotidienLes règles deviennent des garanties permettant aux acteurs de devenir autonomeet d'agir au mieux des intérêts des clients, des professionnels, de l’entreprise.

Démarche idéaliste ?

Elles ont souvent été perçues comme « anarchistes », « gaucho ». Les syndicats les ont parfois perçues comme des ennemies, mais parfois aussi comme des alliées au sein d'une quête de reconnaissance des professionnels.Mais l'idéologie n'est pas centrale dans leur démarche : elles notent les faits, les paroles et souhaitent contribuer à nourrir, au quotidien, l’autonomie des professionnels : la faculté de se donner à soi-même son propre code de conduite.Leur objectif est que la démarche soit connue et acceptée des soignants.

Ethique, qualité et rentabilité

Bruno Marie, président de Medidep, a souhaité investir dans ce « devoir de penser ». Si les actionnaires exigent naturellement un taux de rentabilité, il s’agit chaque jour de résoudre une équation composée de qualité de soins – sécurité des personnes – respect de l’intimité en collectivité et contraintes économiques. Bruno Marie affirme que dépasser un certain seuil, un plafond, peut être dangereux pour le maintien d’une juste qualité de service.Le sujet de la rentabilité est abordé dans l'ouvrage au moment de la mort. Les auteurs remarquent que un « lit vide » va à l’encontre du taux d’occupation. Elles citent également le propos d'une psychologue : « L’argent et la mort sont étroitement liés en maison de retraite » et cet autre témoignage : « Parfois on aurait besoin de deux ou trois jours avant que la chambre ne soit donnée à quelqu’un d’autre (.. .) ».Tout sera dans la juste mesure. : « quand les familles tardent à récupérer les affaires, cela permet de souffler un peu », pour une psychologue. Et la vie de l’institution, la prestation de service reprend son cours.

Vieillir en institution

Au sommairePréface de Bruno Marie, président du directoire de Médidep et Introduction de Claude Ménétrier, directeur opérationnel régional.Problématiques de l’institution par Alice Casagrande1. Face à la démenceMise à mal du « vivre ensemble », figures d’enfermement, espaces sécurisés, théâtralisation de la communication, familles dans la tourmente2. Quel manager pour une institution bien-traitante ?Les qualités humaines du directeur, la gériatrie mal aimée, le combat pour instaurer une estime de soi au sein des équipes, les limites indispensables, les écueils du pouvoir, faire vivre le projet institutionnelLe surgissement du singulier par Catherine Deliot3. Pour une éthique du placementLa personne âgée - sujet, les « chemins de la liberté », de la culpabilité à la responsabilité, réhabilitation du mot « asile »4. Assister l’autre dans son intimitéLa propreté comme transmission maternelle, la difficile bonne et juste distance, la sexualité en institution, l’image parentale déchue, l'ingérence de l'institution dans la relation familiale5. Travailler autour du mourirLa mort pour le soignant, le travail de deuil, l’impossible conception du mouroir.Ouvrage via le site internet de l’éditeur John Libbey à partir de Mai 2006 (www.jle.com)Contact Medidep : Claire Dubuisson : c.dubuisson@medidep.comN° vert : 0800 880 982



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