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Edito : Le mur du financement des retraites


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Annie de ViviePour son vingtième anniversaire, le Forum Retraite 2012 de la Caisse des Dépôts avait convoqué les acteurs clés des réformes des retraites : hauts fonctionnaires (inspecteurs généraux des finances), présidents du COR (Conseil d'orientation des retraites), directeurs de recherche, représentants syndicaux nationaux, députés, ministre.

Leur constat : la réforme de 2010 ne sera pas la dernière.

Le financement des retraites va buter sur un mur déjà visible et le choc dépendra en partie de la conjoncture (baisse du chômage ou non; reprise de la croissance économique ou non).

Les retraites pèsent aujourd'hui 13 % du PIB et les dépenses de santé 12%. Les actifs consacrent 25% de leurs revenus bruts aux retraites.

Pour Raphaël Hadas-Lebel président du COR : la prise de conscience des enjeux progresse, mais il n'y a pas de consensus dans notre pays, entre les politiques et les partenaires sociaux sur les réponses à apporter (recul de la durée de cotisations, de l'âge légal de départ, hausses de cotisations; baisse des pensions; levée de financements nouveaux : CSG, impôts; simplification des régimes etc...).

Une étude(*) de la Caisse des Dépôts auprès de 2776 personnes confirme le maintien de la confiance de la majorité des citoyens dans le système par répartition, porté par les actifs. (8 sondés sur 10 optent pour le maintien du système actuel).

Pour autant, une réèle inquiétude monte (90 % des moins de 50 ans se déclarent inquiets quant à la pérennité du système) : doutes sur les montants des retraites actuelles et futures, craintes que le système pèse trop sur une catégorie de personnes (les cotisants), inquiétudes de ne pouvoir rester dans l'emploi et cotiser suffisamment, effroi à l'idée de devoir partir pour laisser sa place à un plus jeune, angoisse à l'idée de ne pouvoir financer les services qui deviennent nécessaires à un allongement de la durée de la vie (à domicile, en maison de retraite médicalisée)... Les cabinets médicaux témoignent de cette montée des angoisses sociétales.

Anne-Marie Guillemard, sociologue, Professeure des Universités, estime que le système des retraites ne doit pas être réformé seul. Il est lié aux politiques d'emploi, à la possibilité de se former tout au long de la vie, à la coopération des âges au travail. Selon elle, les politiques de valorisation des départs en pré-retraite pour diminuer le chômage des jeunes n'ont pas été concluantes, au contraire. Elle attend beaucoup en revanche du contrat de génération que veut promouvoir le Président de la République.

Ajoutons à ces enjeux sur l'emploi celui de l'accessibilité : de la cité, des technologies, des transports, des logements. La Ministre chargée des personnes âgées, Madame Delaunay, veut lancer un label HQV Haute qualité de vie "car quand on s'occupe des plus âgés fragiles, on s'occupe de tous".

Le financement des retraites, comme le financement de l'aide aux personnes handicapées, âgées, pose la question du contrat social.
Il faut faire des choix estime André Masson du CNRS : entre la liberté individuelle (le recours au seul marché), l'égalité (et le super Etat providence), la fraternité, et les solidarité civiles, familiales, territoriales.

Est-ce uniquement aux seuls retraités aisés de porter la nouvelle contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (CASA) ? Drôle de définition de la solidarité.
Est-ce aux actifs cotisants uniquement de porter le financement des retraites ? Quelle réorganisation pour les autres types de dépenses publiques (défense, organisations territoriales, agences...) ?

On mesure la qualité d'une société à sa capacité à intégrer les plus faibles.
Les solidarités se tricotent au quotidien, dans les quartiers, dans les villages.
Les réflexions, actions, éducations se déploient au plan local, national et demain international.
A nous de prendre conscience des enjeux sans pour autant sombrer dans un pessimisme anesthésiant.



(*) Enquête réalisée par voie postale par TNS-Sofres du 10 septembre au 12 octobre 2012 sur un échantillon représentatif de la population française.
Questionnaire, élaboré par l’équipe de recherche, avec 149 questions fournissant 450 informations distinctes.
Echantillon de 2 776 personnes.


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