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Edito : PSA versus l'aide à l'autonomie ?


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Alors que des plans sociaux spectaculaires se profilent à l'horizon (comme celui de PSA), comment attirer vers soi caméras et micros ?
Les rapports de force ne sont pas aujourd'hui en faveur de l'aide à l'autonomie, notamment des plus âgés.

Malgré l'évolution du nom de la ministre en charge de ces questions, malgré 9000 suppressions de postes dans les services à domicile en 2011, malgré l'épuisement des aidants familiaux et professionnels,  malgré le poids croissant, dénoncé par tous, du coût des services (tant à domicile qu'en établissement d'accueil), les caméras, les micros, les agendas des ministres restent concentrés sur l'actualité économique et sociale traditionnelle.

 Le combat des vieux fragilisés n'a rien d'une lutte corporatiste contre les actifs d'une ou plusieurs autres générations. Les professionnels du médico-social ne se mène pas non plus en rivalité avec les revendications d'autres professionnels.
La situation faite aux personnes âgées en perte d'autonomie  est un combat sociétal majeur : ne pas s'occuper de l'aide à l'autonomie impacte notre économie au moins autant que l'automobile ou la sidérurgie.

Les entreprises subissent le coût caché du non-'investissements sur les personnes âgées et leurs aidants familiaux:  épuisement, arrêts maladies pèsent sur la productivité. Les Directions des ressources humaines en ont conscience mais les mesures de cet état de fait ne sont pas menées. Mieux vaut ne pas savoir.

Le manque de filière de soin (jusqu'au désert médical), le manque d'évaluations partagées, de coordination des acteurs d'un plan d'aide, le manque d'anticipation dans l'urbanisme, la non accessibilité des habitats, des services... se payent en redondance de services, en d'hospitalisations inutiles, en sur-médications... sans parler du sentiment de mal-être face à la mal-traitance des plus fragilisés.

"Investir dans la solidarité ça rapporte" rappelle un collectif de 50 associations.

Le gouvernement annonce une nouvelle concertation à la rentrée et un calendrier sur cinq ans pour une réforme de l'aide à l'autonomie.

N'attendons pas une nouvelle canicule meurtrière, des grèves massives dans les établissements et services, des faits divers tragiques pour accepter que notre pays vieillit, et que vieillir debout engendre un bénéfice collectif.

L'activation des solidarités de proximité est une des solutions, mais nous ne pourrons faire l'économie d'une refonte de notre système d'accompagnement.
Elle devra être accompagnée dans le temps (les réorganisations "à la hussarde" sont rarement pérennes) et nécessitera des moyens réellement dédiés et fléchés (Attention aux gels ou à la ré-utilisations de budgets vers des Plans comme Alzheimer ou des déficits de l'Assurance maladie).

S'il faut passer par un rapport de force pour que le dossier devienne prioritaire - au moins autant que l'automobile -, aux acteurs de réfléchir aux moyens. Les dizaines de milliers d'établissements et services, les représentants des millions de personnes âgées, de leurs familles, de leurs aidants, les acteurs des collectivités locales concernés... peuvent s'organiser et peser.

Cela va demander conviction, compétences, imagination, sens de la communication.
L'été est propice à la réflexion et à la gestation de grands programmes... pour la rentrée !


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