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Grande Bretagne - retraites

Quitter le travail à 69 ans ?


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La commission chargée de proposerune réforme des retraites du privé en Grande-Bretagne a définitivement recommandé mardi 4 avril de repousser l'âge de départ jusqu'à 69 ans, tout en demandant à l'Etat de se montrer plus généreux.

Présidée par l'ancien patron des patrons Adair Turner,la commission de réforme des retraites du privé en Grande-Bretagne a définitivement recommandé mardi 4 avril de repousser l'âge de départ jusqu'à 69 ans. La création d'un plan national d'épargne-retraite, auquel les employeurs seraient obligés de cotiser pour leurs salariés, a aussi été retenue dans le rapport final. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui doit publier un Livre blanc sur les retraites avant l'été, alors que le débat oppose patronat, syndicats et ministères.Tout le monde s'accorde sur la nécessité d'une réforme. Elle s'impose en Grande-Bretagne comme dans d'autres pays européens à cause de l'allongement de la durée de la vie, de l'arrivée à la retraite de la génération du baby boom et du déclin de la natalité. Le problème britannique est cependant spécifique. Pendant longtemps, en complément d'une maigre indemnité versée par l'Etat, les fonds de retraite des entreprises ont garanti à leurs salariés de quoi assurer leurs vieux jours. Ce système, mis au point en 1946, est en faillite: les fonds accusent des dizaines de milliards de déficit, faute d'abondement suffisant ces dernières années, et plus de la moitié sont désormais fermés aux nouveaux entrants car les entreprises les jugent trop coûteux.En échange, les salariés se voient proposer des plans d'épargne, synonymes de pension moins importante car liée à leur contribution et non plus à leur salaire. Or un grand nombre de Britanniques n'ont pas les moyens ou le réflexe de mettre de côté: près de 12 millions n'ont pas de complémentaire, alors que celle versée par l'Etat ne dépasse pas 170 euros par semaine. Une situation qui les condamne à la pauvreté une fois retirés de la vie active. Prenant acte de l'échec du système actuel des retraites privées, la commission demande à l'Etat d'augmenter les indemnités qu'il verse et d'indexer leur progression sur celle des revenus, pas seulement sur l'inflation. En contrepartie, les salariés devront travailler plus longtemps: jusqu'à 66 ans à partir de 2030, jusqu'à 67 ans après 2040 et jusqu'à 68 ou 69 ans en 2050. Un salarié de 41 ans qui pensait partir à 65 ans en 2030 devrait donc faire un an de plus. La création d'un plan national d'épargne-retraite doit pallier quant à elle le recours insuffisant aux complémentaires. Les salariés y seraient automatiquement affiliés, avec la possibilité d'en sortir s'ils disposent d'une alternative, contrairement aux patrons. La commission a fixé le niveau de cotisation minimum à 8% du salaire, répartis entre l'employé (4%), l'employeur (3%) et l'Etat (1% via un crédit d'impôt). Elle propose une subvention pour aider les plus petites entreprises. Syndicats et associations ont salué ces mesures. Le patronat en revanche est hostile à la cotisation obligatoire car elle augmente le coût de la main d'oeuvre, de 0,6% en moyenne selon la Commission. Il dénonce en outre un régime à deux vitesses, le gouvernement ayant maintenu le départ à 60 ans pour les fonctionnaires. Le projet paraît diviser aussi au sein du gouvernement. Il est soutenu par le Premier ministre Tony Blair mais le ministre des Finances Gordon Brown le juge trop coûteux, la part du PIB consacrée aux retraites devant grimper jusqu'à 8% d'ici 2050, contre 6,2% actuellement, même si le Royaume-Uni est pour l'heure bien moins généreux que ses grands voisins européens. M. Brown s'est dit mardi 4 avril après-midi à la BBC d'accord à «90 à 95%» avec les propositions de la commission. «Quant à la question qui reste en suspens, celle du coût, Tony Blair et moi sommes absolument d'accord, et savons que le pays attend de nous une gestion prudente des finances publiques», a-t-il dit, assurant cependant qu'on s'achemine sur les retraites vers «un consensus qui pourra durer pendant des générations».



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