La réponse que les membres d 'une famille vont apporter au SOS d'un parent en perte d'autonomie découlera entièrement des liens affectifs qui auront été tissés une vie durant.La crise que la famille traverse va vérifier la force des liens affectifs, et révéler les carences réelles d'affection, les rapports de force latents ou les déséquilibres.6 conseils pour préparer le terrain et éviter une brouilleRéunir toute la famille autour d'un père ou d'une mère en perte d 'autonomie peut se révéler un véritable défi. Pour aboutir à une action collective constructive, il faut canaliser l 'émotion. Quelques conseils en " management " peuventse révéler utiles.
Si vous êtes en position d'aidant principal et que vous entendez bien ne pas assumer seul(e) le fardeau parental, il vous faut agir avec précaution. Tout d'abord, mieux vaut connaître les attentes et les craintes de chacun des membres de votre famille. Les questions suivantes devront donc recevoir une réponse :
Les conflits peuvent éclater au moment où un processus collectif s'enclenche. Rien ne sert de les éviter. En revanche, il faut savoir les limiter, voire les faire évoluer dans un sens productif. La bonne volonté de chacun est impérative pour ne pas perdre de vue l'objectif initial: venir en aide à un parent en détresse.Faites marche arrière immédiatement si vous sentez que la discussion s'engage dans une impasse, organisez des voies de sortie pour que personne ne " perde la face ". Cette capacité de chacun à dominer ses propres émotions suppose que l'on est parvenu à un équilibre relatif par rapport aux conflits du passé.Votre maturité de médiateur fera de vous un leader naturel. Si vous ne vous sentez pas capable de jouer ce rôle, proposez dès la première réunion de famille qu'un médiateur soit nommé. A charge pour lui d'empêcher un conflit de dégénérer. Le médiateur doit donc s'évertuer à anticiper les conflits. L'excès d'angoisse, un rôle mal défini dans la mise en place du réseau d'aide à un parent dépendant peuvent générer ces types de conflits.
Respirez profondément avant de dire ou de faire quelque chose d'irréparable. Le pire arrive toujours parce que l'on cède à une impulsion incontrôlée.Le plus dur est évidemment de rester calme vis-à-vis des accusations - toujours infondées ? - d'autrui. Vos frères et soeurs vous amèneront aussi à revivre des événements douloureux du passé, ils feront peut-être des déclarations déconcertantes ou que vous estimerez injustes... N'y prêtez pas attention. Attribuez-les à la colère ou à l'amertume. Seul le but à atteindre - rassembler la famille en vue d'une action constructive - compte.Si vous perdez votre calme (témoignage), n'hésitez pas à faire des excuses.
Tous les problèmes n'ont pas leur solution. Tentez alors de redéfinir la question pour voir si une solution inattendue n'émerge pas. En cas d'échec, acceptez-le.
A votre insu vous pouvez être celui, ou celle, par qui le conflit se déclenche. La colère rentrée, la tension qui se manifeste à travers une voix, un geste, une articulation abrupte, la conviction d'avoir raison, l'impatience... tout ceci peut créer une atmosphère qui ne demande qu'à exploser. Il faut accepter l'idée que les situations sont complexes et que nul ne possède à lui seul les tenants et les aboutissants. Un peu d'humilité s'impose !
Y.M. / Agevillage
mis à jour le 27/04/2007
Lire le reste de l'article:
1)
2) Garder la personne âgée au centre du dispositif
3) Famille et culpabilité
4) Mobiliser la famille
5) La perte d'autonomie : une affaire de femmes ?
6) La douleur des femmes
8) Quelques techniques pour mobiliser ses proches
9) Gare au Trapp syndrom