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Hippocrate, une photographie sans concessions de l'hôpital aujourd'hui

Auteur Rédaction

Temps de lecture 1 min

Date de publication 08/09/2014

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Benjamin est un jeune interne, brillant, sûr de lui, fils de médecin réputé, qui choisit d’effectuer son premier stage dans le service de son père au sein d’un grand hôpital parisien.

Rapidement, il va déchanter, réalisant que l’exercice de sa pratique n’est pas sans difficultés

: manque de moyens matériels et humains, machines d’examen en panne (il ne réalisera pas un ECG qui lui aurait pourtant permis de déceler la défaillance cardiaque d’un patient), responsabilité des médecins, violence aux urgences. Confronté à la mort, la solitude, la peur des malades, il éprouvera ses limites, et notamment son incapacité (par manque de formation ?) à écouter et accueillir la parole des patients et la peine des familles.

Thomas Lilti, le réalisateur du film, ancien praticien hospitalier, tisse un lien émouvant entre Benjamin et Abdel (interprêté par le brillant Reda Kateb). Ce médecin étranger, plus âgé et plus expérimenté, est ici exploité par ses collègues français. Payé comme interne, il doit refaire ses classes pour espérer une équivalence lui permettant d’exercer dans des conditions correctes. Abdel est à l’écoute et juge avec son coeur et son humanité. Il assume de stopper la réanimation d’une femme de 85 ans, en phase terminale d’un cancer et qui a exprimé son refus d’un acharnement thérapeutique. Si sa décision est pleine de bon sens, elle heurte toutefois les fondements de la loi Leonetti, qui ne peut appliquer une telle décision sans cadre précis. Elle doit s’exercer dans la concertation et se prendre de manière collégiale. Aucun médecin n’a le pouvoir ou le droit d’arrêter seul une machine.

Cette fiction, pourtant si proche du réel, nous plonge au coeur du système hospitalier. Un univers où chacun malgré des règles communes tente de répondre au mieux à ce qu’on attend de lui. Les petites lâchetés et les doutes existentiels sont le lot des internes. Parfois le quotidien s’emballe et impose aux soignants un rythme qui les dépasse.
Un film touchant, juste où personne n’est ni bon ni mauvais. Juste professionnel tentant d’exercer son métier dans un système souvent bancal.

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