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3 questions à Christian Boissel

Le prix du mépris


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Vous avez pris à parti le secrétaire d’Etat aux personnes âgées peu après son discours à Géront’Expo-Handicap’Expo mardi 25 mars, estimant que ses propos avaient surtout témoigné d'un certain mépris pour laprofession. Christian Boissel, qui êtes vous ?

Parcours

Cadre infirmier, j’ai travaillé dans un des premiers services de soins à domicile en 1981, dans le 19ième arrondissement de Paris. Là, j’ai acquis et mis en oeuvre une culture de l’évaluation. J’ai enrichi cette expérience avec un DESS de psychologie, puis un CAFDES (Certificat d’aptitude aux Fonctions de Directeur) à l’ENSP (Ecole Nationale de la Santé Publique) pour les aspects gestion, établissement....Cette période a été traversée par notre volonté de mettre en place les acteurs (professionnels du domicile, de l’établissement, des familles, des bénévoles,...) et en oeuvre leur coordination avec des structures comme : l’URA ( Union retraite action)et le GAG19 (Groupe d’aide à la Gestion).Nous avons aussi en 1988 étendu la politique de maintien à domicile par l’expérimentation des premiers « appartements relais », de la fondation Maison des Champs Saint François d’Assise.J’ai été recruté à la résidence du Boisquillon à Soisy sous Montmorency (95), gérée par l’AREPA qui était un foyer logement en difficulté, et qui devait à l'époque selon les consultants se transformer en MAPAD. J’ai retravaillé le projet d’établissement pour maintenir des appartements avec les services en option, que l’on rencontre au sein des foyer logements, et augmenter l’offre de soins et d’accompagnement spécifiques ( soins...) permettant au résident de vivre sa vie jusqu’au bout, au sein de la résidence.Dès mon arrivée j’ai rencontré mes collègues, voisins et nous avons constitué un réseau gérontologique sur le Val d'Oise.Par ailleurs, mon passage à Paris reste ancré en moi puisque je suis secrétaire général de la FASSAD (Fédération des Associations de services et de soins à Domicile).Je travaille naturellement au rapprochement des champs domiciles/établissements.

Pourquoi vous êtes-vous exprimé lors de l‘inauguration de Géront’Expo-Handicap Expo ?

Les propos d’Hubert Falco n’étaient pas si inattendus que cela. Mais les acteurs de la mobilisation du 18 mars dernier s’étaient accordés pour que le discours du ministre ne soit pas applaudi, si celui –ci arrivait les mains vides. Les adhérents de l’Unassad avaient déjà agi ainsi face à Elisabeth Guigou, alors ministre de la santé, au congrès de l’UNASSAd de 2001.C’est l’apathie, l’atonie, l’inertie, l'attitude fataliste de nos représentants qui m’a fait bondir ! et j’ai lancé « 183 millions d’euros, c’est le coût de la démarche qualité en établissement, 0 euro, c’est le prix du mépris »... Tous nos représentant syndicats, fédération... étaient représentés, aucun n’a manifesté sa désapprobation. Je pense qu’à trop fréquenter les couloirs du pouvoirs, on finit par se confondre avec le pouvoir lui-même.

Et demain ? La mobilisation continue ?

Plus que jamais, une agitation soutenue.Pour le 18 mars dernier, les professionnels sur le Val d'Oise se sont vraiment mobilisés. Nous continuons nos sollicitations envers les officiels et avons d'emblée mis en place une plate forme élargie :

  • tous les établissements
  • le CODERPA : Comité départemental des retraités et personnes âgées
  • les réseaux gérontologiques
  • les associations de malades
  • les familles
  • mais aussi le secteur de l’handicap.
  • Car par dessous-tout, j’aimerai que passe enfin dans l’opinion publique qu’il s’agit de tordre le cou à la « personne âgée dépendante » pour laisser place à la personne en situation de handicap quel que soit son âge.Il nous faut un évènement national, en mai, avant l’analyse de la loi en juin 2003, autour du thème simple de la maltraitance, en prenant le pouvoir au mot : travaillons sur la maltraitance et dénonçons le premier maltraitant des vieux : le gouvernement, en un mot l’Etat.Notre devoir en tant que directeur d’établissement et de services est de pourchasser sans relâche la maltraitance. Celle de l’Etat. Il nous faut investir ce Comité de lutte et de vigilance contre la maltraitance créé par le secrétariat d’Etat aux personnes âgées.



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