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Canicule : succès du plan sanitaire 2012

Bémol des urgentistes


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L'épisode caniculaire décline peu à peu, sans avoir provoqué de surmortalité notable comme en 2003. Un plan de prévention, bien orchestré par les autorités sanitaires, ayant bien fonctionné, mais des insuffisances structurelles demeurent, préviennent des urgentistes.

Mardi 22 août, 16 départements restaient placés sous vigilance orange par Météo France contre 33 dimanche. Les préfets de 20 départements estimaient toutefois nécessaire de laisser en place le plan canicule de niveau 2 ou Miga (Mises en garde et actions).
Un net rafraîchissement est attendu mercredi.

Ce plan canicule, reposant essentiellement sur la prévention et dont la communication a été intense, concerne les maisons de retraite, les hôpitaux et les collectivités locales tenus de prendre des dispositions pour protéger de la déshydratation les personnes fragiles, principalement les personnes âgées.

Le plan maintenant bien rôdé, mis en place dès 2004 après l'épisode meurtrier de l'été 2003 a manifestement atteint ses objectifs: "il n'y a pas d'alerte sanitaire particulière", pouvait annoncer lundi soir encore la Direction générale des soins (DGS) du ministère de la Santé, qui abrite la cellule nationale de crise.

Les établissements accueillant les personnes âgées ont réagi au quart de tour pour hydrater sans relâche leurs pensionnaires, les regrouper dans les pièces rafraîchies qu'ils sont tenus désormais d'avoir, etc... Dès vendredi, au premier jour de la vague caniculaire, la plus importante jamais vue en France après un 15 août, la ministre de la Santé Marisol Touraine pouvait constater, en visitant un Ehpad (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la Nièvre, qu'il appliquait déjà le plan, sans attendre que le département soit placé en vigilance orange.

Les communes, habituées désormais à recenser les personnes âgées habitant seules se sont également mobilisées.

Risque de "surchauffe" permanent dans les hôpitaux

Mardi plusieurs Agences régionales de santé (ARS) dressaient un bilan positif. "Les choses ont été bien gérées par les maisons de retraite (...) notait-on par exemple en région Centre où le mercure est monté à 42,3°C à Montgivray (Indre). Il n'y a pas eu de ce fait d'afflux de personnes déshydratées dans les hôpitaux.

"Nous sommes mêmes depuis le passage en niveau 2 de canicule sur une décélération du nombre de passages aux urgences, et la proportion des plus de 75 ans est plutôt en diminution", notait Raphaël Glabi, directeur-adjoint de la santé publique au sein de l'ARS Rhône-Alpes.

Mais si la canicule avait duré ? "Se satisfaire de la prévention, c'est une chose (...) mais là où je ne suis pas d'accord avec le gouvernement, c'est qu'il faut radicalement changer la politique à l'égard du service public et des hôpitaux", a déclaré l'urgentiste Patrick Pelloux, qui avait alerté les pouvoirs publics en 2003 et qui a obtenu un rendez-vous avec Mme Touraine.

"On a fermé beaucoup trop de lits" ces dernières années, répète-t-il inlassablement. "Toute augmentation d'activité, même de 5% et c'est la surchauffe", a renchéri son collègue urgentiste Christophe Prudhomme (CGT) qui a aussi souligné le problème du dosage des médicaments qui doit être modifié pour certains malades chroniques en cas de canicule.

Or, note-t-il, en août, la majorité des médecins traitants sont absents et ne passent plus dans les maisons de retraite.
"Je suis intervenu ces dernièrs jours en Seine-Saint-Denis dans un Ehpad, cela faisait quinze jours qu'aucun médecin n'était passé", a-t-il raconté.

Pour sa part, Pascal Champvert, président de l'association AD-PA (directeurs de maisons de retraites et de services de soins à domicile), a répété que la France restait en retard. "Il y a 5 personnels pour 10 résidents, il en faudrait 8", a-t-il dit.


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