Agevillage

Services à la personne

Il faut maintenant convaincre les entreprises de jouer le jeu


Partager :

Selon une étude des caisses d’épargne, les services à la personne vont se heurter au conservatisme du directeur des ressources humaines

Vieillissement de la population, travail des femmes, stress quotidien: les services à la personne répondent à une demande croissante mais se heurtent encore aux réticences des entreprises et au manque d'attractivité de ces emplois, selon l'Observatoire des Caisses d'Epargne. «Les services à la personne sont souvent abordés sous l'angle de l'emploi, comme une réponse au chômage et aux délocalisations, mais ils répondent aussi à l'évolution socio-démographique», a expliqué jeudi 30 mars Nicolas Mérindol, membre du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne, en présentant une vaste étude mêlant sondages, entretiens et enquêtes quantitatives.La perte d'autonomie -- 17 millions d'habitants ont plus de 80 ans dans l'Europe des Quinze -- mais aussi la moindre disponibilité des femmes, sur qui repose principalement la prise en charge des parents âgés, tout comme la dislocation des familles poussent au développement des services à la personne.Autre facteur de croissance: la limitation des dépenses publiques, qui remet en cause partout en Europe la prise en charge des populations fragiles par le développement des équipements collectifs.Ces services permettraient en outre de mieux concilier vie familiale et vie privée, confortant le taux d'activité des femmes et réduisant le stress, qui touche un tiers des actifs et serait la cause de 30% des arrêts maladie dans l'UE, fait encore valoir l'étude.Pourtant, cette demande potentielle se heurte à plusieurs freins, à commencer par la réticence initiale des entreprises à distribuer le chèque emploi service universel (Cesu) à leurs salariés.Le plan Borloo pour les services à la personne a créé ce Cesu, qui sous sa forme «préfinancée» est destiné aux salariés, comme les tickets-restaurant.Interrogés fin 2005, soit avant le lancement du Cesu début février, seuls 8% des directeurs des ressources humaines envisageaient de le proposer à leurs salariés dès 2006 (15% pour les entreprises de plus de 500 salariés).A l'inverse, huit salariés sur dix exprimaient leur intention d'y souscrire, si l'employeur en finançait 20%. Les entreprises ne voient encore dans le Cesu qu'une «incitation financière» et non un outil de motivation des salariés, de lutte contre l'absentéisme ou de promotion de la parité. Seules 6% d'entre elles offrent des services (conciergerie, crèche) à leurs salariés sur le lieu de travail, rappelle l'étude.De plus, ces métiers, qui pâtissent de l'image de «petits boulots», ne sont guère attractifs même si 1,1 million de personnes travaillent dans ce secteur, contre 600.000 en 1994. Les salariés interrogés disent n'avoir pas «choisi» ce métier ou l'avoir choisi «par défaut». La majorité de ces emplois est occupée par des femmes de plus de 45 ans, peu qualifiées et sortant d'une période de chômage.Pour Nicolas Mérindol, une partie de la réponse réside dans la formation initiale afin que «les salariés potentiels considèrent ces métiers comme valorisant».Côté demande, le principal frein n'est pas le coût mais le sentiment d'intrusion dans l'intimité, d'où l'intérêt de donner aux prestataires un label professionnel. Dans ce but, les Caisses d'Epargne, en partenariat avec la Maif, la Macif et la MGEN, ont crée en février une plateforme qui référence 3.500 prestataires, à destination des 26 millions de clients de l'Ecureuil et des 12 millions de sociétaires mutualistes. Axa Assistance s'est allié à Dexia Crédit Local et le Crédit Mutuel à ADMR et AG2R pour lancer des plateformes similaires.



mis à jour le

Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.



Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -