Ces techniques de communication sont utilisées en institution mais elles peuvent être pratiquées à domicile. Elles sont destinées à faire prendre conscience du temps, de l’espace, et de l’entourage.
-“ Bonjour, c’est moi Irène (ou Robert...) comment vas-tu ce matin ? Au fait, quel jour sommes-nous ? Eh oui, déjà samedi. Comment trouves-tu le temps ? (montrant la fenêtre). Je vais t’aider à t’habiller car il sera bientôt 9 heures du matin. ”-
En quelques mots, vous avez :
- établi un contact verbal ;
- reconnu cette personne comme un être humain à part entière par un dialogue simple, ponctué de temps d’arrêt pour lui permettre de répondre ;
- évité de le mettre en position d’échec en vous nommant plutôt qu’en l’obligeant à vous nommer ;
- fait appel à ses capacités : il a de bonnes chances de trouver la date demandée ;
- enfin, vous l’avez sécurisé en présentant des données qui l’aideront à savoir qui il est, qui sont ceux qui lui parlent, ce qu’ils vont faire pour lui.
La personne a répondu mardi au lieu de samedi ?
Aucune importance! Insister sur l’erreur indiquerait que nous ne reconnaissons pas les efforts que fournit le malade. Celui-ci a compris le sens de la question et s’est efforcé d’y répondre.
Exemple :- Sais-tu en quelle saison nous sommes ? - Réponse. En été (alors que c’est l’hiver).
- Réponse à éviter : "Eh ! non ! Nous sommes en hiver, pas en été !"
- Réponse à donner : Toi aussi tu as hâte d’être en été mais, malheureusement, nous sommes encore en hiver... Regarde, les arbres n’ont pas de feuilles.
Au plan technique, les deux réponses sont exactes, mais la première ne tient pas compte de l’effort fourni et renvoie l’erreur en pleine figure. La seconde tente de ménager le malade en lui faisant voir que, d’une part, il a hâte d’être en été, et que, d’autre part, la réalité est tout autre.
Corriger les erreurs sans créer un sentiment d’échec :
Exemple : votre mère ou votre père vous donne un prénom qui n’est pas le vôtre?
Vous lui répondrez : “D’après ton sourire, je vois que tu me reconnais. Ça arrive à tout le monde de s’embrouiller dans les prénoms... Mon nom est... ” L’erreur est rectifiée sans que le malade puisse se sentir culpabilisé.
Si la personne est dans un état de détérioration tel qu’elle ne peut plus répondre ; si les réponses sont hors sujet, nulles ou empreintes d’anxiété, mieux vaut ne pas poser de question. Il convient alors de rassurer en informant de façon affirmative ou par constatation.Vous lui tiendrez par exemple ce langage : “Regarde cette belle photo de famille ! Si je me souviens bien, ici c’est ta fille Liliane. Elle vient samedi prochain. Et voilà Jacques. C’est lui qui a appelé hier. Tu as sa photo sur la table. Tu es une bonne grand-mère pour leurs enfants... ”
Votre mère ou votre père refuse la réalité ?
Il ne faut pas aller contre les propos du malade.
Entendons-nous bien : il ne s’agit pas d’acquiescer à un délire, mais de s’appuyer sur le passé pour renouer les fils ténus de la communication.
Par exemple, lorsque votre mère vous parle de sa propre mère comme d’une personne toujours vivante, ce serait une erreur de rétorquer qu’elle est décédée depuis vingt ans. Mieux vaut confirmer ses propos mais en privilégiant les sentiments. Une bonne repartie pourrait être : “Ta mère, tu l’aimais beaucoup ?” Ou : “Comment était ta mère ?” Ce sont deux questions valorisantes pour la personne handicapée.
Affirmer: “Ta mère est morte il y a vingt ans déjà” est le préalable à une “ réaction catastrophique ” !
Lire les autres chapitres de cet article :
1) Lutter contre l'amnésie au jour le jour
2) Que faire de cet amnésique progressif ?
3) A propos des objets de la vie quotidienne
4) Repères, manger, boire, dormir...
5) Positiver les relations avec le malade
6) Compenser la désorientation dans le temps et l'espace
8) Affronter les troubles de la connaissance (agnosie)
9) Affronter les troubles de la parole (aphasie)
10) Affronter les troubles du geste (apraxie)
11) Comment gérer la déambulation ?
12) Angoisse, irritabilité, illusions
13) Fabriquer un nouveau dictionnaire de la communication
Y.M.
mis à jour le 19/02/2007
Retour vers la liste des articles pour le dossier : Eviter la maltraitance
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Vos réactions
6 réactions affichées dans cet article
pat : Alzheîmer
Ces articles sont très bien et m'aide beaucoup à comprendre un peu mieux la maladie. Je suis aide à domicile et n'est pas encore été confrontée à des malades violents. Je gère bien pour le moment.
le 15/01/2012 à 18:01
Commentaire modéré par l'administration du site 16/01/2012 à 10:01
blazenko : Incontinence totale M.A.
A l'aide ! Ma femme "Syndrome de BENSON" Cécité totale + M.A. sur la durée = totalement dépendante (73 ans ??) ne maitrise plus rien, le plus démoralisant pour tout le monde "aidants/soignants" j'ai tout essayé, repérer les tranches horaires, etc.. Sujet tabou ? Comment gérer l'incontinence totale : urine et selles ? Je cherche désespérément??? A la pensée qu'une personne peut rester des heures dans son magma. C'est à pleurer. Une solution: Créer une couche "double" évitant la "dispersion" de la matière fécale. MM. les experts en tout ? trouvez une solution. Merci
le 14/09/2010 à 22:09
Commentaire modéré par l'administration du site 15/09/2010 à 09:09
Val : Attention à l'emploi de l'imparfait
Suite à une formation sur la prise en charge de la personne atteinte de démence, j'ai utilisé une méthode conseillée pour reconstruire le lien avec la réalité.Un jour, une résidente de 87ans, Alzheimer, me fait part de son inquiétude car elle est sans nouvelles de ses parents depuis 15 jours.Certaine de ma "réussite"à la réorienter, je lui dis:"vous aimiez vos parents?".Et là, la réponse me désarsonne:"oh non, ne me dites pas que vous allez m'annoncer une mauvaise nouvelle!".Ne m'attendant pas à cette réponse, je lui demande pourquoi elle me dit cela."Parce que vous venez de parler au passé çà veut dire qu'ils sont morts!". Dure retour à la réalité...
le 31/03/2010 à 18:03
Commentaire modéré par l'administration du site 31/03/2010 à 19:03
isa : affronter
Pourquoi utilisez-vous ce terme "affronter" qui diabolise le malade et parle de combat quand il faudrait comprendre pourquoi, accompagner et faire avec.
le 26/03/2010 à 23:03
Commentaire modéré par l'administration du site 29/03/2010 à 10:03
marifoi : il faur être joyeux malgré tout
pour ma part , je fais en sorte de présenter à ma mère un visage toujours joyeux , même si j'ai de gros soucis . si je souris ,elle sourit aussi et elle est heureuse . et aussi , je ne lui mens jamais , ce qui fait qu'elle a une totale confiance en moi et qu'elle accepte tout ce que je lui dis . du moins pour le moment ... bon courage aussi à tous et à toutes monique
le 22/09/2009 à 14:09
Commentaire modéré par l'administration du site 22/09/2009 à 17:09
alice : je le vis au quotidien
difficile de voir ma mére devenir aussi diminuée merci pour cet article il m 'aide un peu mais si je ne prends rien moi meme comme calmants je ne saurais plus l 'aider longtemps ; la voir réagir et devenir si dépendante me met en colére et il ne faut surtout pas
courage a tous alice
le 21/09/2009 à 02:09
Commentaire modéré par l'administration du site 21/09/2009 à 10:09