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Edito : Bienvenue à Zombieland

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 10/03/2014

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Annie de VivieJ’ai deux adolescents à la maison qui adorent les BD, les films sur les zombies, les morts vivants. J’ai découvert que la série Walking dead battait des records d’audience dans le monde.
Quelle ne fut pas ma surprise en lisant le livre de Fabrice Gzil de le voir comparer les malades Alzheimer à ces zombies.

Malades incurables, dépendants des années sans mourir, ayant perdu la tête… Ces malades se dépersonnalisent et sont l’expression de nos angoisses d’hommes modernes, branchés, hyperactifs.

Alors entrer en unité Alzheimer en maison de retraite, ce serait Bienvenue à zombieland (pays des zombies *)” ?

Oser poser la question est salutaire.

Tout d’abord pour éviter de tomber dans le piège de l’épuisement, seul face à la maladie. Celle-ci nous entraîne vers l’indifférence et l’abandon. Prendre conscience de nos peurs, de nos représentations est un début de réaction positive. Pour mettre des mots sur nos ressentis, trouver de l’aide, et garder un regard d’humain à humain, de citoyen à citoyen avec ces personnes (nos frères) malades.

Malgré les progrès dans le prendre soin, l’architecture, l’accueil hôtelier, l’image des maisons de retraite reste très négative dans la société. On y entre sans vraiment y consentir, elles sont chères, et ce sont encore souvent des lieux de soin, moins des lieux de vie (chers au label Humanitude).

Oser parler de Zombieland peut permettre aux équipes professionnelles de s’interroger sur leurs projets d’établissement, les moyens afférants, les pièges du quotidien (très bien décrits par Carine Beaufils, la banquière devenue animatrice en EHPAD : Etablissement pour personnes âgées dépendantes, dans son livre préfacé par Mme Delaunay).

Non, les malades Alzheimer ne sont pas morts. Malgré notre souhait inconscient” de ne plus les voir, ils sont là, bien vivants, debouts, avec nous. Ils nous percutent avec leurs difficultés, leurs vécus du quotidien, leur mémoire défaillante, souvent poétiquement. Véritables éponges émotionnelles, ils ressentent immédiatement l’ambiance chaleureuse ou électrique que nous mettons en oeuvre.

Savoir prendre soin d’eux, c’est aussi savoir prendre soin de nous. Pour ne pas nous aussi nous transformer en morts-vivants, automates, malheureux de la qualité de notre accompagnement, de notre travail.

Un enjeu individuel mais surtout collectif pour ne pas transformer toute notre société en Zombieland.
La future loi d’adaptation de la société au vieillissement ne doit pas l’occulter.

(*) film comédie 


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