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"Dommage que je ne sois pas députée"

Réaction d'une aidante sur la mise en application du droit au répit et de la prise en charge en cas d'hospitalisation des aidants


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Je suis aidante, je ne suis pas députée ! Je suis bloquée chez moi pour aider mon conjoint, mais cela ne m’empêche pas de pouvoir suivre en direct sur mon ordinateur les débats que l’Assemblée Nationale retransmet sur son site !

Alors l’autre jour quand j’ai entendu une députée interpeller la ministre sur l’article 32bis de la loi d’adaptation de la société au vieillissement, en commençant comme ca : « Je ne puis imaginer un seul instant que le Gouvernement n’ait pas mesuré – lui ou l’ADF – l’impact réel du dispositif…» (1), je me suis dit que le gouvernement avait forcément aussi les chiffres sur la mise en place du répit, de l’hospitalisation de l’aidant, sur la révision des situations des personnes aidées, sur le nombre de visites que les équipes médico-sociales pourraient faire pour réviser les plans…

Alors si j’avais été députée présente à l’examen en seconde lecture de la loi sur le vieillissement, et quand l’article 36 aurait été abordé, j’aurais interpellé la ministre en lui disant :

« Je ne puis imaginer un seul instant que le Gouvernement n’ait pas mesuré – lui ou l’ADF – l’impact réel du dispositif du répit et de l'hospitalisation de l'aidant pour les départements. Ce dispositif sera mis en œuvre dès le 1er janvier 2016 : sitôt les décrets publiés, le droit au répit des aidants et la prise en charge par le département de l'aidé en cas d'hospitalisation de l'aidant s’appliqueront. Vous avez la DREES qui a contribué à votre analyse de l’impact, vous avez évalué le temps nécessaire aux départements pour réviser les situations des bénéficiaires actuels de l’APA. Vous avez dû forcément évaluer le nombre de familles qui reviendront demander à pouvoir bénéficier de l’APA avec les nouvelles règles qui vont diminuer le reste à charge.
Vous avez organisé de manière anticipée la conférence des financeurs, madame la secrétaire d’État, et les départements ont dû vous faire remonter des données comme le nombre d’équipes médico-sociales qu’ils pourront mettre sur le pont, le temps nécessaire pour former ces équipes à la nouvelle approche multi-dimensionnelle des besoins de la personne aidée et de son aidant, l’organisation qu’ils pensent mettre en place pour la révision prioritaire des personnes fortement dépendantes bénéficiaires de l’APA, et si le délai du 31 décembre 2016 leur semble possible pour réaliser ces révisions de toutes les personnes bénéficiaires de l’APA.

Pourriez-vous nous les communiquer ? Ces réponses, il me semble, intéressent les Français et les millions d’aidants en particulier qui sont au bord de l’épuisement physique ou mental. Ce droit à répit est une avancée considérable, tout le monde en convient, mais à condition que des centaines de milliers d’aidants puissent en bénéficier dès 2016 et se passent le mot, pas seulement  quelques milliers. »

Voilà ce que je lui aurais dit. Mais je suis aidante, je ne suis pas députée, et sans doute nous n’aurons jamais ces réponses de la part de la ministre.
 
(1) discussion de l’amendement 102 sur l’article 32 bis, intervention de Madame la députée Isabelle Le Callennec.
 


mis à jour le



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Vos réactions

Veronique

28/09/2015 19:09

On ne sait que plus tard qu'on peut pas faire tout tout seule


C'est plus tard, qu'on comprend qu'on peut pas tout faire tout seul. Plus tard seulement, quand c'est trop tard pour s'organiser. Entretemps, on a perdu sa vie sociale, sa famille, sa santé, son travail, sa fratrie.



Emilie

28/09/2015 12:09

à Elodi


J'ai écrit ce texte parce que je veux que les politiques, les ministres, les journaux arrêtent de dire que TOUS les aidants auront droit à un répit. Si ces gens là commençaient à dire que pour les aidants au bout du rouleau, ils font ce qu'ils peuvent, et que tout ce qu'ils peuvent (financièrement), c'est aider 10 000 aidants au bout du rouleau, ou 50 000, ou 150 000 chaque année, et bien rien que ca, ce serait un progrès. Je te dis aussi bon courage. Bises aussi très fortes :)



Emilie

28/09/2015 11:09

A mimi


Mimi, tu n'as pas "craqué", tu as fait le plus longtemps possible et du mieux que tu pouvais ce que tu as fait.
On le sait tous, nous aidants, qu'on peut pas tout faire tout seul, et qu'on a pas les aides et soutiens nécessaires pour tenir.
Tu ne sais pas comment tout ca va se terminer, nous sommes des millions d'aidants comme toi.
Mais il y a une chose que tu sais au fond de toi, c'est que tu as fait de ton mieux, et pour ca, tu peux te taper sur l'épaule et te dire bravo.
Bises, parce que ca, personne ne peut nous empêcher d'en recevoir et d'en donner :)



Therese

28/09/2015 08:09

Crier parce qu'il faut crier


Bonjour mimi, bonjour Elodi, je découvre ce que que vous avez dit toutes les deux. Ce que vous dites, c'est la réalité du quotidien de millions d'aidants. Sauf que parmi les non-aidants, personne n'a envie de connaitre la réalité de millions d'aidants parce qu'on n'a pas les solutions. Ce que je comprends pas, c'est à croire que les associations d'aidants ne sont pas composées d'aidants, c'est à croire que parmi nos députés ou sénateurs, aucun n'est aidant. C'est impossible! Donc j'en déduis que ceux qui savent préfèrent pas parler haut et fort?
Crier! On est des centaines de milliers (aidants) à se soutenir moralement grâce aux réseaux sociaux, que ce soient les groupes de paroles, les forums, les groupes facebook. Un jour, je pense qu'à côté des liens avec les clic et les clac et les associations, on indiquera aux aidants les liens où les aidants pourront se retrouver avec d'autres aidants, en continu, et retrouver un peu support parce que les autres aidants, eux au moins comprennent ce qu'on dit.
Je vous embrasse fort, mimi, Elodi.
Thérèse



mimi

23/09/2015 20:09

Si j'étais député


Courage Elodi
Je sais ce que c'est de donner donner encore et encore, tous les appels sont vains. Seuls (es) savent ceux qui donnent et qui ont donné jusqu'à épuisement et effondrement.
Je vous souhaite bon courage, et comme moi n'attendez rien de personne, même pas un miracle surtout des politiques hélas ! Le malheur et la misère ils n'en ont que faire, ils sont loin des réalités et de la souffrance ça se verrait! ça se saurait
Cordialement
mimi




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