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Entretien avec Marie-Sophie Desaulle, présidente de l'Association des Paralysés de France

Les handicapés veulent être «regardés comme des citoyens»


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Anne-Marie DesaulleLes personnes handicapées ont besoin d'être «regardées comme des citoyens à part entière» pour sortir de l'isolement, explique Marie-Sophie Desaulle, présidente de l'Association des Paralysés de France (APF), qui lance vendredi 12 mai une campagne nationale.

  • Q: Quel est l'objectif de la campagne que vous lancez vendredi 12 mai ? «Offrez plus qu'un sourire» est d'abord une campagne de collecte defonds, pour financer des actions qui permettent la rupture de l'isolement des personnes handicapées. Les fonds récoltés nous permettent aussi de défendre leurs droits, en les orientant, et aussi parfois en se portant partie civile à leurs côtés. Lespersonnes handicapées ont de plus en plus recours aux tribunaux, parce qu'elles connaissent mieux leurs droits et qu'elles sont de moins en moins passives dans leur volonté de les faire respecter.Enfin, l'argent nous donne les moyens de faire évoluer les règlementations par la négociation et la revendication, en formant nos représentants. Mais cette campagne est aussi pour nous l'occasion d'exprimer notre volonté de participation sociale, pour que les personnes différentes soient regardées comme des citoyens à part entière.
  • Q: Elles se sentent exclues de la vie sociale ? L'isolement, c'est leur plus grande difficulté exprimée. Derrière ça, il y a plusieurs sujets, comme pouvoir se déplacer ou avoir des ressources suffisantes pour les loisirs.L'autre grand sujet, c'est la façon dont elles sont regardées, qui est souvent soit la pitié, soit l'indifférence. C'est visiblement encore difficile pour une grande partie de la société française de considérer qu'une personne en fauteuil roulant est d'abord une personne.A une caisse de supermarché, on a eu le cas récemment d'une personne en fauteuil roulant qui faisait ses courses seule: la caissière a tendu le ticket à une personne derrière elle dans la queue... C'est douloureux, presque un déni d'existence.
  • Q: Le regard de la société n'évolue-t-il pas? Depuis un ou deux ans, comme on parle davantage de la discrimination, je trouve que l'évolution est positive: la population réagit de mieux en mieux, même si on n'a pas gagné le combat. Ca s'explique par nos campagnes et aussi parce que les personnes handicapées sortent plus, et que les gens s'habituent à leur présence dans la ville.En même temps, le fait de sortir plus provoque cette découverte de l'autre, parfois difficile. Certaines personnes handicapées réagissent à cette souffrance en se repliant encore plus sur elles-mêmes, d'autres parfois en étant agressives.


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