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Dépendance et coût

Les députés veulent réduire les dépenses des personnes âgées dépendantes en hébergement


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La Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) de l'Assemblée nationale a présenté, mercredi, une batterie de propositions qui visent à soulager les personnes âgées du coût élevé de leurhébergement en établissement spécialisé.

Les députés veulent réduire la facture de l’hébergement pour les personnes agées dépendantes. Ils ont présenté une batterie de mesures permettant de réduire les coûts. La France compte 12,1 millions de personnes de plus de 60 ans, dont près d'un million sont en perte d'autonomie «moyenne ou sévère». Or, le tarif mensuel moyen de l'hébergement d'une personne âgée s'élève à environ 1.700 euros, alors que le montant moyen d'une pension de retraite atteint 1.200 euros, a rappelé l'auteur du rapport, Paulette Guinchard, ancienne secrétaire d'Etat aux Personnes âgées et députée (PS) du Doubs, lors d'une conférence de presse. «Ces chiffres donnent la mesure de l'attention particulière qui doit être portée à cette population», indique son rapport, adopté à l'unanimité par les députés membres de la Mecss. Assurer l'accompagnement des personnes âgées dépendantes, tout en réservant le «libre choix de leur mode de vie» et en veillant à «leur solvabilisation«: telles sont les missions que doivent remplir «les politiques publiques», estiment les députés.Or, en l'absence de compétence obligatoire, des départements ou des Conseils régionaux, par exemple, relative aux financements, «le montant du tarif hébergement à payer incombe en définitive toujours à la personne âgée», relève le rapport. «C'est un peu comme si on payait une maison qui ne nous appartiendra jamais», a expliqué à la presse Mme Guinchard. Et lorsque les revenus de la personne âgée sont insuffisants, l'aide sociale à l'hébergement et les aides au logement deviennent «les seuls dispositifs de prise en charge de droit commun possibles», souligne-t-il.Pour soulager les résidents et leur famille de coûts d'hébergement alourdis par les charges des investissements immobiliers, les députés proposent de «réorganiser les sections tarifaires des établissements afin que les dépenses de personnel administratif et de personnel de service non qualifié ne soient plus exclusivement» à la charge des résidents. De même, les députés estiment que «des excès de réglementation en matière de sécurité se traduisent par des investissements coûteux qui se répercutent sur le prix journée». Selon eux, «un soutien public est indispensable».Une augmentation des prêts aidés en faveur des projets de construction ou de rénovation est également évoquée, de même que la possibilité pour les établissements publics de placer, comme le font les établissements privés, leurs réserves de trésorerie «pour accroître leur capacité à autofinancer leurs investissements».Le rapport parlementaire propose par ailleurs «d'étendre le bénéfice des aides personnelles au logement aux résidents de toutes les catégories d'établissement et les attribuer par personne, et non plus par ménage». Pour mettre fin au morcellement des compétences et des responsabilités, les députés suggèrent la création d'une Conférence de l'action sociale et conseillent à «l'administration de se doter d'un système de suivi des coûts d'hébergement supportés par les résidents».Enfin, le rapport de la Mecss appelle au «décloisonnement» des secteurs sanitaires, avec au premier chef l'hôpital, et médico-sociaux. «Les hôpitaux doivent mettre en place des filières de soins gériatriques de court séjour, avec des personnels formés pour cela, car trop souvent, la non prise en charge, comme il le faudrait, des personnes âgées dans les hôpitaux aboutit à leur +grabatisation+» , a déploré Mme Guinchard.



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