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Covid-19 : les effets du confinement se font sentir

De l'importance de la santé affective jusqu'à la toute fin de vie


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L'avis du Conseil national consultatif d'éthique du 30 mars, l'étude de l'observatoire de l'Espace Ethique Ile-de-France,et aujourd'hui le communiqué de la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG) ou du Cercle Vulnérabilités et société sur la fin de vie ... Les avis convergent à partir des remontées du terrain sur les conséquences délétères d'un confinement sans nuance, au long court.Et ce au lendemain de l'annonce du Président de la République d'un prolongement strict jusqu'au 11 mai et même encore après pour les plus âgés particulièrement à risque... jusque la fin de l'année selon la Commissaire européenne (qui n'a aucun pouvoir de décision en la matière).Des dilemnes éthiques qui requièrent une mobilisation politique, démocratique, estime le Pr. Emmanuel Hirsch, ce matin sur BFM/RMC face à Jean-Jacques Bourdin.


Eviter d’aggraver les états de santé, conséquences des effets directs du confinement

La SFGG insiste sur l’impact psychologique lié au confinement, les conséquences de syndromes d’immobilisation et la non-continuité de leurs soins au risque d'une dégradation rapide et inquiétante des fonctions cognitives, motrices et sensorielles mais plus encore au risque d’un décès précipité par la décompensation des maladies chroniques (insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale…), ou encore d’un défaut d’optimisation du suivi et traitement de certaines pathologies (cancers, troubles neuro-cognitifs, dépression…).

Les premières conséquences du confinement sont observées sur le terrain : anorexie et amaigrissement, déclin cognitif accéléré, majoration de troubles du comportement, tristesse… Il faut à tout prix limiter les effets négatifs du confinement chez les résidents en Ehpad (NDLR: et aux domiciles).

Les pistes de la SFGG :

1. Déployer tests diagnostics et ajustements
2. Mobilisation des renforts et de l’ensemble des professions de santé libérales, médecins généralistes, médecins spécialistes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, podologues, psychologues, psychomotriciens, orthophonistes, animateurs d’activités physiques adaptées…
2. Mobilisation des ressources HAD, SAU, unités de soins de médecine ou de SSR, équipes mobiles gériatriques ou de soins palliatifs… associés aux procédures d’aide à la décision collégiale...

Des décisions pluralistes qui mobilisent tous les citoyens, toutes les ressources (les artistes, la culture), qui mobilise notre démocratie, nos valeurs éthiques et pratiques, pour sortir ensemble du confinement, insiste le Pr. Emmanuel Hirsch.

Règles de confinement et la fin de vie, la mort


L'épidémie du Covid-19 a des impacts tragiques sur le terrain, jusque des plaintes contre l'insuffisance d'informations, de mobilisations. La très grande majorité des professionnels s'ajuste, s'adapte entre les recommandations qui deviennent des injonctions et les moyens disponibles (cf. la lettre des labellisés Humanitude à Olivier Véran pour traduire dans des dispositifs juridiques l'autorisation et la protection des stratégies adaptatives recommandées par le CCNE).

Le Cercle Vulnérabilités et société (CVS) partage aujourd'hui ses recommandations pour trouver des points d'équilibre et tenir dans la durée en sauvergardant la santé psychique de toutes les parties prenantes, en Ehpad notamment : résidents, proches, et tous les personnels, tous les "héros" de cette crise inédite.

Pour les résidents, le CVS invite à mobiliser les ressources de santé physique, psychique, émotionnelles. Il demande l'organisation de la présence des proches pour la toute fin de vie et à défaut l'organisation de messages (NDLR: de veillées à distance, avec les outils numériques).

Il insiste sur l'attention particulière à accorder au moment du décès, sur le traitement du coprs, sur des rituels à ajuster (NDLR: L'intervention de la psychologue Kristina Herlant-Hémar sur l'annonce de la mort en Ehpad lors de notre colloque annuel Agevillage/Humanitude sur les approches non-médicamenteuses).

Des protocoles d'information, de relations avec les proches sont fortement recommandés selon le Cercle, avec des moyens de communiquer directement avec leur parent, leur amis, avec un soutien psychologique si possible.

Pour les professionnels, le Cercle détaille des pistes pour prévenir l'épuisement et la démotivation par des ressources psy y compris en ligne (voir notre article), se rapprocher des bonnes pratiques en soins palliatifs (Mooc), sur la "préparation psychique à faire face à la brutalité des consignes dérogatoires, notamment l’interdiction des toilettes mortuaire et la mise en bière immédiate (décès Covid-19)".

Pour retrouver les recommandations du Cercle Vulnérabilités et Société - 15 avril 2020 - Covid-19 et fin de vie en EHPAD : agir dans l’urgence.


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