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Dependance – USLD

Vers la disparition ces unités de soins de longue durée


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La transformation des unités de soins de long séjour (USLD) en Ehpad fait grincer les dents des professionnels de l’hébergement des personnes âgées

Les maisons de retraite ont réclamé jeudi 18 mai la suspension de la réforme des unités de soins de longue durée (USLD), qui va se traduire selon elles par des «charges supplémentaires» pour les personnes âgées, alors que le gouvernement assure qu'elle «améliorera leur prise en charge».Cette réforme, prévue par la Loi de financement de la Sécurité sociale de 2006, prévoit qu'une partie des 83.000 lits USLD, qui reçoivent des aides importantes de la part de l'assurance maladie, soit transférée vers les maisons de retraites, où les résidents et leurs familles supportent l'essentiel des coûts. «Dans un certain nombre de villes, on a pris l'habitude d'accueillir par la voie de l'hospitalisation des personnes âgées lourdement dépendantes, dont l'état de santé est en réalité stable et qui n'ont pas besoin de soins intensifs», a déclaré le ministre délégué aux Personnes âgées, Philippe Bas. «Nous avons décidé de faire une étude établissement par établissement pour voir, au sein des USLD, quels sont les malades qui ont besoin de soins intensifs, et les autres», a ajouté M. Bas, précisant que la répartition des places entre USLD et maisons de retraite n'était «pas encore fixée». Selon le ministre, ce transfert ne se traduira «pas par le déménagement de personnes âgées». «Cette idée est ridicule: il s'agit simplement d'un changement de régime d'accueil qui vise à améliorer les modalités de prise en charge», a assuré le ministre.Ces arguments ne convainquent pas les maisons de retraite qui tirent, chaque année, la sonnette d'alarme sur le manque de personnels d'encadrement dans les établissements pour personnes âgées et la détérioration des conditions d'accueil dans un contexte de vieillissement de la population. La France compte en effet 12,1 millions de personnes de plus de 60 ans, dont près d'un million sont en perte d'autonomie «moyenne ou sévère». «Dans les USLD, les résidents, qui sont souvent très malades, et leur famille paient une partie et reçoivent un forfait soins de la part de l'assurance maladie», explique le président de l'Adehpa (directeurs de maisons de retraite), Pascal Champvert. «Avec la réforme en cours, ces résidents seront inscrits au sein d'une maison de retraite alors qu'ils nécessitent des soins permanents, et ils ne recevront plus l'aide de l'assurance maladie», ajoute-t-il. «Le risque de cette réforme, c'est qu'elle se traduise par une charge supplémentaire pour les familles, dans un contexte où l'hébergement en maisons de retraites est de plus en plus coûteux», met en garde Evelyne Goussens, directrice de l'hôpital gériatrique des Magnolias (Essonne).Les résidents et leurs familles prennent actuellement en charge environ 60% du coût de fonctionnement des établissements pour personnes âgées. Le tarif mensuel moyen de l'hébergement d'une personne âgée s'élève à environ 1.700 euros, alors que le montant moyen d'une pension de retraite atteint 1.200 euros. Les professionnels de la pris en charge des personnes âgées réclament la tenue, «avant le début de la campagne électorale, d'une grande conférence nationale pour parler des besoins des personnes âgées et des moyens nécessaires à leur prise en charge», souligne M. Champvert.Selon lui, «l'encadrement des personnes âgées en France reste désespérément à la traîne par rapport à ses voisins européens, dont l'Allemagne ou les Pays-Bas, qui disposent de deux fois plus de personnels encadrants».



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