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Edito : Heureux et vulnérable comme un retraité français

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 02/09/2013

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Annie de VivieDe nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que les retraités vont bien (tout récemment dans le Monde du 28 août Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, expliquait comment la collectivité a été, depuis 1945, très prodigue avec les retraités, bien moins avec les jeunes”).

La réforme des retraites proposée par le gouvernement ne fait pas de vagues importantes pour l’instant. Il faut dire qu’elle ne s’attaque pas aux paramètres qui fâchent : âge légal, régimes spéciaux, augmentation de la CSG. D’aucun pensent que cette CSG, et tout particulièrement celle des retraités, pourrait être mise à contribution (alignée) pour financer la réforme de l’aide à l’autonomie (loi qui n’apparait toujours pas dans les calendriers officiels ou programme de travail des assemblées malgré l’engagement de la ministre Michèle Delaunay).

Les discours qui pointent une catégorie de personnes méritent toute notre vigilance, rappelle Florence Leduc de l’Observatoire de l’Agisme. On a vite fait de généraliser et d’opposer les uns aux autres sans tenir compte des différences flagrantes au sein d’une même catégorie de personnes, d’âge (revenus, état de santé, liens sociaux et différences collectives : accès aux soins, à la culture…), sans réfléchir aux impacts sur le vivre ensemble, dans une société pour tous les âges.

Des problèmes communs aux générations peuvent interpeler comme l’isolement qui touche 5 millions de français et 18% des plus de 75 ans. La Mobilisation nationale contre l’isolement des personnes âgées (Monalisa) aura besoin de l’énergie de toutes les générations. Le bénévolat de s’impose pas, y compris pour les retraités, c’est une culture qui se distille et s’entretient à tou âge, nous explique cette semaine Jean-François Serres des Petits frères des pauvres. Quant au défenseur des droits, il défend tous les citoyens, quel que soit leur âge, face aux aberrations et aux brutalités administratives.

Quand la maladie, le handicap s’en mêlent, peut-on dire que les retraités soient particulièrement nantis en France ? Pas vraiment. On attend toujours la réforme d’envergure pour mieux accompagner les besoins d’aides et de soins longue durée. Les restes à charge” de plus de 1000 euros en maison de retraite ne sont pas enviables. Les professionnels et les aidants familiaux n’ont plus la patience et s’épuisent. Les approches non médicamenteuses (Montessori, Humanitude®) apportent du bien être aux personnes aidées comme aux soignants, a pu constater sur le terrain Michèle Delaunay, mais elles ne permettent pas de palier le manque de professionnels qualifiés et formés auprès des personnes âgées fragilisées, aux maladies complexes et multiples.

Pour pallier ce manque de réponse d’envergure nationale, les initiatives fleurissent : les retraités bénévoles de Générations Mouvement se forment pour former les aidants familiaux, les services à domicile mobilisent leurs réseaux pour les cafés des aidants®, les retraités du Bas-Rhin montrent qu’ils ne sont pas technophobes”, au contraire… Mais ces pansements ne guérissent pas le malade.

Alors heureux ou vulnérable comme un retraité ?

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