Agevillage

Les associations de familles pointent les dysfonctionnements en établissement pour personnes âgées


Partager :

Alors que le financement de la perte d’autonomie  fait enfin débat, la FNAPAEF (Fédération nationale des associations de personnes âgées et de leurs familles) tient à informer le grand public sur les dysfonctionnements qu’elle a pu recenser tant à domicile qu'en établissements.
Ces listes ont été transmises dès décembre à Roselyne BACHELOT, ministre des solidarités et de la cohésion sociale.
La FNAPAEF indique n’avoir à ce jour reçu aucune réponse.

Les 28 dysfonctionnements en établissements relevés par la FNAPAEF.
1) Manque d’attention aux besoins les plus courants : la boisson, les lunettes, le téléphone à portée de main, l’ouverture du pot de yaourt. Des ongles coupés et entretenus, dents ou appareils dentaires lavés, appareils auditifs mis en place, toilette correctement faite,
2) Horaires de lever, de coucher, des repas sans tenir compte des personnes âgées mais uniquement du personnel en place.
3) Aucune aide à la marche, placement systématique dans un fauteuil roulant pour gagner du temps. Même chose pour l’incontinence : mise de protection plutôt que de venir aider à aller aux toilettes et changes limités pour des questions de budget ou de personnel. Parfois rupture de stock… Hygiène insuffisante au moment du change.
4) Le projet de vie personnalisé, un des points important de la loi 2002-2 n’est pas mis en place ou n’a pas de suivi.
5) Distribution des médicaments sans contrôle de leurs prises, avec parfois une inversion des prescriptions entre les résidents, ou encore sans respecter la prescription. Médicaments distribués par du personnel non autorisé. Manque de médicaments… La mise en place de la dotation globale  va générer des risques de réduction des soins dès la fin du troisième trimestre.
6) Surveillance insuffisante des selles. Fécalomes.
7) Aucune « traçabilité » sur les transmissions obligatoires. - Aucun organigramme à disposition des Familles.
8) Pas de personne référente dans l’établissement pour recueillir nos doléances.
9) Pas de réponses rapides aux appels : système d’appel défectueux (piles…), personnel occupé ailleurs ou en pause.
10)  Aucun protocole pour les pertes d’objets (dentiers, lunettes, linge …), personne n’est responsable…A quoi sert l’assurance de l’établissement ?
11)  Accidents lors du transfert de la personne du fauteuil au lit : personne seule pour faire l’opération ou non formée à l’utilisation d’un lève malade.
12)  Mauvais entretien des fauteuils roulants, sales, rongés par l'urine et la transpiration.
13)  Petits détails pratiques qui pour les résidents ont leur importance : Siège WC non adapté au handicap. Difficultés pour atteindre le papier toilette. Mobilier avec des angles durs qui blessent en cas de chute.
14)  Pas d’aide aux repas ou dans de mauvaises conditions : gavage sans échange de paroles. Dénutrition par manque de surveillance du repas consommé.
15)  Mixé pas appétissant : purée à répétition, mélangée ou non à la viande ou au poisson, alors qu’au contraire certains établissements présentent des mixés savoureux.
16)   Animation infantilisante. La maison de retraite n’est pas une simple garderie, une sorte de rebut. Les résidants doivent aussi pouvoir entretenir et développer leurs talents. Les « cafés philo » et les concerts sont appréciés, y compris par les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
17)  Camisole chimique, ou contention physique sur certains résidents qui déambulent ou sont agressifs (quelle formation reçoit le personnel pour tenter de rechercher les causes de l’agressivité et d’y apporter une réponse ?) Trop souvent ces malades sont dirigés vers un établissement psychiatrique par manque de personnel formé à la maladie d’Alzheimer.
18)  Manque d’écoute des résidents au quotidien, mais aussi au sein du Conseil de vie sociale : présidé de fait par la direction  contrairement à la législation en vigueur – Pas de suivi des avis et donc pas d’amélioration de la situation dénoncée. Certains sujets ne peuvent être abordés comme le budget prévisionnel. Manque de possibilités et de moyens financiers donnés aux élus de se faire connaître, d’enquêter auprès des résidents et familles et de les réunir en dehors du CVS etc. Aucun affichage possible. Représentation insuffisante ou absente  des familles. Refus de diffuser aux familles qui le demandent le questionnaire d’auto évaluation de la bientraitance rédigé par chaque établissement en juin 2009. Ces questionnaires devaient être également signés par le Président du Conseil de la Vie Sociale, nous avons quelques inquiétudes quant à sa validité.
19)  Enquêtes de satisfactions qui n’ont aucun suivi. Ah quoi bon les remplir disent les résidents !
20)  Pas de filière gériatrique – Diagnostic tardif ou erroné de pathologies graves et urgentes (appel tardif au médecin, intervention tardive de celui-ci : exemples phlébite non décelée, taux d’INR non suivis conséquences OAP) Orientation vers l’hôpital pour soulager le personnel de la résidence, notamment  les week-ends où il y a baisse des effectifs.
21)  Fin de vie mal accompagnée tant pour le résident que pour la famille, mais aussi des autres résidents dont un des leurs les a quittés pour toujours. Les résidents constatent l’absence mais ne sont pas informés du décès.
22)  Un personnel insuffisant, de jour comme de nuit,  mal formé, trop de vacataires et de stagiaires. On voit apparaître un nivellement par le bas avec une tendance à refouler les personnes lourdement dépendantes nécessitant de facto plus de personnel. – Les agents de service font parfois les toilettes à la place des aides-soignants. Turn over important : les nouveaux personnels ne connaissent pas les résidents, leur pathologie, leurs besoins d’aide, leurs habitudes, certains personnels ne sont d’évidence pas formés (manque d’éducation, désinvolture voire arrogance parfois, manque de bon sens, d’attention à l’hygiène, de réactivité, de vigilance),
23)  Liste des personnes qualifiées : nombreux sont encore les départements où la liste des personnes qualifiées n’a pas été produite. Ceci est très dommageable pour les résidents et leurs familles. En effet  nos adhérents qui sont amenés à faire état de certains dysfonctionnements dans leur établissements s’entendent trop souvent dire : « Si vous n’êtes pas satisfaits, vous pouvez aller voir ailleurs ». Certains (de plus en plus nombreux)  ont même reçu une notification de renvoi sans considération pour la personne âgée qui va être déracinée. Ne serait-elle qu’une chose au sein de l’établissement ? Il s’ensuit parfois une procédure judiciaire qui aurait certainement pu être évitée grâce à l’intervention d’une personne qualifiée.
24)  Une direction gestionnaire, pas assez humaine. La paperasserie administrative est trop envahissante. Il n’y a plus de place pour le résident…A quoi servent les recommandations de l’ANESM si les moyens nécessaires pour les appliquer sont absents .On impose aux établissements une maltraitance réglementaire
25)  Manque de communication avec les familles : les remarques faites au personnel (avec respect) sont mal perçues. Constat des familles : Non seulement nos parents souffrent, mais l'énergie que nous devons déployer pour solliciter des moyens plus dignes pour leur accompagnement, nous accable et nous fait souffrir.
26) Le personnel compétent se lasse et n’en peut plus, les difficultés s’accumulent, les arrêts de maladie sont de plus en plus fréquents, On leur demande de former des nouveaux qui n’ont aucun diplôme dans ce secteur. Nous voyons de plus en plus de personnels démissionner.
27)  De nombreuses familles se plaignent de n’avoir aucune visibilité sur la hausse constante du prix de journée, aucun dialogue à ce sujet, l’opacité semblant la règle. Le tarif hébergement représente 60% du budget de fonctionnement d'un établissement. Les hausses intempestives contraignent parfois des Résidents à quitter leur établissement pour retourner vivre auprès de leur conjoint ou de leurs proches. Ceux-ci doivent alors s'en occuper tant bien que mal à domicile en se trouvant face à d’autres problèmes, ce qui provoquent des situations de conflits et de maltraitance.
28)  Des contrats de séjour ou des règlements de fonctionnement dont certaines clauses sont considérées, à juste titre, comme abusives. Par exemple des horaires de visites restreints qui sont cause de souffrance pour les résidents et leurs familles.


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

bostefa

29/05/2019 06:05

florilège de disfonctionements


bonjour mes deux parents résidaient, jusqu'à leur mort en avril puis mai, à l EPHAD (bip) depuis 2011. Durant ces années j'ai noté des disfonctionnements que j'ai fait remonter systématiquement, verbalement ou par mail (aurais je eu davantage d'écho en le faisant au cours des "conseils de vie" qui se déroulaient sur des créneaux horaires adaptés aux retraités. ? ..) , auprès des services administratifs et du directeur . Ce ne sont sans doute qu'une somme de détails aux yeux de certains, mais j'estimais, (à tort apparemment, comme me l'a précisé ce même directeur ?)qu'en versant près de 4000 euros par mois pour mes parents, les disfonctionnements administratifs et les indélicatesses que je dénonce ci- après, étaient inadmissibles. Mon mail a pour vertu de faire avancer les choses si cela est possible et porter la voix de ceux qui dans des situations similaires, ne disent rien. Je dois préciser que le travail des personnels soignant et d animations est par contre remarquable dans cet établissement. Toujours une présence, lorsque j'étais à peine arrivé..... souvent. J'ai du trop visionner " The Truman Show....". Mais ce qui suit n'est pas pure paranoïa : l hygiène je me suis retrouvé avec mon père, une seule fois (fin de non recevoir d' ailleurs ) dans le bureau du directeur pour réclamer une fréquence de douche plus rapprochée (la norme était de 15 jours environ en moyenne ! ) les pertes la carte vitale de ma mère est à ce jour encore introuvable, et le dentier de mon père a été perdu il y a quelques années (cout : 2000 euros environ) sans qu on me propose un quelconque dédommagement les transports il est arrivé que des transports ambulance ou taxi me soient facturés en sus pour des RDV médicaux en raison de l'oubli de demande de bon de transport auprès du médecin, alors que je réglais pour mes parents déjà 230 euros de mutuelle par mois, pour notamment prendre en charge de tels transports les petits extras à près de 2000 euros facturés par moi, vous deviez, par exemple, notamment, fournir vous même les blocs WC.... la transmission de l 'info parfois, mes parents revenaient d'une hospitalisation sans que j'en sois informé ( je venais rendre visite à une chambre vide) et sans qu'on sache me faire un retour précis d'une hospitalisation ( ce fut le cas pour l'ultime hospitalisation de ma mère) les erreurs de facturation il m'a fallu parfois vérifier que la facturation avait bien tenu compte de la déduction due à l'absence d'un des parents hospitalisé n'ayant, par exemple, pas pris un certain nombre de repas, car des oublis, quoique rares, étaient possibles la maintenance était ce parce que les locaux étaient vétustes, et seront bientôt rénovés ( financés grâce, notamment, à une augmentation de tarifs ces derniers mois, supportée en partie par des résidents en place, qui, comme mes parents n auront pas le temps d'en jouir pour certains...) que les portes coulissantes du placard de mon père ne coulissaient plus depuis des années ? et "last but not least" lors du décès de mes parents ( pour précision : ils habitaient dans une même chambre à deux lits et sont décédés à 19 jours d'intervalle) là, on a touché le fond , qui recelait des trésors d'indélicatesses..... pèle-mêle un florilège : pas d accueil de nous les enfants de la part du directeur pour le décès de personnes qu il a côtoyées plusieurs années ( directeur fantôme, que je ne croisais qu' Noël, partagé sur deux établissements à sa décharge!) pas de fleurs aux funérailles au nom de l EPHAD pas de représentation de l EPHAD à la célébration (durée 45 minutes) MAIS PAR CONTRE : un état des lieux de la chambre à l'occasion du "départ" de ma mère le jour même de sa sépulture un appel téléphonique de la cadre de santé ( c'était peut être cela l'accueil que je réclamais plus haut) le jour de cette sépulture pour évoquer au plus vite le fait que le lit occupé par ma mère va devoir rapidement (moins de 2 semaines : 24 avril / 7 mai ) être attribué à une autre personne inconnue, en présence de mon père, puisqu'aucune chambre individuelle n' est disponible pour ce dernier. enfin, nous ne sommes plus à cela près, en guise d'apothéose, la carte de condoléances produite pour mon père par la maison de retraite, est (hormis les gentilles annotations qui y figurent bien sûr) une copie couleur de l 'original qui avait circulé pour ma mère quelques jours auparavant ( budget serré sans doute ou .....manque de temps pour aller acheter une carte)



Mylène

22/05/2013 07:05

faire bouger les choses


Comment faire bouger les choses ? En tant que famille nous n'arrivons pas à faire bouger les choses, sinon on nous propose de changer de maison de retraite si nous ne sommes pas contents. Des reportages télé, presse écrite, ou tous les médias qui le peuvent ont-il un pouvoir pour dénoncer ces pratiques d'un autre âge où le respect n'existe plus ? Peu de maison de retraite ne sont pas touchées par les dysfonctionnements, et il ne fait pas bon pour les familles de les faire remarquer ... A vos plumes pour former une chaîne qui fasse bouger les choses ...



chris

19/05/2013 19:05

confirmation de la situation


Un EHPAD des Côtes d'Armor est dans la situation décrite.Le personnel est très peu attentif aux personnes dépendantes.Il ne fait pas bon de devenir dépendant, du personnel qui ne tient absolument pas compte des besoins individuels, qui laisse les résidents à table d'un repas sur l'autre ou autrement qui le met à la sieste, de cette façon aucun loisirs n'est à prévoir, aucune stimulation intellectuelle ... Sans compter le fait de "gavage" à table en parlant de leurs RTT, problème de dent du petit dernier, mais surtout ne pas parler aux personnes dont ils doivent s'occuper ... Désolant à pleurer ...Surtout qu'à la moindre fausse route les résidents sont "bons" pour le mixer, plus vite donné, tant pis pour le plaisir de manger qui reste l'un des seuls plaisir accessible si l'on prend le temps de faire manger les personnes dépendantes, dans une ambiance qui pourrait être "festive" et agréable... Cela n'effleure pas les esprits que la maison de retraite est une maison de vie, où il faut aller au rythme des résidents, où il faut leur écoute.



Dany27

25/04/2012 17:04

pertes de lunettes etc ...


Je me pose une question : Les lunettes de ma mère ont été perdues (Hepad) il s'agissait d'une paire de lunettes neuves .. aujourd'hui son appareil dentaire vient d'être perdu ! La maison de retraite n'a pas d'assurance pour ces pertes d'objets indispensables à la vie quotidienne, faire refaire mais si le personnel n'est pas attentif au respect d'un protocole pour éviter ces pertes d'objets à répétition ? Je suis du même avis que les personnes qui ont témoigné dans ces mails, trop peu de personnel, toujours débordé, pas formé (récemment chute lors d'une manipulation au lève-malade !) Que dire ? La famille est reçue par la Directrice un mois après l'incident ... de la compassion mais rien ne change ni ne s'améliore !



Une compagne

14/03/2011 13:03

Constat décolant


En lisant cet article,j'y vois la liste de tous les dysfonctionnements que je rencontre dans une maison de retraite de DIJON "dite de bonne réputation" où se trouve mon mari. Va-t-on laisser encore longtemps cet état de fait durer. On doit assistance et respect à ces personnes âges qui ont fait la vie que nous avons aujourd'hui. C'est scandaleux, et encore plus si on se réfère aux coûts de ces établissements.Un peu d'humanité et un sourire : est-ce si difficile ? Et puis les personnes qui sont censées aider les résidents seront elles aussi un jour des personnes âgées. Alors ?




Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -