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3977 : durant le confinement, les maltraitances se sont métamorphosées

La fédération 3977 dresse un premier bilan


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Les chiffres sont formels : durant le confinement, les violences conjugales et les violences faites aux enfants chez eux ont explosé. Qu’en est-il des situations de maltraitance sur des personnes âgées ? La fédération 3977 dresse un premier bilan de la situation.

Entre la semaine du 9 mars et la semaine du 20 avril, le nombre d’appel au 3919, le service d’écoute des victimes de violences conjugales a bondi de près de 400 % (de 2145 à 8213 appels).

Dès le 18 mars, Adrien Taquet, secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, alertait sur les risques de maltraitance des enfants qui pouvaient survenir durant le confinement.

La fermeture des accueils de jour, l’huis-clos induit par le confinement, l’épuisement accru des aidants auraient pu laisser craindre une flambée des appels au 3977.

Mais selon les derniers chiffres communiqués par la plateforme, qui datent du mois de juin, il n’en est rien.

Sur mars et avril, le 3977 a même reçu un peu moins d’appels que l’année précédente (124 de moins soit - 2 %).

« Il est possible qu’une petite partie des appels n’aient pu aboutir pendant cette période de confinement, du fait que les appelants pouvaient ne plus être disponibles lors du rappel, ou encore être réticents à un appel d’origine non identifiée », nuance toutefois la fédération.

En revanche, les formes de maltraitance ont évolué, avec une explosion des maltraitances psychologiques, qui avaient tendance à se tasser : + 76 % ;  mais également une hausse des maltraitances physiques de 27 %,  « alors que celles-ci avaient déjà connu une forte progression en 2018-2019 (+ 49 soit + 77%) », commente le 3977.

Les lieux de survenue des maltraitances ont également changé. Sur la période du confinement, la plateforme enregistre d’une part une très forte augmentation des alertes pour des situations de maltraitances à domicile (+ 119 soit + 33% en 2019-2020), et en parallèle une chute des appels pour situations de maltraitances en établissement de l’ordre de - 23%.

Une baisse qui peut s’expliquer en partie par la suspension des visites en Ehpad, les proches et les intervenants extérieurs étant plus susceptibles de donner l’alerte. De même, moins de dossiers pour maltraitance « organisationnelles » (négligence, etc.) ont été ouverts sur la période.

« La compréhension des mécanismes en œuvre dans les situations de maltraitance constatées pendant cette période devrait être approfondie, notamment par une analyse de l’évolution des situations rapportées à partir de la mise en place du déconfinement », indique le 3977, qui va également se pencher sur les conséquences du reconfinement.

En attendant, les personnes victimes ou témoins de maltraitance sont invitées à appeler le 3977, les personnes âgées n’étant visiblement pas incluses dans le dispositif signalement des violences intrafamiliales auprès des pharmaciens…

Pour aller plus loin
Signaler un acte de maltraitance envers une personne âgée


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