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Edito : mobiliser son patrimoine pour financer des services


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Le forum "Les seniors une chance pour la France" a été l'occasion de réfléchir aux conséquences du vieillissement notamment autour des enjeux de l'habitat.

Si les français plébiscitent l'idée de vivre chez soi (pour reprendre le titre d'un récent rapport), ce "chez soi" n'est pas toujours adapté, adaptable, accessible, abordable financièrement. Il est parfois isolé, loin des proches. "Infirmières, kinésithérapeutes, aide à domicile... Ils ont tous ma clé" me racontait l'arrière-grand-mère de mes enfants, dépassée, insécure, au point de demander à entrer en maison de retraite.

Les grandes maisons sont parfois difficiles à vivre (marches, escaliers, jardin) et à entretenir. Les petites retraites n'y suffisent pas toujours. Comment dégager des revenus de ce patrimoine et permettre de financer des services à la personne (bricolage, jardinnage), voire d'autres choix de logement.
En effet, si la maladie survient et handicape, notre société n'a pas choisi de mettre en place une compensation financière de ces handicaps, tous liés au grand âge.
 
Chaque personne, chaque famile tente alors de louer, vendre (en viager ou non) tout ou partie du bien immobilier pour financer les aides nécessaires. Certains choisissent de partager leur logement, de cohabiter avec un/des étudiants, familles (l'association Ensemble2générations a été la seule initiative française primée dans le cadre de l'année européenne du vieillissement actif).

Les bailleurs sociaux des HLM (habitats à loyers modérés) voient aussi leurs habitants vieillir. Ils réfléchissent à faciliter la mobilité de ces couples dont les enfants sont partis, de ces veuves ou veufs, qui peuvent vieillir dans des 4/5 pièces avec ou sans ascenseur. Ces grands appartements anciens ont parfois des loyers plus compétitifs qu'un "deux pièces" actuel, lequel serait pourtant plus adapté et accessible. Des bailleurs financent alors les déménagements et l'accompagnement social de ce déplacement.

Les caisses de retraite (CNAV, MSA, RSI) mobilisent les élus locaux pour inventer des logements intermédiaires, sorte de troisième voie entre le domicile et la maison de retraite médicalisée. Ils proposent de réhabiliter les logements-foyers à tarifs sociaux, résidences avec services si possible à caractère social (ou pas). Ils réflechissent aux petites unités de vie (MARPA en milieu rural), béguinages, habitats groupés avec services plus ou moins intégrés, connectés ...

A chacun de réfléchir au logement qui lui conviendra le mieux, à un instant donné. LA solution idéale, adaptée à tous n'existe pas.
Il faudra sûrement songer à plusieurs solutions, parfois transitoires. (Voir le film "Et si on vivait tous ensemble ?" avec Jane Fonda, Guy Bedos).

Anticiper, visiter des logements peu éloignés des proches, en parler autour de soi, oser aborder les questions financières... Les familles n'y sont pas encore habituées.

Une décision discutée, même difficilement, vaudra pourtant toujours mieux qu'un "placement" dans l'urgence.


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