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Nettoi, une grande surface qui n’embauche que des seniors


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Une succursale de Netto en Allemagne a décidé de n'embaucher que des seniors

NEURUPPIN (Allemagne), A bientôt cinquante ans, elle est la cadette du personnel: Monika Giesen travaille dans un discounter de l'est de l'Allemagne qui n'emploie délibérément que des seniors, pour montrer que des rides et des cheveux blancs n'ont jamais empêché d'être productif.Le Netto de Neuruppin, au nord-ouest de Berlin, n'a pas attendu l'appel lancé ce mois-ci par le gouvernement allemand. Le ministre de l'Emploi, le social-démocrate Franz Mþntefering, veut en effet inciter à l'embauche des 50 ans et plus, pour remplir les caisses de retraite d'un pays qui n'en finit pas de vieillir.Avec ce supermarché ouvert en 2003, «nous voulons montrer que des employés plus âgés sont aussi efficaces que des jeunes», dit Jens Wagner, responsable régional de Netto. Et ça marche: ce magasin est régulièrement dans le peloton de tête de ceux dont il a la charge.Au «supermarché des seniors», la moyenne d'âge est de 55 ans. Il y a trois ans, le seuil minimum avait été fixé à 45 ans et les dix employés -- la plus jeune, Monika avait alors 46 ans -- sont tous restés en poste. D'inspiration danoise, ce modèle de discrimination positive a bien pris dans une ville où la moyenne d'âge est en hausse continue: elle doit passer de 42 ans en 2003 à 48 en 2020, à l'image de toute l'ancienne RDA communiste, dont les jeunes «émigrent» à l'ouest à cause du chômage et où les femmes ont de moins en moins d'enfants.Egalement en ex-RDA, sur son site de Leipzig, le constructeur automobile BMW emploie aussi délibérément des seniors pour «leur influence positive sur l'ambiance dans l'entreprise», selon un porte-parole. Au discounter de Neuruppin, Monika est la seule avec une collègue à venir du commerce. Les huit autres ont eu de longues périodes de chômage derrière eux, dans le pire des cas sept ans d'affilée. «A leur embauche, ils ont tous été reconnaissants d'avoir cet emploi. Du coup, ils ont un rapport au travail très différent de celui des jeunes, car ils savent que c'est leur dernière chance», dit-elle. «Et qu'importe si c'est un peu plus lent à la caisse... Ici c'est un plus humain et plus amical», ajoute la vice-directrice du magasin.Affirmant parfois se sentir comme «une jeune de trente ans», elle explique aussi que les collègues sont plus solidaires les uns avec les autres quand il s'agit de décharger les livraisons et de porter des caisses. Mais surtout les clients aiment venir dans ce Netto car ils savent qu'ils seront mieux écoutés, explique Ralph Grijschel, 55 ans, ancien cuisinier. «On a un bon écho dans toute la région», dit-il. Finalement, estime Monika, au supermarché, on se serre les coudes, «c'est un peu comme sous la RDA». De l'avis général, les clients, dont la moyenne d'âge semble être plus élevée que 55 ans, sont bien sensibles à l'attention portée par le personnel. «Ici, les employés sont intéressés par leur travail, pas comme ces petits jeunes qui s'en fichent un peu», dit Otto Bauman, 61 ans, un client qui vient une fois par semaine avec sa mère. «De manière générale, les jeunes ont plus tendance à regarder leur montre que les plus âgés», explique Jens Wagner. Ici, dit-il pour faire taire les mauvaises langues, «le nombre d'arrêts-maladie n'est pas plus important que dans d'autres magasins». Mais Monika Giesen prend soin de préciser: «Les jeunes sont plus souvent malades. Les plus âgés le sont moins, mais plus longtemps...».



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