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Prothèses auditives : le syndicat des audioprothésistes met en cause la faiblesse de la prise en charge par la sécu

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 25/11/2013

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Le reste à charge pour le patient est trop élevé dit M Godinho

Luis Godinho, Président de l’UNSAF, le syndicat national des audioprothésistes, s’est ému de l’article qu’Agevillage.com a consacré au coût élevé des prothèses auditives et du risque de voir des personnes non appareillées être victimes plus rapidement de déficiences cognitives.

Selon Luis Godinho, Président de l’UNSAF, le syndicat national des audioprothésistes, il est exagéré d’affirmer que le coût des prothèses auditives serait responsable du développement des déficiences cognitives. Et ce, même si un nombre croissant d’études cliniques s’interrogent sur l’importance du déficit auditif dans l’accélération des déficiences cognitives. 

M Godinho affirme que ce n’est pas le prix élevé des audioprothèses qui est en cause dans le sous appareillement des personnes âgées souffrant de déficience auditive, mais les carences de la prise en charge de ce coût par la Sécurité Sociale. 

Apres les opticiens qui ont été sous les feux de la rampe en raison du prix élevé des lunettes, les audioprothésistes se sentent à leur tour bouc émissaires. Alors, ils se défendent contre les médias qui mettent l’accent sur le fait que de nombreuses personnes renoncent à corriger une déficience auditive en raison du prix élevé des prothèses. 

En effet, sur les six millions de malentendants vivant en France, seuls la moitié bénéficieraient de prothèses auditives. En cause les tarifs exhorbitants demandés aux patients. Des tarifs qui sont d’ailleurs plus que difficiles à comprendre. En effet selon un article publié dans Le Parisien le 12 novembre dernier, ils pourraient atteindre jusqu’à 3000 euros alors que leur fabrication en Chine revient à environ 50 euros. Comme la Sécurité sociale ne rembourserait que 119 euros par prothèse et les complémentaires santé 350 euros environ, la somme exigée reste trop importante pour les particuliers. 
L’audioprothèse : un reste à charge élevé pour les patients

M Godinho reconnait que le coût moyen d’une audioprothèse est de 1535€ selon la CNAMTS. Si le déficit concerne les deux oreilles, il faut multiplier le prix par deux. Pour M Godinho, le prix élevé est celui de la recherche scientfique sur les puces qui équipent chaque prothèse. Si on lui fait remarquer que le prix des puces ne cesse de baisser sur les ordinateurs, il explique que le nombre des ordinateurs vendus chaque année est plusieurs centaines de fois supérieur à celui des audioprothèses. 
M Godinho remarque ensuite que le coût intègre un suivi du patient sur plusieurs années. Il ne voit rien d’anormal à ce que l’audioprothésiste fasse payer ce suivi sur plusieurs années d’un seul coup, au lieu de l’étaler en fonction des mises au point successives de l’appareil. Il justifie cette avance par le fait que « le patient est soucieux de la qualité de la relation qu’il a avec son audioprothésiste ». Il reconnait néanmoins que le suivi a lieu surtout la première année.
Bref, si le coût de la prothèse est sur la sellette, M Godinho affirme que la difficulté réside dans « le reste à charge, bien trop élevé » et non pas « dans les prix des audioprothèses, car les tarifs de remboursement n’ont pas évolué depuis les années 1970 ». M Godinho ajoute que « les prix des audioprothèses ont moins évolué que l’inflation pendant les 17 dernières années ».
Des discussions semblent engagées entre les audioprothésistes et la sécurité sociale pour aboutir à un prix moyen de remboursement qui serait proche de 1500 euros. Mais rien de conclusif ne semble devoir surgir à une date proche. En cette période de réduction des déficits, le gouvernement ne parait pas chercher à alourdir la barque de l’assurance maladie.
Sur les 822 millions que représente le marché de l’audioprothèse, 114 M€ (14%) sont pris en charge par l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), 246 M€ (30%) par l’Assurance Maladie Complémentaire (AMC) et 462 M€ (56%) par les patients eux mêmes. M Godinho fait remarquer que les remboursements publics dans les pays limitrophes (Allemagne, Suisse, Italie) sont supérieurs à la somme moyenne de l’AMO et l’AMC en France pour les adultes.
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