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Maladie Alzheimer et apparentées : définition, étapes, analyses

Analyses du Dr Patrick Chérin (médicaments-nutrition...) sur la maladie


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  • Oestrogènes contre maladie d'Alzheimer, par le Pr Patrick Chérin

    Dans la maladie d'Alzheimer, les oestrogènes semblent stabiliser ou améliorer les fonctions cognitives. Sur un groupe de malades ayant été traité par ces hormones, des médecins scandinaves ont obtenu des résultats significativement plus élevé au test du Mini Mental State (MMS) par rapport au groupe de malades n'ayant pas eu d'oestrogènes. Aucune différence en terme d'âge, de niveau d'éducation et de durée des symptômes n'a pu être notée. La majorité des études cas-témoins dans ce domaine ne tiennent pas compte de certains facteurs de confusion possibles, et notamment du niveau socioculturel. Un faible niveau d'éducation est en effet lié à de moins bonnes performances cognitives.

  • Une enquête épidémiologique portant sur 1124 femmes âgées, initialement indemnes de démence, montre un effet protecteur des oestrogènes. Après pondération par le niveau d'éducation, il apparaît que 5,8 % des femmes qui ont eu un traitement hormonal présenteront une maladie d'Alzheimer durant le suivi contre 16,3 % chez les autres. Cet effet protecteur est d'autant plus important que la durée du traitement hormonal substitutif est longue.
  • Caldwell et Kantor ont rapporté l'amélioration de certaines fonctions cognitives (la communication, l'autonomie et les activités quotidiennes) de patientes traitées par oestrogènes par rapport au groupe placebo, mais le nombre de femmes atteintes de maladie d'Alzheimer n'a pas été déterminé. Une équipe japonaise retrouve un amélioration significative de certains paramètres psychométriques (Hasegawa dementia scale) à la troisième semaine de traitement oestrogénique chez les femmes souffrant de maladie d'Alzheimer par rapport aux groupes de malades sous placebo, alors que les scores du MMS et du New Screening Test for Dementia restent comparables entre les deux groupes.
  • Enfin, une étude évaluant l'effet d'un médicament anticholinestérasique (la tacrine) dans la maladie d'Alzheimer, suggère une synergie avec les oestrogènes. Mais ce résultat demande à être confirmé.
  • Le mécanisme d'action des hormones oestrogèniques sur le cerveau demeure non encore élucidé. Les oestrogènes possèdent un effet antidépresseur, permettent l'augmentation des facteurs de croissance neuronaux, l'augmentation du débit sanguin cérébral, et interagissent avec les différents neurotransmetteurs. Ils permettent aussi de lutter contre la mort cellulaire (effets antiapoptotiques) et ont des effets antioxydants.
  • Même si les données restent encore limitées et pour certaines contradictoires, les oestrogènes pourraient trouver une place dans l'arsenal thérapeutique contre la maladie d'Alzheimer. Si les études contrôlées de grande ampleur confirmaient ces données, les avantages potentiels du traitement hormonal substitutif pourraient s'en trouver renforcés.
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    Médicaments cholinergiques dans la maladie d'Alzheimer, par le Pr Patrick Chérin

    Deux alternatives sont possibles : La maladie d'Alzheimer est caractérisée par des lésions du cerveau (plaques amyloïdes et dégénérescences neurofibrillaires). Ces lésions sont accompagnées d'une diminution de l'acétylcholine. L'acétylcholine est un neurotransmetteur qui permet aux neurones de la mémoire de communiquer. Les anticholinestérasiques ont pour action d'empêcher la dégradation de cette molécule.

    Quelle efficacité pour les anticholinesterasiques ?
    Les anticholinestérasiques regroupent trois molécules différentes mais de même efficacité : donépézil (Aricept®), galantamine (Reminyl®) et rivastigmine (Exelon®). Ils présentent toutefois des effets indésirables fréquents au niveau digestif (nausées, perte d'appétit, diarhées). Le choix d'un médicament par rapport à l'autre se fait sur la notion de tolérance.

  • Le traitement par les inhibiteurs des cholinestérases doit être débuté le plus précocement possible, car leur efficacité n'a été mise en évidence que dans les maladie d'Alzheimer à un stade précoce, mineure ou modérée. Leur intérêt dans les formes très tardives de la maladie reste à démontrer, mais semble plus improbable. De même, leur efficacité et leur tolérance à long terme n'ont été rapportées que dans des études non contrôlées avec la tacrine, la donepezil et l'eptastigmine, autre cholinestérasique en cours d'étude.
  • Les antiglutamates; cette classe thérapeutique, apparue en 2002, ne contient qu'un seul médicament : la mémantine (Ebixa®). Il est indiqué chez les patients plus avancés, des stades modérément sévère à sévère de la maladie d'Alzheimer.

    Les antiglutamates visent à bloquer les récepteurs du glutamate, molécule responsable d'une excitation toxique du système nerveux. Ils ont pour effet de retarder la perte des fonctions cognitives allant parfois jusqu'à les améliorer chez certains patients. On note aussi des effets positifs sur les activités quotidiennes et les troubles du comportement. La mémantine est par ailleurs bien tolérée par les malades.

  • Quelle posologie? Pour ces différents produits, la posologie maximale ayant montré la plus grande efficacité, il est recommandé d'augmenter très progressivement les doses jusqu'au maximum toléré. Le traitement doit être poursuivi indéfiniment. Cependant, du fait des effets secondaires et/ou de l'absence d'efficacité, le traitement est malheureusement parfois interrompu dans les premiers mois. Cependant, une aggravation des désordres cognitifs peut survenir à l'arrêt du traitement, ce dont doit être prévenu le patient et sa famille.
  • Facteurs nutritionnels et maladie d'Alzheimer, par le Pr Patrick Chérin

    Pour de nombreux auteurs, la restriction calorique agirait par la diminution des processus oxydatifs et de la production de radicaux libres, substance nocives pour nos cellules. Le stress oxydatif intervient en effet dans la physiopathologie de la maladie d'Alzheimer. L'accumulation de radicaux libres accélère le processus de dégénérescence des cellules nerveuses (neurones). Le cerveau, riche en acides gras, et grand consommateur d'oxygène, est une cible privilégiée des radicaux libres. Certains nutriments (notamment vitamine A, C, E, bêtacarotène) possèdent une activité naturelle antioxydante. Une malnutrition ou un déséquilibre alimentaire, peut engendrer des carences en nutriments antioxydants ce qui accélère la formation de radicaux libres.

  • Différentes études épidémiologiques ont confirmé ces hypothèses. L'alpha tocophérol (2000 UI/j) entraîne une réduction de la mortalité par rapport au placebo, dans un groupe de maladie d?Alzheimer avancée. De même, l'étude Paquid, réalisée en Gironde et Dordogne, a mis en évidence un effet protecteur contre la maladie d'Alzheimer d'une consommation modérée de vin (< 0,5 litre de vin par jour), probablement par l'activité antioxydante des dérivés du phénol contenu dans le vin rouge.
  • Les campagnes de mesures des concentrations d'aluminium, de calcium et de fluor des eaux de boisson de l'étude Paquid ont par ailleurs montré un effet global significatif des paramètres de l'eau, un effet protecteur du calcium et une interaction entre aluminium et pH.
  • D'autres nutriments (et surtout leur carence) interviennent dans le développement de la maladie d'Alzheimer. De nombreux auteurs ont démontré que le niveau des fonctions cognitives et les taux sériques de vitamines du groupe B et des folates étaient inversement associés. Il existe ainsi une corrélation significative entre les taux sériques bas de vitamine B12 et les performances cognitives évaluées par des tests de mémorisation et d?abstraction (étude portant sur 260 sujets de plus de 60 ans).


  • mis à jour le

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    Vos réactions

    Minou

    21/01/2016 03:01

    Maladie d\'Alzheimer


    Ma sœur est décédée de cette maladie. J'ai 65 ans et cela me préoccupe beaucoup. Je fais de la chorale et je marche beaucoup et fait des sports de raquettes et de patins. Je ne veux vraiment pas que cela m'arrive. Mais comme il y a un cas dans la famille cela est inquiétant.




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