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Nutrition : compenser les carences liées au confinement

Les conseils d'Aline Victor, diététicienne, pour les aidants


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Ce printemps, la situation sanitaire exceptionnelle et le confinement ont eu un impact non négligeable sur l’alimentation des Français. Certains se sont réfugiés dans une nourriture plaisir (souvent grasse et sucrée), d’autres ont augmenté leur consommation d’alcool, d’autres, encore, ont mangé moins. Une alimentation insuffisante particulièrement délétère pour les personnes fragilisées. Aujourd’hui, comment compenser ces mois de malnutrition ? Conseils d’Aline Victor, diététicienne chez Nutrisens.


Parce qu’il était plus difficile de faire ses courses, parce que les aidants pouvaient plus difficilement se déplacer, parce que l’anxiété coupe l’appétit, de nombreuses personnes âgées se sont mises à moins manger depuis le mois de mars.

Avec un risque de dénutrition, de perte de masse musculaire qui peut entraîner une vraie perte d’autonomie chez les seniors fragiles, souligne Aline Victor, en augmentant notamment le risque de chute.

Pour aider un proche à reprendre de bonnes habitudes alimentaires et à compenser si nécessaire une perte de masse musculaire, elle conseille tout d’abord d’être vigilant.

« On parle de dénutrition dès lors qu’une personne perd 5 % de son poids en un mois ou 10 % en six mois », rappelle la diététicienne. « Il est donc essentiel que votre proche âgé se pèse au moins une fois par mois, ou mieux, tous les quinze jours. »

Car la perte de poids ne se voit pas forcément. « Il faut être particulièrement vigilant si cette perte est assortie d’une perte d’appétit », ajoute-t-elle.

Lutter contre la perte de masse musculaire


Pour augmenter les apports en protéine, plusieurs pistes :
  • Cuisiner à l’avance des plats équilibrés, les portionner et les congeler. « Les plats à base de viande sont parfois trop longs à préparer, ce qui peut décourager. Par ailleurs, économiquement, le cout d’une portion de viande pour une personne peut être trop élevé. »
  • Penser aux produits plus accessibles, tant en termes de prix que de modes de consommation, comme les conserves de thon ou de maquereaux, ou encore les plats surgelés.
  • Ne pas négliger non plus les protéines présentes dans les produits laitiers.
  • Et pour les personnes qui repoussent toute source de protéine animale, il est possible de se procurer des poudres de protéine, adaptées aux plus âgés, en pharmacie ou dans des boutiques en ligne spécialisées.
« Dans tous les cas, il sera intéressant d’en parler au médecin ou de prévoir un bilan nutritionnel avec une diététicienne », recommande Aline Victor. Des consultations de diététique qui peuvent être remboursées par les mutuelles.

Après une hospitalisation


Dans le cas particulier de personnes qui auraient été hospitalisées pour cause de covid-19, et notamment si elles ont été intubées, la diététicienne préconise d’enrichir au maximum les repas en protéines, éventuellement avec des compléments nutritionnels oraux (crèmes hyperprotéinées, etc.), et toujours en suivant l’avis d’un professionnel.

« Par ailleurs, qui dit intubation dit extubation, qui peut provoquer des lésions, des séquelles au niveau de la trachée. Il faudra dans ce cas opter, temporairement, pour des textures modifiées (aliments mixés, moulinés, soupes…). »

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