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Aidants : « De vous à moi, Quand la coupe déborde… »

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 17/10/2013

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Une tribune de René Botter, président de France Alzheimer Essonne

René botterJe voudrais revenir sur le problème des aidants, souvent les oubliés des plans d’aide mis en place par les autorités sanitaires.
L’importance du rôle de l’aidant, en particulier pour la garde à domicile du malade Alzheimer, est reconnue par les acteurs en charge de la maladie. Un grand nombre de structures ont été mises en place pour aider les malades, mais aussi pour apporter aux aidants des moments de répit et de soulagement. Hôpitaux de jour, accueils de jour, haltes répit sont parmi les plus importants, de même que les diverses aides à domicile, qui sont généralement soutenues par l’APA.
Ces structures apportent un soulagement énorme à l’aidant. Cependant ces aides ne soulagent l’aidant que quelques heures par jour en semaine et sont inexistantes le week-end.
L’aidant, lui, reste 24 heures par jour seul avec son malade qui est souvent turbulent, parfois passif ou hyperactif, posant 10 fois la même question, rangeant les clefs qu’il vient de trouver dans le tiroir des sous-vêtements, demandant à dormir à midi et ne voulant plus aller au lit le soir, refusant de porter des protections, changeant d’avis à tout instant… De quoi rendre fou le plus patient des aidants.
Et pourtant, dans toutes les formations, les intervenants, gériatre, infirmière, psychologue, bénévole, demandent et enseignent à l’aidant de ne jamais brusquer le malade, d’être patient, de ne jamais hausser le ton, sinon il le perturbe ; ce que l’aidant, bon élève cherche donc à faire. Chemin faisant, au fil de la journée, ce dernier accumule impatience et ressentiment envers le malade. Brusquement, la coupe déborde et il explose, il accuse son proche de le faire exprès pour l’énerver. Oui, l’aidant pète les plombs” devant le malade qui ne comprend pas ce qui se passe. Puis il culpabilise en se souvenant ce qu’on lui avait enseigné et sort de cette crise traumatisé, en se jurant que jamais plus cela n’arrivera. Mais, il oublie que c’est arrivé hier et que ça se reproduira demain.
Dans cette histoire, qui maltraite qui, l’aidant, le malade ou le malade, l’aidant ?
Ne serait ce pas plutôt le formateur, nous-mêmes qui multiplions les recommandations de comportement vis-à-vis du malade que toute personne normalement constituée ne peut pas tenir dans la durée. Comme mot de la fin, je citerai celui d’un aidant disant : « ça fait tellement de bien de péter les plombs ! »
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