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Edito - Ehpad : arrêtons de tirer sur l'ambulance

Transformons-les !


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Le magazine Pièce à conviction, sur France 3, ce 18 novembre, est revenu sur la crise sanitaire dans les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Les témoignages accablants et les experts ont souligné que la crise avait révélé les retards français.

Retards en termes de taux d'encadrement de professionnels formés, retards en matériels, équipements de protection, retards en termes de solutions territoriales professionnelles financées pour prendre soin de situations de plus en plus complexes.

Les images de situations de maltraitance, de manque de moyens, de soins à la chaîne ou au contraire d'acharnements voire de piqûres... renforcent encore les peurs alors que les équipes se battent au quotidien pour faire face au mieux

Les établissements privés à but lucratif sont une cible privilégiée des médias alors que 50 % des 7700 Ehpad sont de statut public, au point que le leader Korian a souhaité porter plainte pour diffamation. Ils sont nombreux à proposer des tarifs attractifs et des réductions conséquentes.

Ces images sont incompréhensibles et révoltantes. Elles renforcent les convictions des Français sur ces établissements qui accueillent et accompagnent les situations qui font le plus peur, à savoir la grande fragilité, la désorientation, la fin de vie.

Au lendemain du premier confinement (et ses impacts sur les situations de maltraitance, sur les risques de dénutrition), les personnes fragilisées et leur proches aidants ont pourtant mesuré l'intérêt de solutions d'accueil, de jour, de nuit, temporaires voire au long court. Ces invisibles, mis en lumière dans un beau documentaire, ont de plus en plus conscience de l'importance du réseau d'aides autour d'eux, autour de leurs proches : impossible de prendre soin de situations si complexes sans recourir à des professionnels formés, compétents, soutenus, qui se relaient 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Alors arrêtons de tirer tous azimuts sur l'ambulance et transformons-la puisqu'elle ne nous plaît pas.

A court terme : ces structures ont besoin du soutien, de l'entraide, de la reconnaissance des citoyens pour les personnes qui y vivent, leurs proches et les professionnels qui montent au front chaque jour, malgré tout. Sachons nous opposer à l'inacceptatble et venir en aides dans l'urgence. A force de tirer sur l'ambulance, nous risquons de faire fuir tous ces professionnels indispensables.

Et demain : refusons le fatalisme, faisons évoluer ces établissements.

Inventons un parcours résidentiel avec des domiciles accessibles, abordables, respectés. Négocions leur médicalisation au regard des pathologies que nous pourrions développer : elles ne doivent jamais empiéter sur nos droits, notre citoyenneté. Elle doit respecter et même favoriser la qualité de vie au travail des professionnels. Voir cette semaine les réponses des résidences-autonomie, des résidences services seniors, pendant la crise.

Et quand les pathologies s'aggravent, quand la désorientation demande une présence experte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 : exigeons des solutions financées, professionnelles  avec un niveau de qualité dont nous seront fiers.

Voir l'expérience du 1er label de bientraitance, le label Humanitude inventé par les personnels des Ehpad eux-mêmes et présenté la semaine dernière dans une conférence sur les Ehpad de demain (1 heure 22 min).  Il exige zéro soins de forces sans abandon de soin, le respect de l'intimité, de la singularité, le fait d'aider à vivre et mourir debout, l'ouverture du l'extérieur dans des lieux de vie-lieux d'envies. C'est difficile mais c'est possible, rassurant et motivant. L'Ehpad public le Séquoïa à Illzach (68) vient de renouveler son label malgré la crise sanitaire.

Pour vieillir debout, jusqu'au bout, malgré tout, nous aurons besoin de ces expertises, de ces plateformes de services pour intervenir partout auprès de tous les parcours de vie qui sont tous singuliers. Cela demandera de nouveaux efforts financiers (loi Grand âge promise pour le 1er trimestre 2021, un vrai 5eme risque) en lien avec une vision plus positive du vieillissement, fondée sur les attentes, les besoins mais aussi les envies, les projets de ces seniors qui crèvent de plus en plus l'écran et vont je l'espère, bousculer les modèles et exiger une qualité de prestations au regard des tarifs demandés.

Inventons des solutions de prévention santé partout, dans tous les domiciles : voir cette semaine les journées de la macula, et les pistes pour préparer Noël malgré tout avec une sélection de cadeaux de la rédaction d'Agevillage.

Impossible de vieillir sereinement si l'on ne se sent pas soutenu, entouré de ces professionnels merveilleux, présents, attentionnés, à la gentillesse professionnelle... comme en témoigne M. Schustermann, habitant d'un Ehpad, à la toute fin de la conférence en ligne de l'Ecuje et la Fondation Casip-Cojasor (à 1 heure 49 minutes) : mourir entouré d'un sourire doux : c'est merveilleux !

Plutôt que de tirer sur l'ambulance : inventons les solutions, les "Ehpad du futur".

Senior Power : vivant, debout jusqu'au bout !


mis à jour le



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Vos réactions

FOFO75

23/11/2020 17:11

PARTICULIER ET MEMBRE DU CDCA 75


je suis d' accord qu' il ne faut pas profiter de la situation sanitaire pour "tirer sur l' ambulance", mais quand même et j' en ait été témoin pour mes deux parent qui ont été résidents d'un EPHAD privé et ensuite d' un EPHAD de la DASES. Par manque de personnel (0.75 pour1) les toilettes étaient bâclés et non réalisés chaque jour, lors de certaines visites je constatais que mon parent n' avait pas été changé, que la nourriture était souvent inadapté au régime alimentaire de cette génération ( 4.50€ par jour pour un petit déjeuner, un repas, un gouter et un diner). Enfin le comportement de certains personnel n 'était pas loin de la maltraitance, il était difficile de faire fonctionner un cvs avec une Direction peu ouverte aux critiques objectives et une mobilisation des parents de résident qui était très faible, c' est aussi cela la vrai vie dans certains ephads . Alors que doit on faire alors que le cout moyen sur paris est de plus de 100.00€ par jour pour l' hotellerie, la restauration, les soins et l' hébergement, puis les Ephads pour 100 résidents, est-ce bien raisonnable, c' est aussi de cela qu' il faut discuter et remettre en cause. Enfin avec le COVID, les personnels ont été bienveillant mais sans protection pour le premier confinement, la priorité étant donné a l' hopital, c' est bien de se scandale là dont il faut parler. Enfin le numérique ne remplacera jamais la présence humaine et puis de toute façon les aides soignantes ont t ' elles du temps a passé avec les résidents pour les aider a utiliser les moyens de communication numériques, et y ont -elle été formées ?




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