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Pourquoi les tarifs des maisons de retraite augmentent ?

Premières explications


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Les tarifs des maison de retraite médicalisées, à la charge des résidents et de leurs familles, sont élevés (2 200 euros/mois) et complexes à comprendre.
Leurs augmentations régulières depuis quelques années, souvent supérieures aux pourcentages réglementaires (pour certains établissements) méritent quelques explications.


Chaque établissement pour personne âgée dépendante (EHPAD) décompose ses tarifs en trois sections
- le tarif hébergement qui est réglé par le résident (et de ses proches) : il comprend le gite, le couvert mais aussi les animateurs, la direction, la gestion. Des aides au logement, l'aide sociale, des mesures fiscales permettent de l'atténuer.
- le tarif soin est pris en charge par l'Etat (Assurance maladie) pour financer principalement les professionnels soignants salariés (médecin coordonnateur à temps partiel, infirmiers, et 70% des aides-soignantes). Face aux déficits, la Sécurité sociale a plutôt tendance à resserrer ses budgets.
- le tarif dépendance est facturé selon les groupes de personnes : GIR 1/2 (personnes très handicapées), GIR 3/4 (personnes moyennement handicapées), GIR 5 et 6 (les plus autonomes). Chacun paye selon son GIR, mais le tarif des GIR 5/6 est facturé à tout le monde, car il n'est pas financé par les départements (Conseil général) dans le cadre de l'APA : Aide personnalisée d'autonomie.
Mécaniquement, avec l'augmentation des salaires et des prix, ce tarif dépendance aura tendance à augmenter, à la charge du résident.
Tendance renforcée par les difficultés financières des départements.

Tarifs des établissements privés commerciaux non habilités à l'aide sociale

Les entreprises qui ne sont pas habilités à l'aide sociale sont libres de fixer leur tarif à l'entrée du résident (selon la loi du marché, de l'offre, de la demande locale...). Une fois le contrat de séjour signé (attention aux clauses abusives), le tarif hébergement subira l'augmentation annuelle fixée par Arrêté. Pour 2011, l'arrêté du 24 décembre 2010 indique une augmentation maximale de 1,2 %.

Établissements habilités à l'aide sociale
Ces établissements privés, associatifs, publics, habilités à l'aide sociale, négocient leurs tarifs avec leurs tutelles, mais doivent aussi équilibrer leur budget.
Or l'administration de plus en plus lourde de besoins en soins des résidents oblige les établissements à recruter du personnel administratif, gestionnaire, non pris en charge sur le budget soin et ... reporté sur le tarif Hébergement. Il en est de même pour les déficit des sections tarifaires "soin" et "dépendance" : ils sont reportés sur la section "hébergement" qui augmente !

Mises aux normes, agrandissements
Les travaux de mises aux normes des établissements (sécurité, incendie, accessibilité, locaux de soins, chambres individuelles...) sont obligatoires. Pour améliorer le confort, des travaux, des agrandissements sont parfois nécessaires. Ils subissent mécaniquement les hausses régulières du foncier.
Et ces investissements, leurs amortissements, sont aujourd'hui intégralement portés par la section "hébergement".
Et les montants ne sont pas neutre : de quelques euros à plus de 15 euros par jour !
Pour information, c'est différent de l'hôpital (quand l'on est soigné) : les mises aux normes, les amortissements, sont financées par l'Assurance maladie/Etat et non le forfait hospitalier journalier.

Les sénateurs, les parlementaires, les acteurs politiques jusqu'au ministère ont conscience que le "reste à charge" pour les résidents et leurs proches est trop élévé. Le gouvernement envisage depuis plus d'un an une réforme de  tarification des EHPAD (décret tarifaire) pour répartir différemment les budgets et soulager le tarif "hébergement". Ce décret tarde à venir.
Espérons qu'il ne sera pas la seule réponse apportée à la "grande réforme de la dépendance". 


mis à jour le



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Vos réactions

ADERALD

01/02/2013 08:02

MISE AUX NORMES - AGRANDISSEMENT


Il serait peut-être temps de raisonner avec bon sens. Les maisons de retraite sont censées accueillir des personnes à mobilité réduite, souvent en fauteuil. Que penser d’établissements de construction récente, ou en cours de rénovation - avec des portes de placard larges et ouvrantes - des lits de milieu impossible à déplacer qui n’autorisent pas la rotation d’un fauteuil, du fait de l’électricité mal pensé, ou pire avec des chevets fixes - des cabinets de toilette dès l’entrée avec portes ouvrantes o interdisent l’accès toujours pour la rotation du fauteuil cela entraîne l’usage d’un un fauteuil garde robe, souvent sans roulette, qui restera toute la journée en bonne position dans la chambre pour l’encombrer un peu plus, et peu esthétique, pour les rares visiteurs o compliquent la toilette au lavabo, quand on a un appareil dentaire il est confortable de se rincer la bouche lors de l’entretien de l’appareil o interdissent la douche privée, de se laver les mains, donner un coup de peigne, se regarder dans le miroir. Je ne suis ni architecte, ni ergothérapeute, mais penser simplement à la possibilité de réorganiser l’ameublement, en fonction des différents handicaps, élargir des portes de seulement 10 cm, mettre des portes d’accès et de placards coulissantes, éviter les angles à 45° me semble des mesures peut coûteuses et plus efficaces que d’imposer un espace toilette de 9 m2 qui sera pris sur l’espace chambre, et sera inaccessible à un résident sur deux.



cesarine

29/01/2013 00:01

Quid des maisons à 2200euros mensuels


Ma mère était hébergée jusqu'à son décès,le 2 mai 2012, dans un excellent EHPAD public à Versailles. Nous payions environ 2800 euros par mois. Je ne crois pas à l'existence de maisons de ce type à 2200 euros,même dans le secteur public. Tous les chiffres annoncés en ce moment par les medias sont faux !



Une Famille

23/03/2011 12:03

Le TGV des augmentations....


Bonjour, Merci à Agevillage pour cet article qui apporte un bon éclairage sur la complexité des mécanismes de tarification et sur les "augmentations" du tarif hébergement que beaucoup de résidents et familles constatent ou ont constatées ces dernières années. Velensole, je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait que certaines charges ne devraient pas être dans le tarif hébergement. Cela dit, il me semble que l'on est bien dans une tarification ternaire ( dépendance- soins- hébergement). Il me semble du reste qu'à un moment il avait été question d'opérer à certains transferts de charges(animation, psychologue ..) à l'intérieur de ces trois "budgets et tarifs" sans pour autant d'ailleurs en changer les "formules de calcul" !!!!! Il me semble encore que si "officiellement" il y a étanchéité des budgets et tarifs dans les faits le "budget et tarif hébergement" sert d'équilibre aux deux autres.



romans

23/03/2011 11:03

répartition sur la partie hébergement


REPARTITION DES CHARGES:Direction, administration:100 % sur la partie hébergement;Restauration, servicce géneraux 100 % sur la partie hébergement ;Animation,service social 100%sur la partie hébergement ;ASH, agent de service 70% sur la partie hébergement,30%sur la partie dépendance; ASQ/AMP:30 % sur la dépendance,70% sur les soins;Psychologie 100% sur la dépendance;Infirmiers (es)100% sur les soins



dromenlaire

23/03/2011 08:03

Orchestration des tarifas


Quand sur 5 ans les tarifs :Hébergement +45 % quand les gir pour la méme période augmentent de 16 % chacun comprendra ou l'effort sera demandé.... http://aloeilendrome.hautetfort.com/




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