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La perte d'autonomie met à l'épreuve les relations familiales

Culpabilité inévitable ?


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La perte d'autonomie d'un parent âgé engendre toujours un fort sentiment de culpabilité.

Dans la famille L., à Rennes, Lucas, instituteur, 48 ans, reconnaît qu'il a eu du mal “à supporter de devenir le parent de ma mère", un " renversement des rôles " auquel il n'était pas préparé. ” Et auquel ma mère elle-même ne m'avait pas préparé. De mère poule, elle devenait tout à coup une enfant dont je devais prendre soin”. 
“Au début ", raconte-t-il, " ce changement des rôles s'est traduit par pas mal d'agressivité. Ma mère sentait ma violence et ne la supportait pas non plus. 
J'ai fini par mieux maîtriser mes sentiments, mais cela reste douloureux ". 
Le cas de la fille qui vient tous les jours houspiller sa mère tout en lui préparant ses repas n'a rien de rare non plus. Une aide ménagère professionnelle aura à cet égard des rapports plus simples.

A chacun de gérer, à l'aide d'un psychologue ou seul, la culpabilité inhérente à ces nouvelles relations enfants autonomes-parents dépendants.

Il est d'autres formes de culpabilité dont il est plus facile de se débarrasser. Comme celle qui consiste à se sentir coupable d'avoir recours à des aides professionnelles. 

Cette culpabilité là naît du fait que les relations parents-enfants semblent reposer sur une apparence de réciprocité : nos parents ayant pris soin de nous quand nous étions enfants, ne leur devons nous pas aide et assistance en retour ?

Mais le temps disponible, l'argent, l'affection, l'éloignement géographique, le milieu socioculturel... sont des éléments qui rentrent en compte dans la façon dont chacun gère son sentiment de culpabililté à l'égard de parents plus âgés. Personne n'étant préparé à un tel rallongement de la durée de la vie, il faut inventer la meilleure manière de résoudre problèmes techniques et problèmes affectifs. 

Le devoir de solidarité ne rime pas automatiquement avec sacrifice et peut se réaliser à travers mille arrangements particuliers.

Les femmes n’hésitent plus à confier la garde de leurs enfants à des nourrices ou des crèches pour prendre ou conserver un emploi. Confier tout ou partie de l'aide à domicile à des professionnels n'a rien de déshonorant... à condition toutefois de préserver l'essentiel: les relations affectives qui doivent exister entre parents et enfants..



mis à jour le

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Vos réactions

Catelyne

17/07/2013 19:07

Réaction


Suite à cet article, je ne peux m'empêcher *de mettre ici le lien avec le message du Dr Pradine sur un très beau film documentaire québécois : http://forums.agevillage.com/viewtopic.php?f=7&t=791&sid=488836ab99f0e0f7ba431434bb108aff&start=10#p6937  * de citer deux phrases très fortes tirées d'un fil de discussion mis en ligne par une "aidante" de son conjoint: - « Les soignants (pourtant très discrets et respectueux) qui entrent tous les jours chez MOI, dans MA chambre, s’assoient sur MON lit, entrent dans MA salle de bain.... partagent MON quotidien ». - « Le calme et la sérénité revenus, quel bonheur.... le voir ce matin regarder la télé tranquillement allongé sur le lit, les 2 mains croisées sous la tête, ça n’a l’air de rien, mais quel plaisir !!!! Là, une fraction de seconde j’ai oublié... j’ai oublié la maladie, son cerveau lésé, les handicaps, tous ces longs mois de cris, de souffrance ... pouf envolés !!! Oui, son sourire est revenu, fugacement, mais ses yeux rieurs trahissent sa force de vie et ça, ça n’a pas de prix. » Personnellement, il me semble que ce film- documentaire et ces deux phrases reflètent bien la complexité et la particularité des "relations d'aide" et ce, que l'on soit "aidé", proche-aidant ou professionnel, et ce aussi quelque soit l'âge, la maladie ou (et) le handicap. Pour moi, ce sujet mériterait d'avoir sa place en tant que tel dans les divers débats sur la "bientraitance" qui fleurissent actuellement ainsi que dans la réforme "pour l'autonomie" et ce dans esprit de partenariat entre les différents acteurs (malades et (ou) handicapés, proches aidants, bénévoles, organismes et associations diverses, pouvoirs politiques). C'est sans doute là, le doux rêve d'une babyboomer et d'une ex aidante qui, comme beaucoup, a peur de la dépendance mais.....



lachouche

13/11/2011 11:11

ma maman âgée


bonjour votre article me touche beaucoup car l'éloignement géographique m'empêche de venir voir ma mère(92 ans) très souvent et a une auxiliaire de vie très compétente. Maman se plaint beaucoup de sa solitude(je l'appelle tous les jours)et ainsi, je me sens coupable!elle est très exigeante envers moi et ne comprend pas que j'ai des occupations autres. je souhaiterais lui trouver une personne de compagnie. cordialement lachouche




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