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Famille d'accueil, vie en foyer-logement, sorties en bord de mer, une dame de 85 ans raconte ses expériences

Analyse et conclusions de ces diverses expériences


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Aveugles, malvoyants en foyer logement, vacances en famille d'accueil : où ai-je ressenti le plus et le moins ces sentiments de
« ghettoïsation » et « d'inhumanisation» ? 
 
Petite précision :
Je voudrais faire une distinction très nette entre la formule qui consiste à faire vivre ensemble des personnes âgées. diminuées plus ou moins « physiquement» - plus ou moins «sensoriellement» - et plus ou moins ralenties mentalement et psychiquement, sans mixité sociale ni mixité intergénérationnelle, et les personnes qui s'occupent d'elles à longueur de journée et de nuit, souvent admirablement et avec un dévouement sans borne. Elles ne sont pas responsables de ces conséquences presque inévitables. Au contraire, elles y pallient au maximum.
C'est la formule elle-même que j'incrimine et qui engendre,  la ghettoïsation et inhumanisation. En effet, est-il normal de vivre privé d'un entourage diversifié comme on l'a eu toute sa vie ? C'est un thème de réflexion à creuser.
N'ayant pas eu d'expérience en maisons de retraite médicalisées (ou pas), où cette ségrégation existe d'emblée, je ne me prononcerai pas sur ces dernièrs. Elles sont diverses et de gestion variée suivant les établissements, mais toutes pratiquent cette formule que j'incrimine.
Cependant, certaines, ai-je ouï-dire, ont compris le danger de cette ségrégation et ont commencé à pratiquer des ouvertures.
Exemple: s'installer près d'une école et favoriser les contacts des jeunes enfants avec les personnes âgées qui y trouvent de la joie et de nouvelles raisons de vivre. 
 
Est-ce réalisable partout ? Peut-on trouver d'autres formules applicables ? Il est nécessaire d'y réfléchir.
N'oublions pas qu'en Afrique les "Vieux" continuent à vivre au village, au milieu de tous et que jadis, chez nous, dans notre vieille Europe, les " Vieux " restaient près de leurs enfants, près de l'âtre, là où ils ont vécu toute leur vie.
Bien sûr, la vie moderne ne permet plus ces solutions. Mais pensons à d'autres, réalisables.

De ces 4 expériences, la palme revient à :
1- l'accueil familial sans conteste (lire mon exposé.sur cette expérience).
Je note cependant qu'il n'est pas sans danger de ghettoïsation, si on doit y vivre à longueur d'année et jusqu'à la fin de sa vie. Mon expérience de 3 semaines ne m'a pas amenée à ressentir cela. Ajoutons que c'était une famille d'accueil exceptionnelle et que je n'en ai connu qu'une. J'ignore comment sont les autres. 
2- Ensuite vient loin derrière l'expérience des aveugles et malvoyants en fover-logement.
Il y a de fait et d'emblée une ségrégation puisque ne s'y trouvent que des personnes âgées atteintes de cécité ou de malvoyance. Cependant le foyer-logement, la relative autonomie d'existence atténuent les effets pervers de ghettoïsation. Mais le risque est là. Je l'ai bien ressenti.
3- En dernier. viennent les 2 expériences de sortie extraordinaires en bord de mer avec les résidents âgés d'un appartement d'accueil. Le personnel d'encadrement n'est pas en cause. Il est admirable. Mais c'est là où j'ai ressenti le plus le danger de cette formule et ses effets appauvrissants. D'où mon sentiment de danger de ghettoïsation et d'inhumanisation. Et ce, malgré toute l'humanité indéniable de leur entourage ?

Pourquoi ? est-ce une fatalité due au déclin de la vie  Faut-il laisser les choses en l'état ?
Cette formule "d'enfermement" peut-elle s'ouvrir ? s'élargir ?
Est-ce compatible avec la réalité actuelle ? Est-ce une question financière ?
Est-ce une conséquence inéluctable de la vie moderne, des familles réduites, recomposées, logées petitement, des nouvelles conditions de vie familiale où mari et femme travaillent ?
Est-ce un rejet du « vieux » ?
Est-ce notre égoïsme inconscient ?
Toutes ces questions sont et doivent être posées.


CONCLUSION FINALE 
Les personnes âgées, isolées, qui ne peuvent plus vivre seules, mais sont encore conscientes d'elles-mêmes, n'ont-elles d'autres solutions que d'être «parquées» ensemble, même dans des résidences luxueuses ? 
Y a-t-il d'autres solutions ?
Oui, en donnant la possibilité de rester chez soi tant que c'est possible.
Mais pour cela il faut des aides extérieures, des associations comme L'ESSENTIEL.
Financièrement c'est une solution moins chère. Politiquement est-ce réalisable ?
Nous devons tous nous pencher sérieusement sur ce problème de GHETTOISATION et D'INHUMANISATION de notre époque hyper-technocrate et matérialiste qui ne voit que le rendement et le profit.
Les VIEUX SONT-ILS RENTABLES et PRODUCTIFS?  



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