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Restes à charge en hausse pour pensions de retraite en baisse

Le casse tête du financement de l'aide à l'autonomie


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Alors que la création du fameux « cinquième risque » est dans les tuyaux, qu’un projet de loi Grand âge-autonomie doit être présenté dans les semaines qui viennent, que la crise sanitaire a mis un nouveau coup de projecteur sur les difficultés rencontrées par les personnes âgées en perte d’autonomie et leurs aidants, une question essentielle n’a toujours pas de réponse : comment financer l’aide à l’autonomie ?


C’est, en moyenne, à un peu plus de 80 ans que les bénéficiaires commencent à percevoir l’Apa, l’allocation personnalisée d’autonomie.

Pour rappel, cette aide vise soit à couvrir une partie du coût d’un Ehpad (elle est alors perçue en direct par l’établissement), soit à financer des aides (humaines ou non) pour permettre à une personne en perte d’autonomie de rester vivre chez elle (voir notre dossier).

Dans de nombreux cas, elle ne couvre pas entièrement les besoins d’aide. Ainsi, une personne qui a besoin d’un accompagnement quotidien, renforcé pourra au maximum toucher 1742,34 euros par mois.

Avec un tarif de référence départemental moyen de 19,33 euros de l'heure (qui, soit dit en passant, ne couvre pas le coût du travail), l’allocation peut donc financer 90 heures d’accompagnement par mois au maximum.

Quant aux Ehpad, ils affichent un tarif mensuel moyen de 1977 euros. Une somme conséquente, qui induit un reste à charge élevé pour les résidents et leurs familles.


En effet, ce sont souvent les enfants qui financent au moins en partie le coût de l’Ehpad. Des enfants la plupart du temps retraités lorsque leur parent entre dans l’un de ces établissements, à 85 ans en moyenne.

Or selon les derniers chiffres publiés par le ministère des Solidarités et de la Santé, la pension moyenne de retraite baisse (en euros constants), pour s’établir à 1504 euros bruts mensuels, tous régimes confondus, fin 2017.

Comment, alors, financer l’aide à l’autonomie ? Pour une majorité de Français, cette responsabilité relève de l’Etat. Selon les professionnels du secteur du grand âge, il faudrait débourser 10 à 12 milliards supplémentaires par an.

D’autres acteurs proposent des solutions alternatives, comme la création d’une assurance complémentaire dépendance, l’encouragement à souscrire une assurance privée facultative tout au long de la vie ou la mise en place d’un partenariat public-privé », régulé par la puissance publique.

Le projet de cinquième risque entend quant à lui affecter 0,15 point de CSG, soit 2,3 milliards d’euros supplémentaires, au financement de « la prise en charge de la dépendance » à compter de 2024. Insuffisant, ont réagi les professionnels.

Reste à voir si d’autres modalités de financement sont envisagées dans le projet de loi Grand âge.


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