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Vivre chez soi

Changer de lieu de vie : rechercher le consentement est indispensable

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 05/05/2014

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Annie de VivieUn résident d’une maison de retraite s’est tué la semaine dernière en voulant la fuir.
Ce fait divers tragique pointe du doigt la question du consentement à changer de lieu de vie.

Aucun déménagement n’est facile à vivre. C’est même l’une des situations les plus stressantes de l’existence après le deuil et le licenciement.
Quitter son domicile familier, investi souvent depuis des dizaines d’années, se séparer d’objets témoins de notre histoire, conquérir un lieu inconnu sont de vraies épreuves.

Déménager est lié à la notion de perte, de passage à franchir. On quitte quelque chose de connu, on ferme définitivement une porte.

L’angoisse est encore plus forte si l’on ne choisit pas son nouveau lieu de vie, si le futur résident est désorienté, s’il refuse net cette idée, si la tension monte avec des proches qui veulent le placer, pour son bien”. Rien n’est simple.

Deux conseils pour aider la personne à adhérer au projet voire à recueillir son consentement : prendre le temps et parler.

Prendre le temps de visiter physiquement, avec la personne concernée, différents lieux de vie, sélectionnés parmi des offres qui se diversifient : de la résidence service senior peu médicalisée à l’EHPAD (Etablissement pour personnes âgées dépendantes) en passant par les petites unités de vie (Marpa, béguinages…). Faites votre sélection en cherchant dans des annuaires comme celui d’Agevillage, via le bouche à oreille, les conseils des médecins, CLIC (Centres locaux d’information et coordination).
Prendre le temps d’y déjeuner, de rencontrer les habitants, de lire les compte-rendus des Conseils de la Vie Sociale.
Prendre le temps d’y séjourner de manière ponctuelle : accueils de jour, hébergements temporaires de quelques semaines, mois.
Prendre le temps de remplir avec la personne le dossier d’admission, d’étudier les conditions contractuelles et financières.

Et parler de sa propre angoisse à voir son proche vivre dans un habitat qui n’est plus adapté, devenant même dangeureux, loin de tout, sans contacts avec les autres, les commerces…
Parler de sa fatigue, voire de son épuisement au point de ne pas pouvoir continuer d’aider, dans le domicile.
Parler des exemples de séjours réussis, des initiatives prises par tel ou tel lieu de vie : comme le fait de pouvoir emmener son petit mobilier, son animal de compagnie, renouer des relations…
Demander la médiation de tiers : médecins, voisins, proches aidants pour motiver et inciter à tester ces lieux de vie.
Parler du fait qu’une décision peut être réversible (nouveau déménagement…)
Un déménagement est un déracinement qui demandera du temps et du professionnalisme des personnels accueillants (en nombre suffisant) pour aider à reprendre racine, repartir vers des projets personnels motivants et positifs. Avoir un personnel référent” qui vienne au domicile du futur résident découvrir son mode de vie, ses envies, ses repères et accompagne personnellement les premiers pas du nouveau résident, c’est un plus très appréciable.

Certaines personnes malades, désorientées, ne pourront pas exprimer un consentement clair et explicite pour leur entrée en institution. Or ce concentement est légalement obligatoire, y compris pour les personnes sous tutelle. Mais comment passer de la théorie à la pratique ?
On cherchera donc une adhésion souple, en prenant les précautions ci-dessous (appropriation progressive des lieux, échanges avec les personnels).

En espérant que demain l’anticipation de son parcours résidentiel au grand âge deviendra une évidence pour éviter les situations urgentes et brutales.
En espérant que l’on pourra compter sur des professionnels aguerris, formés à ces questions éthiques majeures.
En espérant que l’image de ces lieux de vie évolue positivement en lieux d’envies où l’on a plus à gagner qu’à perdre à y entrer (voir en images le point de vue de Yves Gineste co-auteur de l’Humanitude).

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