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Edito : De l'impact d'une loi sans moyens

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 17/03/2014

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Annie de VivieLa ministre des personnes âgées, Michèle Delaunay, incarne la révolution de la longévité.

Sa génération, celle des babyboomers, ne va pas laisser se développer des établissements, des services qui ne lui correspondent pas. Elle va porter des initiatives nouvelles notamment en s’emparant des technologies de l’information, des réseaux d’entraide et d’échanges avec le programme Monalisa (mobilisation nationale cntre l’isolement des âgés), des avancées possibles autour de la Résilience à tout âge chère à Boris Cyrulnik et Louis Ploton.

La France est en retard en terme d’adaptation des logements,
d’accessibilité des villes, de renforcement des transports, de reconnaissance et de soutien des proches aidants. Notre pays a besoin d’une filière économique solide, structurée et motivante sur les enjeux du vieillissement : ma Silver Economie chère à la ministre et Arnaud Montebourg.
Une loi doit soutenir le mouvement, lever les freins, permettre la mutualisation des expériences, des compétences (Silver Régions).
C’est ce que propose Michèle Delaunay dans sa loi de programmation et d’adaptation de la société au vieillissement.

Pour autant, on peut éprouver des craintes à lancer une loi faiblement dotée au plan financier qui ne permet pas de soulager le calvaire de millions de personnes âgées, de leurs proches aidants et l’épuisement des professionnels sur le terrain.

Les 650 millions d’euros de la CASA (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, portée d’aillleurs par les seuls retraités), seront les seuls moyens mobilisés en 2015 pour améliorer l’APA à domicile, proposer un forfait-répit aidant (500 euros/​an pour les situations les plus critiques), développer l’autonomie au sein des logements-foyers à réhabiliter…

France Alzheimer reste interdite devant les besoins non couverts, les restes à charge” mensuels de près de 1000 euros et a lancé une pétition-manifeste pour faire bouger les lignes. Les maisons de retraite commerciales sont à nouveau pointées du doigts cette semaine par la DGCCRF (contrats abusifs, publicité mansongere). Quant aux professionnels du médio-social (services à domicile, établissements), ils s’épuisent eux aussi à tenter de concilier rigueur budgétaire et qualité de service.

Michèle Delaunay le sait mais sans appuis importants, les arbitrages ne penchent pas en sa faveur. Et ce à la veille d’élections qui mobilisent l’électorat senior et malgré les sirènes des extrêmes, des populistes, qui agitent les promesses (de 5ème risque solidaire) non tenues.

Notre pays vit une situation financière extrêmement tendue et ne se donne pas les moyens d’opérer des choix pour réformer en profondeur la gouvernance de l’aide à l’autonomie. Le mille-feuille administratif survit, le DMP ne dépasse pas encore les corporatismes, les normes, les circulaires s’empilent sans améliorer la qualité de vie des personnes.

La future Loi Delaunay parie sur la prévention, et souhaite réduire le nombre des personnes qui seront en perte d’autonomie au cours des dix, vingt prochaines années. Elle a raison.
Mais ne pas régler les problèmes d’aujourd’hui pourrait aussi lui donner tort.

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