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Selon une étude de l'Ined, les écarts de longévité demeurent élevés en France

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 23/12/2013

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Le cancer et les maladies cardiovasculaires font la différence

Les disparités géographiques de mortalité restent marquées en France métropolitaine depuis trente ans, surtout chez les hommes, selon une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques) sur la mortalité départementale”, publiée jeudi 19 décembre 2013.

En 2007, l’espérance de vie à la naissance s’élevait en France métropolitaine à 77,2 ans pour les hommes et 84,3 ans pour les femmes, soit 8,1 et 7 ans de plus qu’en 1977

Ces moyennes dissimulent d’importantes variations géographiques puisqu’en 2007, la différence entre la vie moyenne dans les deux départements aux extrémités du classement (Pas-de-Calais et Hauts-de-Seine) était de 6 ans pour les hommes et de 3,4 ans pour les femmes (comparé à 5,9 et 4,2 ans en 1977).

Les régions les plus défavorisées restent le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace et la Bretagne, malgré des progrès plus rapides que la moyenne dans cette dernière région, observe l’étude. 

La mortalité est au contraire plus faible à Paris et dans les départements situés dans le sud-ouest de l’Ile-de-France, ainsi que dans les départements de la région Rhône-Alpes, de Midi-Pyrénées (surtout pour les hommes) et, pour les femmes, ceux situés dans le nord de Poitou-Charentes et dans les Pays-de-la-Loire.

Entre 30 et 60 ans, les différences de mortalité par tumeurs expliquent la plus grande part de la variabilité territoriale (notamment par cancer du poumon chez les hommes). Les maladies associées à l’alcoolisme et les suicides contribuent de manière très importante aux inégalités géographiques de mortalité dans ce groupe d’âge et les suivants.

Les tumeurs continuent de peser sur les inégalités entre 60 et 80 ans mais sont devancées chez les femmes par les maladies cardiovasculaires (principalement du coeur). Les maladies du système respiratoire interviennent également pour les deux sexes. A partir de 80 ans, les maladies cardiovasculaires jouent un rôle majeur sur la variabilité territoriale.

Les différences de mortalité entre catégories socioprofessionnelles expliquent en partie le contraste entre les départements parisiens (à forte proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures) et les départements situés dans le nord de la France, à forte proportion d’ouvriers non qualifiés, souligne l’étude. 

La désindustrialisation et la croissance du chômage dans les bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie favorisent sans aucun doute les comportements nuisibles (consommation d’alcool et de tabac notamment) ainsi que les suicides, les maladies mentales et du système nerveux”.

Cependant, elle note que pauvreté, inégalités de revenus et chômage” sont plutôt faibles en Bretagne”, alors que l’espérance de vie y est presque aussi basse que dans le nord de la France.

L’Ined observe que les inégalités de mortalité se creusent depuis le début des années 90, en particulier pour les hommes, alors qu’elles avaient eu plutôt tendance à se réduire au cours de la période antérieure”.
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