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Aidants et Alzheimer : pistes pour limiter les tensions en temps de confinement

Eclairage de C. Ollivet (France Alzheimer 93) et C. Bergeret-Amselek (psychanalyste)


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Face à sa propre inquiétude et celle de son proche, aux solutions de répit brusquement inaccessibles du fait du confinement, comment peuvent réagir les aidants de personnes souffrant d’une maladie neuro-évolutive (Alzheimer ou apparentée) ?

Alors que le confinement vient d’être prolongé jusqu’au 15 avril, le quotidien de nombreux aidants se complique.

« Tous les accueils de jour qui apportaient aux malades stimulations et repères, et offraient un ou deux jours par semaine de répit aux proches, sont fermés depuis quinze jours. Les malades, confinés à domicile ne peuvent en aucune façon comprendre, intégrer et encore moins supporter le brutal changement de leurs rituels », témoigne Catherine Ollivet (France Alzheimer 93).

« Cette situation de confinement fait ressortir des angoisses archaïques extrêmement profondes », ajoute la psychanalyste Catherine Bergeret-Amselek. Pour l’aidant comme pour l’aidé.

Pour éviter au maximum les tensions liées au huis-clos, il est essentiel de créer l’ambiance la plus apaisée possible :
  • En parlant doucement, en ayant des paroles rassurantes ;
  • En essayant de rester calme, de garder son sang-froid ;
  • En essayant de conserver un emploi du temps structuré « face au grand vide que l’on a devant soi » ;
  • En réalisant des activités manuelles, concrètes : confectionner des gâteaux, coudre… pour se sentir relié à son corps ;
  • Mais aussi sensorielles, en privilégiant les sensations apaisantes, qui font plaisir : sentir une odeur aimée, lire un texte ou une poésie ;
  • Téléphoner à des proches, inquiets eux aussi de votre bien-être et de votre santé.
« Les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou apparentés sont très sensibles à l’atmosphère qui règne autour d’elle », souligne Catherine Bergeret-Amselek. Le risque d’agitation, de troubles du comportement est accru face à un aidant angoissé.

« Par ailleurs, le mot « guerre », si elles l’entendent, va faire écho à des souvenirs difficiles : il faut les abriter, les protéger au maximum de ces discours, éviter d’allumer la radio ou la télévision », conseille la psychanalyste.

Si la situation devient trop difficile à vivre, n’hésitez pas à demander du soutien : en appelant les plateformes de répit (si elles sont ouvertes), les services d’aide à domicile pour un relais de quelques heures, les structures qui proposent du baluchonnage, s’il en existe près de chez vous, ou une association qui pourra sûrement vous donner des pistes (France Alzheimer, Bistrots mémoire…).

Il existe aussi des services de soutien psychologique, en ligne ou par téléphone, ainsi que des numéros d’écoute dédiés aux aidants (voir ci-dessous) : n’hésitez pas à y faire appel.

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