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Une étude du Crédit Agricole Assurances sur les aidants

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 22/04/2014

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Un acteur social qui s’ignore lui même et que les politiques publiques peinent à saisir

Colloque Aidant crédit agricole : regards sur la france qui aideFranck Guichet, sociologue (émiCité) a dressé pour le compte du Crédit Agricole Assurances, le portrait robot de l’aidant d’aujourd’hui à partir des 437 projets associatifs en quête de financement. Conclusion : l’aidant, cet inclassable. 
Crédit Agricole Assurances, depuis trois ans, lance un appel à projets national pour financer les associations œuvrant en faveur des aidants. Une étude sociologique a été réalisée sur ces projets d’actions de soutien aux aidants. Cette étude intitulée Etre aidant : Une solidarité en mouvement. La contribution des associations pour soutenir les aidants” fait apparaitre ainsi que l’aidant familial mobilise tout un panel d’associations très diverses (associations de patients, de personnes handicapées, d’aide à domicile, culturelles…etc) sans oublier les associations d’aidants elles mêmes.
L’étude met également en valeur que fondamentalement l’aidant est un être qui s’ignore lui-même. « Il est frappant de constater que le plus souvent, les aidants ne demandent rien pour eux ». Ils ont répondu à une urgence, à des besoins non couverts, et deviennent aidants sans même s’en rendre compte. 
En dépit de leur refus d’être aidé, « les associations constatent que les aidants ne vont pas très bien, et qu’ils vont même jusqu’à se mettre en danger » : stress, fatigue, santé négligée.. autant de facteurs qui les mettent en danger de décéder avant la personne aidée”.

Nombre de projets peuvent donc être considérés comme un outil capable de faire émerger une demande particulière. 

Pour protéger les aidants des risques qu’ils prennent, sans les considérer comme des personnes qui ont besoin d’aide, les associations proposent information, éléments de réflexion, écoute, repos, des vacances, etc. Au sein de ces actions, le répit occupe une place centrale. Toutefois note l’étude, « l’absence d’un dispositif de financement public fait courir à la fois le risque de la non pérennisation des actions, et celui de leur inégale répartition sur le territoire ».

Localement, les associations parviennent parfois à obtenir des financements des Conseils Généraux, des Agences Régionales de Santé (ARS) ou encore des CARSAT. Mais ces aides sont ponctuelles et ne permettent pas d’installer les actions dans la durée. 

Mais « face à l’enjeu d’une reconnaissance (publique) de la contribution des aidants, les associations observent plusieurs risques : une qualité insuffisante des prestations à domicile et des compétences des intervenants, pas de financement accordés pour le répit, un manque de transversalité entre le secteur sanitaire et l’action médico-sociale, absence d’un statut porteur de nouveaux droits sociaux pour les aidants… Elles craignent que la prise en compte des aidants, au lieu d’être un projet qui met la solidarité en mouvement, reste un objet cantonné dans le champ des politiques sociales ».

Retour sur le colloque Regards sur la France qui aide” organisé par le Crédit Agricole Assurances le 22 mai 2014 à Paris
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