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Les familles doivent jouer leur rôle dans les établissements

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 30/06/2014

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Joelle Le GallCe n’est pas parce qu’un conseil de la vie sociale est mis en place qu’il fonctionne correctement.

C’est le constat réalisé depuis bien longtemps par la Fédération nationale des associations de personnes âgées et de leurs familles (FNAPAEF). C’est d’ailleurs pour cette raison que la fédération a mis en place des formations en 2012. Mais sans changer le problème fondamental. « La demande de formation nous vient des établissements, or ce sont ceux qui ont déjà un bon CVS qui font cette démarche », constate Joëlle Le Gall, ancienne présidente de la fédération, aujourd’hui en charge des relations extérieures.

Voici déjà 12 ans que cette instance a été créée, pour donner aux familles des résidents et aux résidents eux-mêmes une voix dans la bonne marche des structures d’accueil pour personnes âgées. Pourtant cette voix peine encore à porter . Joëlle Le Gall en a fait l’amère expérience. « J’ai participé au CVS de l’établissement dans lequel se trouvait ma tante, aujourd’hui décédée. J’ai demandé à mettre en place des commissions sur l’hygiène, le soin ou la restauration. La réponse de la direction a alors été : pourquoi mettre en place des commissions alors que tout fonctionne bien ?” Si à chaque question les familles sont renvoyées sur le livret d’accueil, le CVS ne servira à rien. » Car même si les directeurs d’établissements n’ont qu’un rôle consultatif au sein du CVS, la place accordée aux remarques et propositions des familles et des résidents dépendent toujours de son bon vouloir. « Et de celui du conseil d’administration, surtout, précise Joëlle Le Gall. Car une direction pleine de bonne volonté ne peut rien faire si le CA met son veto. »

Autre frein à la bonne marche de ces instances : l’implication des familles. Les CVS sont mal connus, leur fonctionnement et l’implication nécessaire à leur efficience peuvent décourager les bonnes volontés. Sans compter le problème des structures, souvent en zone rurale, pour lesquelles les familles de résidents sont très éloignées géographiquement. Quelques solutions existent, cependant pour rendre le conseil de vie sociale plus attractif. Le faire connaître d’abord. « Dans un établissement où le directeur est déjà à l’écoute des familles, dont la porte est ouverte en permanence, où des réunions de familles sont organisées en dehors du CVS, nous voyons beaucoup plus de participants. Cela vient du fait que le directeur a déjà installé des relations de confiance. Quand un établissement ne fonctionne pas bien, vous avez beau faire des fêtes de famille, vous avez trois pelés et deux tondus ! »

Reste la question du manque de moyens à laquelle sont confrontés de nombreux établissements. Mais si Joëlle Le Gall reconnaît les difficultés qui peuvent exister, elle estime que les évolutions à venir peuvent passer par d’autres chemins. « La Fnapaef, par le biais de son formateur et président Joseph Krummenacker, a réalisé des formations sur le CVS à l’hôpital de Douarnenez et de Quimper en 2012. Après son passage, lorsque l’établissement a renouvelé sa convention tripartite, il a associé les familles à l’étude du texte afin qu’elles aient leur mot à dire. C’est l’exemple d’une direction intelligente car elle a pris conscience de l’importance du rôle des familles. Mais il faut surtout que les familles elles-mêmes prennent conscience de leur poids. Après tout, elles financent 60% du budget des établissements. A elles de se tourner aussi vers les agences régionales de santé ou les conseils généraux lorsqu’elles ont des doléances. »

Claire CompagnonPour Claire Compagnon, porte-voix des usagers des établissements de santé (les patients et leurs proches), il faut former professionnels et usagers à travailler ensemble. C’est d’ailleurs ce que cette consultante en santé préconise dans le rapport remis en février dernier à la ministre de la santé, Marisol Touraine, Pour l’An II de la Démocratie sanitaire”.







Interview de Claire Compagnon Il faut former professionnels et usagers…”

A lire aussi Le conseil de la vie sociale (CVS) : faire entendre sa voix

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