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Alzheimer : faut-il prendre au sérieux les patients qui se plaignent de troubles de mémoire ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 22/07/2013

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Le patient peut parfois être le marqueur le plus sur de sa maladie

Faut-il prendre au sérieux les personnes qui se plaignent de perdre la mémoire ? Parfois oui !

Il se plaignait de souffrir de troubles de la mémoire, mais réussissait tous les tests. Pour les spécialistes, le patient était en parfaite santé, hypocondriaque peut être. Sept ans plus tard, l’homme développait clairement tous les signes d’une démence de type alzheimer.


Plusieurs études présentées à la conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer qui a eu lieu à Boston à la mi juillet, ont toutes émis l’idée que le meilleur marqueur d’une maladie neurodégénérative à évolution lente pouvait être le patient lui-même. Il suffisait simplement de le prendre au sérieux.

Une recherche présentée par le Dr. Amariglio, par exemple, a émis l’idée que les patients qui semblent le plus préoccupés par des difficultés de mémoire et d’organisation du temps et de l’espace étaient le plus susceptible de souffrir d’un dépôt déjà significatif de plaques amyloides, une protéine dont la surreprésentation dans le cerveau est un signe certain de la maladie d’Alzheimer.

Il y a peu, les plaintes liées aux pertes de mémoire étaient considérées par les médecins comme des signes de dépression. Frank Jessen, chercheur au German Center for Neurodegenerative Diseases, a expliqué que la première étude qui remettait en question cette conviction avait été formulée en 2004, mais rejetée par tous les journaux scientifiques de l’époque. Il a fallu attendre 2012, pour que la revue Neurology accepte une publication sur le sujet. 

Une patiente qui a fini par être diagnostiquée Alzheimer est allée consulter parce qu’à plusieurs reprises, en faisant ses courses, elle arrivait à la caisse du supermarché en réalisant qu’elle avait oublié un aliment indispensable. Elle retournait dans les rayons pour oublier aussitôt ce qu’elle était allée chercher. La répétition de ce processus au cours de la même journée l’a incité à passer des tests, lesquels montraient qu’elle ne souffrait pas de symptômes classiques de troubles cognitifs. 

Le Dr. Petersen, directeur du centre Alzheimer de la Mayo Clinic (Etats Unis), a nuancé ces propos en présentant une étude montrant que des patients dont les troubles cognitifs paraissaient s’améliorer d’une année sur l’autre pouvaient néanmoins incarner un risque élevé de développer la maladie d’Alzheimer. D’autres personnes dont un scanner indiquait un dépôt élevé de plaques amyloides ne présentaient aucun trouble cognitif.

En fait, les recherches montrent qu’avec l’accroissement des connaissances, la possibilité d’établir un diagnostic simple se réduit. Comme le cancer, la maladie d’Alzheimer pourrait se subdiviser à l’avenir en une myriade de troubles différenciés. 

Un groupe de recherches a en tous cas été constitué pour tenter de se repérer dans les plaintes de patients qui viennent spontanément consulter pour des troubles liés à la mémoire.
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