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Fin de vie : le débat se poursuit avec l'ouverture du procès du Dr Bonnemaison

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 10/06/2014

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Le Québec vient de voter une loi « Mourir dans la dignité”, qui selon la député Véronique Hivon n’est pas un projet de loi sur l’aide à mourir, mais sur les soins de fin de vie. Il nous permet de tenir compte de chaque personne, de ses choix à elle. On consacre pour la première fois les soins palliatifs dans un projet de loi, on en fait un droit. »
En France Le procès du Dr Bonnemaison à Pau est l’occasion pour la Société Française des soins palliatifs (SFAP) de répondre aux questions qu’il pose.

La sédation en soins palliatifs ? La SFAP rappelle que « c’est un traitement qui vise — quand aucun autre traitement ne permet de soulager le malade — à endormir et à apaiser un malade pour qu’il ne vive pas un symptôme qu’il juge insupportable (douleurs physiques et/​ou psychologiques, gêne respiratoire etc.…). Son objectif n’est pas d’influencer la survenue du décès mais bien de soulager le patient.»
Le malade doit toujours donner son accord à la sédation rappelle la SFAP. Le médecin doit donc informer complètement le patient sur les objectifs de la sédation et les modalités de sa mise en œuvre. Si le malade est inconscient, le médecin doit alors consulter les directives anticipées, la personne de confiance et la famille. Conformément aux recommandations validées par la haute autorité de santé (HAS), le médecin ne doit jamais prendre seul une décision de sédation.

Concernant l’utilisation de l’hypnovel ® (Midazolam), ce médicament est souvent utilisé en soins palliatifs car il est jugé « maniable, efficace et très utile pour diminuer l’angoisse des patients et, dans certains cas, pour l’endormir afin d’être sûr qu’il soit soulagé. Utilisé à des doses normales, l’hypnovel ». Quant aux curares, ils ne sont jamais utilisés en soins palliatifs. Ils sont utilisés en anesthésie pour les actes de chirurgie. Ils facilitent le travail minutieux que doit effectuer le chirurgien. En réanimation, les curares sont aussi utilisés pour améliorer le confort d’un patient qui doit bénéficier d’une respiration artificielle à l’aide d’une machine.

De son côté le député Jean Léonetti, auteur de la loi « fin de vie » de 2005, lors du congrès du Synerpa ce 6 juin à Juan Les Pins, a partagé avec les directeurs de maison de retraite et est revenu sur les enjeux de la fin de vie en EHPAD (Etablissement pour personnes âgées dépendance). On y recense 90 000 décès (voir le rapport de l’Observatoire national sur la fin de vie).
Monsieur Leonetti souligne le besoin de poursuivre le déploiement d’une culture palliative à savoir « tout ce qu’il reste à faire quand il n’y a plus rien à faire » : être présent, accompagner, soulager, ne pas fuir « le scandale de la mort »… Il souhaite que cette culture se déploie dans tous les services de santé, dans les formations initiales, et que les professionnels des EHPAD puissent pouvoir faire appel à des équipes dédiées : Equipes mobiles de soins palliatifs (EMSP), HAD… en se centrant sur l’autonomie et la parole de la personne en fin de vie.
Médecin cardiologue, Jean Léonetti sait à quel point il peut être difficile voire impossible d’écrire ses directives anticipées « à froid », à l’entrée en maison de retraite par exemple quand aucune maladie n’atteste d’une fin de vie proche. En revanche pouvoir les rédiger avec son médecin quand une maladie grave est diagnostiquée serait à creuser.
A titre personnel, il ferait évoluer sa loi en appuyant la sédation de phase terminale en échos à l’attente souvent énoncée : « s’endormir et ne plus se réveiller ».

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