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Témoignage d'une aidante

Tu connais Christelle ? Et Doune, tu la connais ?


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Les parents donnent souvent un petit surnom à leur enfant
Moi c'est mon frère qui me l'a donné mon surnom
Doune, on m'a toujours appelée comme ça en famille, les amis
Christelle était utilisé quand il y avait bêtises, à l'école, puis plus tard dans la société.
Mais je ne pensais pas qu'un jour, mon prénom et mon surnom allaient faire de moi deux personnes différentes.
Puis l'invité m'a démontré que c'était possible.
Je savais qu'un jour, le moment de qui je suis, allait arriver
Mais au fond de moi, je priais pour qu'il arrive le plus tard possible, même jamais.
Mais il se montre par de petits signes, avec plus de force il devient de plus en plus présent.
Tu me cherche dans la maison, tu me trouve et me demande où est Christelle.
Cote à cote, tu me demande où est Christelle.
Je suis là, c'est moi, ma main tient ta main pour te rassurer,
Le temps où ton regard s'interroge sur la personne que je suis, là devant toi.
Puis ton regard se fait plus clair
L'image de ma personne t'apparaît-elle comme une mise au point d'un zoom?
Je ne sais pas ce qui se passe vraiment pendant ce temps de réflexion.
Si seulement je savais sur quel bouton appuyer, je le ferais tout de suite
Pour t'éviter ce regard si interrogateur, perdu, chercheur.
Puis ce moment revient souvent, chaque jour, il me touche à chaque fois
Moins que la première fois où il s'est présenté, car je me suis fais une raison.
Puis l'invité voyant que je m'habituais, il a décidé d'aller plus loin.
Je ne pensais pas qu'un jour cette discussion allait exister entre nous, mais elle c'est présentée.
On était toute les deux, comme d'habitude, après-midi activité, on discutait
Puis d'un coup, dans la conversation tu me demande si je connais Christelle.
Il doit être content, il m'a touché, je ne montre pas ma blessure pour ne pas perdre ton regard
Est ce que j'ai bien fais, où mal fais, je t'ai répondu que je la connaissais
Je ne voulais pas rentrer dans son jeu, gâcher ce moment qui se passait si bien
Je t'ai laissé continuer de me parler de Christelle, ensuite Doune est apparue dans la conversation.
Un enfant est fier quand il entend ses parents parler de lui.
Une drôle de sensation vous envahit quand votre parent vous parle de vous comme à une personne étrangère
Je la regardais avec un sourire, mais la tristesse m'a habité tout au fond de moi.
Il veut que tu te perdes entre Christelle et Doune, ça ne lui suffit pas que tu ne me reconnaisse pas de temps en temps.
Je t'ai pris la main et j'ai changé doucement de conversation, puis nous avons continué notre activité.
Je sais qu'il recommencera, de plus en plus, jusqu'à ce qu'il gagne.
Mais je vais faire mon possible, avec douceur, pour te dire que Christelle et Doune
Ne font qu'une seule personne, moi, ta fille
Même si je sais que c'est un combat que je vais perdre à un moment dans notre vie avec l'invité.
Un jour, à tes yeux, je ne saurais plus Christelle, ni Doune, ni ta fille, je saurais une personne étrangère.
Mais pour l'étrangère que je deviendrais, tu resteras ma petite maman.

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Vos réactions

Alice42

01/02/2019 23:02

Amie


Je connais la belle, magnifique personne que tu es Doune, la fille aimante et soignante. Je t'ai relue plusieurs fois ce soir, tant de lucidité, de souffrance que tu ne montres jamais, tant d'amour. Je n'arrive pas à exprimer davantage. MERCI.



Valérie

08/03/2015 09:03

Merci pour ce texte profond


Merci madame pour ce texte qui m'a émue en le lisant. Je vous souhaite beaucoup de force et de courage dans ce que vous avez entrepris. La maladie est la plus forte, mais vous avez raison de soulignez que maladie ou pas, notre parent reste notre parent et notre amour pour lui reste intact.




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