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Les Français s'inquiètent massivement d'un système de soins à deux vitesses

Auteur Rédaction

Temps de lecture 2 min

Date de publication 19/05/2014

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Un sondage de l’Observatoire de l’égalité d’accès aux soins FHF/​Ipsos

Alors que la confiance des Français se dégrade vis-à-vis des institutions (médias, syndicats, banques, partis politiques…), la Fédération hospitalière de France a rendu public, lundi 19 mai, un sondage réalisé par Ipsos qui rappelle qu’une majorité de Français continue de faire confiance au système de soins public hospitalier (89%). Cependant, les inquiétudes sont fortes sur l’inégalité par l’argent et le lieu de résidence. 
Les Français sont en position schizophrénique vis à vis de leurs hôpitaux. 
  • D’un côté, ils sont une immense majorité (89%) a estimé que les hôpitaux offrent des soins de qualité et que le système de santé est le meilleur du monde (73%).
  • Mais de l’autre, ils manifestent une inquiétude croissante. La moitié des personnes interrogées (50%) s’inquiète de la progression des erreurs médicales, de la dégradation de la qualité et de la sécurité des soins. 
Ils sont également une majorité à estimer que les problèmes de financement (94%), de répartition des médecins sur le territoire national (91%), l’augmentation du reste à charge pour les patients (88%), les fraudes (88%), la crise économique (86%) les inégalités d’accès aux soins (78%) sont autant de menaces sur le système de soins. 
L’idée que le système de soins est doté d’un régime à deux vitesses parait solidement établie : Ils ne sont que 42% à estimer que tous les patients sont traités équitablement et 92% à juger que « ceux qui ont de l’argent » ont plus de facilités d’accès aux soins ainsi qu’aux traitements les plus innovants (74%).
Les personnes qui font état d’une authentique « perte de chance » en matière de santé invoquent en premier le fait d’être éligible à la CMU (52%), mais aussi les moyens disponibles dans la région d’habitation (27% dans les agglomérations de 6 de 20 000 habitants), les moyens financiers (21%), et le lieu d’habitation (7%).
Une certaine méfiance émerge vis-à-vis des cliniques privées accusées d’une sélection par l’argent (68%) et une immense majorité (82%) réclame que l’Etat cesse de financer des strutures privées qui ne promeuvent pas les mêmes garanties et critères que le secteur public. 

Cerise sur le gâteau : le sondage porte également sur la perception de la réforme en cours. Une immense majorité estime que le plan d’économies de 10 milliards d’euros réclamé au secteur sanitaire ne s’attaquera pas au fond du problème (53%), va aggraver la situation (30%). Ils ne sont que 10% à estimer que les économies demandées représentent une opportunité.

Ce pessimisme n’empêche pas les Français de penser que leur système de santé possède une marge de progression et d’efficience : 97% des personnes interrogées jugent que la coopération entre l’hôpital et les maisons de retraite doit être renforcée et 77% pense que les médecins de ville et les médecins à l’hôpital communiquent mal entre eux. 
Point intéressant : les Français ne sont pas hostiles à un financement partiellement privé des hôpitaux publics (dons, personnalités étrangères etc). 

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1002 personnes entre le 28 avril au 06 mai 2014.
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