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S'aimer jusqu'au bout de la vie

Place de la sexualité chez les couples âgés


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L'étude de Bergstrom-Walan et Nielson (citée par Trudel, Turgeon, Piché, 2000, Marital et sexual aspects of old age. Sexual ans relationship therapy, 15, 381-406) réalisée en 1990 sur 509 personnes de 60 à 80 ans a montré que même si avec l'âge l'activité sexuelle diminuait, elle ne disparaissait jamais.

La pénétration reste un élément important pour l'obtention d'une satisfaction sexuelle (55 % des hommes, 23 % des femmes). Les personnes qui sont et ont été sexuellement actives gardent leur sexualité (et vice et versa).

Les travaux d'Ade-Ridder (Ade-Ridder, Linda -1990, Sexuality and marital quality among older married couples - études réalisées chez 670 hommes et femmes mariés depuis plus de 40 ans - moyenne d'âge 72 ans) ont permis de mettre en évidence la place de la sexualité comme facteur de qualité de la relation chez les couples âgés. La qualité de la relation joue une grande part dans la qualité de la relation sexuelle.

Dans "relation sexuelle" il y a le mot "relation"

Les couples se disant très amoureux au début du mariage ont gardé une meilleure relation. On remarque aussi que le déclin de la sexualité arrive au début de la soixantaine, et est en lien avec la diminution des capacités sexuelles de l'homme. Le professeur Gérard Ribes précise que la qualité du vécu sexuel a augmenté de façon significative chez les femmes alors qu'elle a diminué chez l'homme.

La place des couples est importante pour le maintien de la sexualité. Le facteur numéro un de la préservation de la sexualité est de vivre en couple. Citons le cas, record absolu selon le professeur Gérard Ribes, d'un couple ayant 78 ans de vie commune, l'homme âgé de 102 ans et la femme de 98 ans. Les mariages où la sexualité a le moins diminué sont plus heureux que ceux où le déclin est notable.

La diminution significative ou l'arrêt total des activités sexuelles constitue une des pertes les plus importantes chez les personnes âgés. Première cause de cet arrêt, le deuil. Il y a non seulement l'arrêt de toute relation sexuelle, la fidélité post-mortem comme la décrit Gérard Ribes, mais surtout le deuil de la dimension de la relation, d'autant plus important dans ce domaine si la sexualité avait été investie.

Les facteurs permettant le maintien d'une sexualité

Rienzo et Barbara (Rienzo, Barbara - 1985 - The impact of aging on human sexually, Journal of School Health) ont recensé les facteurs permettant le maintien d'une activité sexuelle :

- les facteurs physiques et la santé ;
- les tabous sociaux ;
- le statut conjugal ;
- les connaissances de la sexualité à un âge avancé : y-a-t-il un risque cardiaque ? avec une prothèse de hanche ?... ;
- l'estime de soi : avoir toujours le désir de plaire, de séduire, entretenir la relation affective ;
- les attitudes par rapport à la sexualité : citons le cas de la masturbation, "est-ce normal, docteur ?" est la question que se pose souvent la personne elle-même qui se culpabilise par rapport aux "croyances populaires".

Dans une autre étude (Nicosi 2004), 68 % des hommes et 60 % des femmes de plus de 70 ans sont en faveur de l'utilisation de traitements pour aider à apprécier la sexualité.    

La place de la sexualité en institution

« Quelle est la place de la sexualité en institution ? », une question posée à des personnes en institution dans une étude ancienne mais très bien référencée (Wasow, Loeb 1979). 81 % des hommes et 75 % des femmes considèrent qu'il est normal que les personnes âgées puissent avoir une sexualité.

Les principales raisons de l'absence de sexualité sont :

- le manque de partenaire (63 %) ;
- la manque d'intérêt (28 % des femmes) ;
- la santé (19 %) ;
- l'incapacité à réussir (15 % des hommes et 0 % des femmes) ;
- ne pas se sentir sexuellement attractif (78 % des femmes et 58 % des hommes). 



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