Le trapp syndrom (ou syndrome d'emprisonnement) est une forme de dépression
qui touche deux types de personnes :
Celles et ceux qui se retrouvent confrontés seuls à la dépendance d'un parent très âgé.
(Témoignage de Jean-Claude H., 65 ans.)
" Depuis 1993, ma mère passe sa vie entre le lit et le fauteuil. Elle a été victime de " deux AVC " (accident vasculaire cérébral) qui l'ont laissée handicapée. Elle a l'esprit vif et la réplique facile, mais elle est paralysée des jambes et ne peut plus se déplacer. Elle passe ses journées dans un fauteuil à roulettes. Elle souffre aussi de cataracte - les médecins hésitent à opérer -, entend seulement d'une oreille et l'une de ses cloisons nasales devrait être refaite pour faciliter la respiration.
Cela fait huit ans que ma mère ne sort plus de chez elle. Une coiffeuse et un pédicure passent régulièrement, un kiné torture quotidiennement son vieux corps noué afin qu'elle ne courbe trop le nez sur les genoux. Et une infirmière vient tous les jours faire sa toilette et la porter du lit au fauteuil le matin, et du fauteuil au lit le soir. Mais au moment des vacances, il y a du flottement, et parfois elles oublient de venir .
De mon côté, je ne m 'échappe de l'appartement que pour faire les courses. Je ne m'attarde guère à l'extérieur car ma mère est victime de fortes crises d'angoisse sitôt seule. Le médecin m' a pourtant recommandé de prendre l'air au moins deux heures par jour car l'absence d'exercice physique m'expose à un accident cardiaque. Mais pour ne pas angoisser ma mère, j 'ai renoncé à toute promenade. Je fais tous les jours le ménage à fond : c 'est mon seul exercice physique.
Mes seules distractions proviennent de la messe que j'anime de manière très irrégulière dans une paroisse du 18e arrondissement de Paris, et d'une autre à laquelle je participe non moins irrégulièrement, dans un centre pour handicapés de grande banlieue. Je paye quelqu'un pour tenir compagnie à ma mère et pouvoir m'échapper. Je m'éclate quand j'anime la messe. On ne demande pas à un artiste s'il en a marre de chanter. Moi c'est pareil, je suis heureux d'apporter cet entrain, je n'en ai jamais assez.
" Cette réclusion qui est la mienne m'a fait perdre 8 kilos mais grâce à un traitement médical, j'ai repris 3 kilos. Je n'ai quasiment aucun contact avec l'extérieur, si ce n'est la télévision. Il y a bien quelques cousins qui téléphonent de province pour prendre des nouvelles, mais qu'est-ce que vous voulez que je leur dise ? Je suis très découragé. "
Celles qui tentent de tout concilier (vie familiale et obligations filiales) mais se sentent coupables
de ne pouvoir répondre tout le temps à tout le monde de manière positive.
Si vous devez " gérer " vos parents et vos enfants en même temps, ne tentez pas d'épargner les plus petits. Ceux-ci comprennent beaucoup plus de choses qu 'on ne veut bien le croire. La mise en commun des problèmes est un excellent test de solidarité.
Entretenez un débat. Parlez, expliquez ce que vous ressentez sans chercher à masquer la situation. Quand une affection profonde unit tous les membres de la famille et quand le débat existe, rien n'interdit de faire une liste des responsabilités et de répartir les charges. Les plus jeunes assimilent plus de choses qu'on ne peut les en croire capables a priori.
Soyez honnête avec vos enfants. N'hésitez pas à expliquer qu'une situation nouvelle change leur vie et la vôtre ; dites quel sentiment de culpabilité vous ressentez à leur égard, pour le temps qui leur est ainsi volé. Encouragez-les à poser des questions et répondez-y franchement. Même la mort ne doit pas être un sujet tabou. Une relation franche avec les enfants est capitale dans la mesure où ils ressentent votre stress et peuvent développer des angoisses aussi intenses que saugrenues.
Si les petits veulent aider ne les rejetez pas. Confiez-leur une responsabilité, aussi minime soit-elle. Un enfant en bas âge peut porter une couverture à sa grand-mère ou veiller à ce que son oreiller ne tombe pas. Aider est aussi pour un jeune le moyen de ne pas se sentir exclu de sa propre famille.
L'attitude des adolescents est plus ambiguë. Leur angoisse face à une transformation du train-train familial peut se traduire par un refus de prendre en main la moindre tâche domestique, voire provoquer un (apparent) éloignement affectif. Leur intérêt pour les copains ou la musique ne doit pas être traité avec mépris ou violence. L'adolescence est une période de recherche intense d'identité qui passe souvent par la musique ou les amis. Insistez pour qu 'ils comprennent et partagent le problème familial, mais permettez-leur aussi d'avoir du temps pour eux-mêmes.
Agevillage
mis à jour le 11/04/2007
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4) Anticiper les divisions familiales
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