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Edito : Old lives matter

Les vieux comptent autant, ni plus, ni moins que les autres générations


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La journée internationale des personnes âgées, le 1er octobre, est l'occasion de partager cette année un focus sur l'âgisme, cette discrimination liée à l'âge, qui est installée, insidieusement, dans toutes les têtes. La vieillesse n'a pas bonne presse. Le vieux c'est l'autre, pas soi. Il bascule très vite dans le clan des "incapables".

Une campagne internationale "Old Lives Matter" va se déployer à partir de ce 1er octobre. Elle est portée par la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG) avec 42 autres organisations de 25 pays différents, pour lutter contre le racisme anti-âge (en écho à la campagne "Black Lives Matter" face aux violences policières contre les noirs américains).

Nous relayons cette appel et les pistes de solutions face à cette discrimination qui s'est exacerbée par la crise sanitaire (covid-19) avec ces recommandations à confiner, avec ces services d'urgences débordés, avec ces services d'aide attendus faute de soutiens, de professionnels, de financements (des dizaines de milliers de postes sont vacants tant dans les services d'aide à domicile que dans les établissements d'accueil).

"Old Lives Matter" martèle que quel que soit son âge, tout citoyen est une personne, chaque personne est un citoyen.

Avec l'avancée en âge, 80 % des citoyens de plus de 80 ans vivent plutôt bien avec leur pluri-mini-handicaps. 20 % ont besoin d'une aide de plus en plus conséquente.

A nous de militer pour continuer à prendre soin de la santé, de notre santé malgré le contexte sanitaire.

A nous d'aménager nos habitats, nos domiciles, pour y vieillir debout, le plus longtemps possible, malgré tout.

A nous d'inventer la représentation de la vie des aidants de ces personnes fragilisées : voir cette semaine ce concours de dessins autour de l'aidance.

A nous de faire évoluer les solutions d'aide : des produits d'incontinence aux Ehpad, ces établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes qui ne sont pas rassurants s'ils restent enfermés dans un huis clos.

Si les générations qui vivent aujourd'hui ce grand âge ont pu être surprises de cette longévité, ce n'est pas le cas des babyboomers, informés, concernés. Laure Adler demande ainsi dans son livre La voyageuse de nuit une forme de neutralité à l'égard des citoyens plus âgés : pas de condescendance, pas d'infantilisation, pas d'hyperprotection mais sans abandons non plus, sans déni des attentes et des besoins. En résumé : des droits et des devoirs, comme tout citoyen.

Et je rajouterai : des droits ajustés aux réalités inédites démographiquement de cette révolution de la longévité avec une vraie loi Grand Age/Autonomie tant attendue.

Une loi qui renforce l'adaptation de notre société à son vieillissement. A nous de penser la vieillesse, notre vieillesse, d'inventer l'art de vivre ce grand âge, d'adapter nos modes de réponses, nos modes de financement, nos collectivités locales vers le label "Villes amies des aînés", nos services, nos Ehpad vers des labels bientraitants, rassurants, et motivants pour les professionnels.

Au risque, si nous ne le faisons pas, de discriminer encore les citoyens les plus âgés aujourd'hui. De désespérer les générations à venir. Nous demain...

Jusqu'à devoir défiler dans les rues au son de "Old Lives Matter" face au racisme ordinaire lié à l'âge ?


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