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Dossier incontinence : des solutions adaptées aux personnes âgées


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Quel que soit le type d’incontinence, les personnes touchées disposent de tout un éventail de solutions, même si selon la situation, le « zéro fuite » n’est pas toujours possible. En quoi consistent-elles ? Sont-elles recommandées à tous ? Eléments de réponse.

incontinence urinairePour remédier à un problème d’incontinence, la première mesure, incontournable, concerne l’environnement et le mode de vie de la personne qui en souffre. Faciliter les déplacements, l’accès aux toilettes, modifier sa manière de s’alimenter et de boire peut ainsi aider à conserver la continence.

Mais en complément, l’urologue peut orienter ses patients vers différents types de traitements, dont les personnes âgées peuvent bénéficier au même titre que les autres, à condition que leur état général le leur permette.

La rééducation

Proposée en cas d’incontinence d’effort (déclenchée par une toux, un rire…), d’incontinence par impériosité (envies pressantes liées aux contractions de la vessie) ou mixte, la rééducation périnéale vise à renforcer les muscles du périnée, mais aussi à apprendre à détendre le muscle de la vessie. 

En effet, contracter son périnée entraîne un relâchement de la vessie et donc l’arrêt des contractions.

Les conditions ? Les patients doivent avant tout être motivés, puisqu’il s’agit d’un travail au long cours chez un kinésithérapeute : il faut compter 10 à 20 séances pour une personne âgée.

Par ailleurs, la présence de troubles cognitifs est incompatible avec une telle démarche.

La rééducation comportementale permet quant à elle de mieux contrôler la fréquence et les envies d’uriner. Elle peut être mise en œuvre en parallèle d’une rééducation du périnée.

Première étape, la tenue d’un calendrier mictionnel pour connaître précisément les habitudes de la personne qui s’engage dans la démarche. Ensuite, le médecin établit des horaires de passage aux toilettes, de plus en plus espacés au fil des jours pour arriver à un rythme normal, soit cinq à sept fois le jour et une fois au maximum par nuit.


Les traitements médicamenteux

Différents types de médicaments peuvent agir sur l’incontinence. Mais ils ne seront pas nécessairement prescrits aux personnes âgées. 

En effet, les seniors suivant déjà de nombreux traitements – 10 médicaments par jour en moyenne après 80 ans selon une étude de la Société française de gériatrie et de gérontologie en 2013 -, l’urologue, en lien avec le médecin traitant, définira les priorités pour éviter d’aggraver la polymédication.

Pour contrer l’incontinence, les principaux médicaments utilisés appartiennent à la catégorie des anticholinergiques. Ils agissent sur la contraction du muscle de la vessie, et donc sur l’incontinence par impériosité.

En France, quatre molécules disposent d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), indique l’Association française d’urologie : 
  •  L’oxybutinine (à utiliser avec précaution chez la personne âgée) 
  •  Le chlorhydrate de trospium 
  •  La solifénacine 
  •  La toltérodine 
Leur prescription se fait à dose progressive, avec une surveillance étroite durant les premiers jours du traitement, précise-t-elle.


Les interventions chirurgicales

Chez les personnes âgées en bonne santé, rien ne s’y oppose, d’autant que la plupart de ces interventions sont légères, avec peu de risques de complications. La décision sera néanmoins prise au cas par cas, en évaluent le rapport bénéfice/risque de la chirurgie.
  •  L’injection de toxine botulique ou l’implantation d’un neuromodulateur peuvent agir sur l’hyperactivité de la vessie, à l’œuvre dans l’incontinence par impériosité.
  •  Les bandelettes sous-urétrales ont pour vocation de soutenir l’urètre pendant l’effort, empêchant ainsi les fuites dans le cas d’une incontinence d’effort.
  •  A proximité du col de la vessie, les ballons ajustables servent à comprimer l’urètre et donc à remédier à une incontinence d’effort, comme les bandelettes.
  •  En cas d’incontinence d’effort sévère liée à une insuffisance sphinctérienne majeure, le sphincter urinaire artificiel constitue une solution de dernier recours.
Quel que soit la stratégie envisagée, de nombreux facteurs rentrent en ligne de compte pour qu’elle porte ses fruits : motivation, soutien des proches, état de santé, fragilité, environnement… Mais dans tous les cas,  plus les traitements sont entrepris tôt, plus ils ont de chance d’améliorer la qualité de vie de la personne souffrant d’incontinence, de préserver son autonomie et donner les meilleurs résultats possibles, à défaut de résoudre totalement le problème.

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