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Edito : Maison de retraite entre culpabilité et colère

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 24/03/2014

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Annie de VivieLes maisons de retraite ont mauvaise presse.

Le lynchage médiatique qui a suivi la publication du rapport de la DGCCRF pointant des clauses abusives dans la moitié d’un échantillon de 200 établissements est la preuve de leur mauvaise image. La DGCCRF confesse n’avoir délivré que des procès-verbaux et un rapport de police, mais toute la profession en a été discréditée.

Les français n’aiment pas les maisons de retraite.
Après le domicile et la résidence service ou le logement foyer pour personnes âgées autonomes, elles accueillent les plus handicapées, les plus malades. La double peine dans notre société âgiste.

Elles sont trop chères (2200 euros par mois pour des retraites moyennes de 1200 euros) et la qualité des services et des soins est jugée bien insuffisante.
On y entre à contre coeur ou on y place avec culpabilité son proche devenu trop dépendant, trop désorienté, trop épuisant. Qualifiées de mouroirs”, où il ne doit pas y avoir de vague, les maisons de retraite médicalisées sanctuarisent nos peurs (Voir l’édito Bienvenue à Zombiland).

Les gestionnaires, les professionnels n’ont toujours pas réussi à faire évoluer le regard sur ces établissements d’accueil. Et ce malgré les initiatives pour ouvrir ces structures (Dimanches savoureux, Portes ouvertes, activités intergénérationnelles, journée des jardins, et demain Fête des voisins ou maison de retraite en fête). Même si la maison de retraite est souvent le premier employeur de la ville, même si elle se modernise et s’ouvre aux nouvelles technologies de l’information, la communication, la télémédecine… Rien n’y fait, c’est l’EHPAD Bashing”.

Les fédérations de directeurs, les associations de familles, les rapports officiels (Cour des comptes) pointent un retard manifeste, un manque patent de professionnels auprès de résidents de plus en plus malades et désorientés.
Les efforts (mesurés) des pouvoirs publics (Dépenses Assurance Maladie), les plans Alzheimer, n’ont toujours pas permis d’atteindre les ratios de personnel cibles du Plan Solidarité Grand Age à savoir 8 professionnels pour 10 résidents lourdement handicapés.

Au contraire, les exigences de convergence budgétaire et l’état des finances publiques nationales et locales, tirent les taux d’encadrement vers le bas alors que les besoins augmentent et que les résidents et leurs proches ne peuvent financer plus avant. Or les EHPAD ont leur place dans le parcours de soin à côté du domicile, de l’hôpital.

Aussi les familles et les professionnels se rejoignent-ils pour réclamer ensemble plus de moyens aux pouvoirs publics. Ces derniers ont promis un effort budgétaire pour 2016 dans le deuxième volet de la future loi d’adaptation de la société au vieillissement de Michèle Delaunay (le premier volet concernera le domicile).

Mais les avis divergent quant aux rapports de force en faveur des institutions : Que dire quand on n’ose pas re-déménager un proche fragilisé (surtout si l’on a trouvé une place à un coût à peu près abordable et facilement visitable) ? Que faire face à la peur des représailles ? Comment se défendre face aux clauses abusives, aux comportements déplacés, aux négligences, au manque d’écoute ? Les résidents (et leurs proches) qui publient un avis en ligne sur leur maison de retraite sur notre annuaire ne sont qu’un sur deux à recommander leur établissement.

Alors que faire ?
Dans l’attente d’un renforcement des moyens de ces établissements, plusieurs pistes émergent : faire appel à un médiateur en cas de conflit (selon le Défenseur des droits), muscler les Conseils de la vie sociale (CVS). On peut aussi saluer le travail et la qualité du prendre soin de plusieurs maisons de retraite qui ont souhaité garantir cette qualité par un Label exigeant : le label Humanitude. Fort de ses 5 principes et 300 critères étudiés, véritable colonne vertébrale de leur projet de vie, de soins, il affirme que l’on peut offrir 100% de soins en douceur, dans un lieu de vie, lieu d’envies et une fin de vie digne, debout, jusqu’au bout.

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