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La politique familiale et le rôle des grands-parents en Europe

Auteur Rédaction

Temps de lecture 4 min

Date de publication 03/03/2014

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Une étude publiée à partir de SHARE (Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe), d’ELSA (English Longitudinal Study of Ageing) et de diverses sources recense et analyse les données internationales provenant de pays européens sur la grand-parentalité. Qui sont les grands-parents aujourd’hui ? Comment s’occupent-ils de leurs petits-enfants ? Dans quelles conditions ?

Cette étude propose une cartographie

des données sur les politiques de congés et de travail flexible pour les parents et grands-parents, le soutien à la famille de l’Etat sous la forme d’allocations, de la garde d’enfants et de prestations familiales, la retraite et les politiques de soins aux adultes, le marché du travail, garde d’enfants et traditions et structures familiales, pour tenter de répondre à plusieurs questions :
1. Comment les modes de vie des grands-parents varient-ils à l’intérieur et au travers des pays européens, et comment ont-ils évolué au fil du temps ?
2. Comment les caractéristiques des grands-parents varient-elles à travers l’Europe en termes d’âge, de mode de vie, de statut socio-économique, d’éducation, de statut matrimonial, de participation sur le marché du travail, d’état de la retraite et de la santé ?
3. Quels sont les différents degrés d’implication des grands-parents avec leurs petits-enfants en Europe en termes de contact, aide et garde ? Quelles sont les caractéristiques des grands-parents qui expliquent cette diversité ?
4. Quelles sont les différences entre les politiques familiales ? Comment ces différences entre politiques familiales interagissent-elles avec les différents niveaux d’implication des grands-parents avec leurs petits-enfants ?

Il semble en tout premier lieu qu’à travers l’Europe les grands-parents, et les grand-mères en particulier, jouent un rôle majeur dans la garde intensive ou occasionnelle de leurs petits-enfants. Plus de 40% des grands-parents dans 11 pays Européens étudiés gardent leurs petits-enfants seuls, sans que les parents de l’enfant ne soient présents, tandis qu’en France 51% des grands-parents ayant un petit-enfant de moins de 16 ans s’en occupent seuls (63% en Angleterre).

Les grand-mères qui sont plus jeunes, en bonne santé et avec des petits-enfants plus jeunes, consacrent plus de temps à la garde de leurs petits-enfants. Cependant, ce sont les mêmes femmes que les gouvernements européens veulent encourager à rester au travail plus longtemps, pour que nos économies continuent à se développer et pour financer les retraites. Leur rôle essentiel mais invisible pour la garde des petits-enfants, que se soit quotidiennement, régulièrement ou occasionnellement, est susceptible d’entrer en conflit avec leur propre capacité à autofinancer leur vieillesse, surtout lorsque les prestations pour veuves disparaissent des régimes de retraites publiques et des régimes de retraites complémentaires.“

Les différentes caractéristiques des grands-parents dans différents pays (comme l’âge et le statut matrimonial) expliquent en partie les différences de garde des grands-parents à travers les 12 pays européens étudiés. Cependant, il y a aussi des différences significatives entre pays. L’étude constate que les différentes politiques familiales sont associées à différents modèles de garde des petits-enfants.

Dans les pays tels que la Suède ou le Danemark (et dans une moindre mesure, la France) les parents sont appelés à travailler à temps plein, les gardes d’enfants formelles sont largement disponibles, et il y a des allocations de maternité généreuses et un soutien aux mères au foyer. Dans ces pays, les grand-mères jouent un rôle beaucoup plus limité dans la garde d’enfant intensive, mais sont toujours impliquées dans la garde occasionnelle et moins intensive de leurs petits-enfants.
Au Portugal, en Espagne, en Italie et en Roumanie, où les paiements d’aide aux parents et aux mères au foyer sont limités and il y a peu de structures formelles et peu d’opportunités pour les femmes de travailler à temps partiel, les grands-parents s’occupent de façon très intensive de leurs petits-enfants. En outre, dans ces pays, les mères qui travaillent font des semaines de plus de 40 heures, et comme il y a peu de garde d’enfant au prix abordable, elles comptent d’avantage sur les grandsparents.

En général, les pays ayant la plus faible utilisation des services de garde formelle, comme la Hongrie, Le Portugal ou la Roumanie, ont les pourcentages les plus élevés de grands-mères qui s’occupent de façon très intense de leurs petits-enfants. En contrepartie, dans les pays avec les taux d’usage les plus élevés il y a très peu de garde d’enfants intensive de la part des grands-parents.

Dans les pays ayant les pourcentages les plus élevés de femmes âgées au travail, les grands-mères sont moins impliquées dans la garde de leurs petits-enfants.
Étant donné que les grands-mères âgées de 50 à 69 ans qui n’ont pas de travail rémunéré sont les plus susceptibles de fournir des services de garde, les plans des gouvernements européens pour augmenter l’âge de la retraite et accroître la participation des femmes sur le marché du travail à un âge avancé sont susceptibles d’entrer en conflit avec le rôle des grands-parents dans la garde des petits-enfants.
Cela aura des conséquences importantes pour la participation sur marché du travail par les jeunes mères, ainsi que pour l’acquisition des retraites et la sécurité financière des femmes d’âge moyen.“

Pour lire l’étude complète

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